(éditions Pathé, Pathé Marconi)
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Thouraya en compagnie d'Enrico Macias et Bestandji

Thouraya Belbayad, dite Thouraya (née à Constantine en 1935), est la voix souveraine de la musique malouf constantinois. Elle est capable aussi bien de rester proches des lois du genre andalou malouf que de s'en affranchir.
Depuis son premier album ou 78 tours enregistré en Juillet 1952 à Paris chez Barclay, Thouraya est considérée comme l'une des rares chanteuses algériennes soucieuses de faire équilibrer entre tradition algérienne, modernité et des sons d'Orient.
Son éclectisme qui rapprochait les différents publics est dû à ses rencontres avec des grands de la musique algérienne comme Amraoui Missoum, Mahboub Bati, Cherif Kortebi ou Teysir Aqla et les tunisiens Mohamed El Jamoussi, Abdelkrim Lahbib et les égyptiens Hilmi Bakr, Baligh Hamdi et Mohamed El Moudji.
Thouraya a fêté ses 50 ans de carrière en 2000 mais elle avait chanté à radio Constantine alors qu'elle avait à peine 15 ans.
C'est à Tunis qu'elle s'est révélée à la lumière de la chanson délicieusement métissée tuniso-égyptienne grâce à sa belle voix et sa sensibilité radieuse. Elle avait alors suivi durant trois années, un enseignement au sein de la prestigieuse institution «Rachidiya »
A 20 ans Thouraya a décroché son premier contrat pour une tournée en France. Depuis, d'autres contrats se succédèrent avec les maisons de disque Barclay et Pathé Marconi où elle avait donné la pleine mesure de son talent dans plusieurs enregistrements réalisés à Paris.
En 1964, elle a renoncé à la musique algéro-oriental afin de retourner vers ses racines et flatter volontiers l'oreille des mordus de la musique malouf en leur interprétant « ma ândi zella » arrangée par Ahmed Zahar. Beaucoup de maitres du malouf se sont intéressés à elle par la suite, tel Belamouchi, Darsouni et Bentoumi. Avec eux elle s'est forgé une grande expérience, une façon exigeante d'aborder la musique malouf, un itinéraire guidé par la curiosité et une gloire tranquille. Pourtant Thouraya demeure la seule femme à interpréter le malouf aujourd'hui en Algérie.
Il y a 28 ans, elle a quitté Alger pour le Caire et le malouf pour l'oriental et après cinq ans d'absence de la scène artistique, son retour qui s'est fait avec le malouf le 12 Décembre 2000 avec un concert à l'Institut du Monde Arabe organisé par Lyndaris Production, où elle a apporté une sensibilité radicalement nouvelle dans les airs du répertoire malouf habituellement interprété par des hommes.
A la suite de ce concert, Enrico Macias s'est déclaré « très content de chanter avec cette grande chanteuse » en duo dans « Enrico l'andalou », un documentaire (52') réalisé par Anaïs Prosaïc pour ARTE.
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