4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 22:27

La bibliographie, ici présente, ne se prétend pas du tout exhaustive. Le manque d’informations et de recherches nous oblige à limiter notre investigation. J’ai essentiellement travaillé à partir des archives des théâtres, des Mémoires de Mahieddine Bachetarzi, de Allalou et des contacts personnels. M.Jean Déjeux m’a apporté une aide très précieuse qui m’a permis de combler de nombreuses failles. Encore une fois, j’insiste sur le fait que ce travail demeure incomplet. D’autres chercheurs pourraient éventuellement l’enrichir.

 

1- Résumés des pièces importantes (de 1912 à 1962).

2- Résumés critiques des pièces de 1963 à 1987 (pièces représentées dans les théâtres d’Etat).

3-Présentation de vingt troupes d’amateurs avec leurs productions.

4- Présentation de neuf troupes privées.

5- Résumés des pièces éditées (arabe et français).

6- Dictionnaire des dramaturges, metteurs en scène, décorateurs et musiciens.

 

7-Ouvrages théoriques, recherches.

 

  1. PIECES PRODUITES ENTRE 1912 ET 1962

Nous tenterons de présenter les pièces que nous considérons représentatives de la période 1912-1962. Nous avons choisi quatre vingt trois textes qui nous paraissent illusrer les différentes tendances esthétiques et thématiques de ce demi-siècle. Cette période a été surtout dominée par les productions de Allalou, de Ksentini, de Bachetarzi, de Touri et de Rais (troupe du FLN).

Cette manière de faire nous permettra également de cerner le mouvement théâtral en Algérie et de dégager les genres, les usages linguistiques et les thèmes abordés. On aura aussi l’occasion de voir comment l’arabe littéraire a été abandonné au profit de la langue populaire, surtout depuis Djeha de Allalou, première pièce réellement populaire.

Jusqu’à présent, les chercheurs ont toujours considéré que les premières pièces algériennes furent réalisées vers les années vingt omettant, souvent par manque d’informations, les expériences dramatiques tentées durant le début du siècle. Vertu et fidélité de El Yaziji, Mac Beth de Shakespeare, L’assassinat de Hussein Ben Ali, Salah Eddine el Ayyoubi de Nadjib Haddad et Emir El Andalous ont été montées en arabe « littéraire » pendant cette époque.

 

1912

1-Vertu et Fidélité de Khalil el Yaziji, par l’association culturelle et religieuse de Médéa.

C’est une pièce en arabe « littéraire » mettant en relief la grandeur de la civilisation arabe et les grands moments de l’Islam. Conversion d’un roi arabe au Christianisme et retour à l’Islam avec, en plus, une intrigue romanesque.

2- Mac Beth de Shakespeare, montée à Alger et à Blida, par les associations culturelles et religieuses de ces deux villes.

Pièce jouée en arabe « littéraire ». Reprise d’un texte déjà joué en Egypte. Omar Racim faisait partie de la troupe d’Alger. René Basset a assisté à la représentation. C’est un certain Kaddour Ben Mahieddine El Haloui qui a monté le texte de Shakespeare à Alger.

1913

3- L’assassinat de Hussein Ibn Ali, par l’association culturelle et religieuse de Médéa.

C’est l’histoire du fils du cousin du prophète, Ali Ibn Abi Taleb, assassiné par les soldats de Mou’awya, un rival de Ali, et de la solution légitimiste. Les chiites célèbrent chaque année cet événement (les ta’zié). Pièce jouée en arabe « littéraire ».

4- Salah Eddine El Ayyoubi de Nadjib Haddad, montée à Alger et à Médéa.

C’est une reprise d’un texte déjà représenté en Egypte. Inspiré du Talisman de Walter Scott, cette pièce a été également jouée par Georges Abiad à Alger. Elle raconte l’épopée d’un personnage historique arabe, Salah Eddine el Ayyoubi. Arabe « littéraire ».

1921

5- Ach chifa baad al âna, par l’association El Mouhadhiba (L’Educatrice) dirigée par Ali Chérif Tahar.

Jouée en arabe « littéraire », cette pièce traite de l’alcoolisme. Arabe « littéraire ».

1922

6- Fi Sabil el Watan (Au service de la patrie), montée par la troupe de Mohamed Mansali, Et temthil el arabi (Le théâtre arabe).

Un des trois fils du colonel Niazi découvre un explosif pouvant rendre de grands services à son pays, mais il refuse de céder son invention. A la fin, sous la pression des événements, il se transforme subitement et devient patriote. Arabe « littéraire ».

1923

7- Fath el Andalous (La conquête de l’Andalousie), par Mohamed Mansali.

La pièce raconte l’histoire du conquérant arabe, Tarik Ibn Ziad en Andalousie et retrace les péripéties de la présence arabe en Espagne. Arabe « littéraire ».

1924

8- Badi’, par Ali Chérif Tahar

Ce texte raconte l’histoire d’un alcoolique, Badi’, qui ne peut pas se passer d’alcool jusqu’au jour où il est arrêté et poursuivi en justice. Arabe « littéraire ».

1926

9- Djeha, par Allalou

Comédie en trois actes et quatre tableaux. Avec la collaboration de Dahmoune. Première pièce en arabe populaire, inspirée du Malade imaginaire et du Médecin malgré lui, d’un conte français, Le vilain mire et des Mille et Une Nuits. Djeha est l’histoire d’un médecin malgré lui qui finit par guérir le fils de Haroun Errachid en découvrant son mal : le désir d’épouser la femme qu’il aime.

1927

10- Le mariage de Bou Akline, par Allalou.

Mékidèche, le serviteur de Bou Akline refuse d’épouser une fille beaucoup plus jeune que lui. La famille de la femme n’admet pas la rupture du contrat et menace de poursuivre en justice le mari hésitant. Celui-ci accepte de l’épouser malgré lui. Mésaventures, déboires… Arabe populaire.

11- Les faux savants, par Mahieddine Bachetarzi.

Une comédie-farce qui s’attaque violemment au maraboutisme. Arabe populaire.

12- Aboul Hassan el Moughaffel (L’étourdi ou Le dormeur éveillé), une reprise d’une pièce déjà montée par Maroun Ennaqash.

Pièce en cinq actes tirée des Mille et Une Nuits, Aboul Hassan el Moughaffel raconte les mésaventures d’un citoyen de Baghdad, trop volubile et quelque peu naïf, devenu grâce à un jeu de Haroun Errachid, prince de Baghdad pendant vingt quatre heures. Il finit par devenir fou, n’admettant pas la vérité. Arabe populaire.

13- El Ahd El Ouafi (Promesse tenue), par Rachid Ksentini

Drame en quatre actes, El Ahd el Ouafi qui est la première pièce de l’époque non précédée d’un concert de chants, traite de la fidélité entre les hommes et de l’importance de la parole donnée.

1928

14- Le Mariage de Bou Borma, par Rachid Ksentini.

C’est l’histoire de Bou Borma (l’homme à la marmite) qui ne réussit pas à « consommer » son mariage. Son frère et son cousin le travestissent en femme. Le juge refuse d’accepter sa demande de divorce. A la fin, Bou Borma, déguisé en juge, condamne tout le monde au divorce. C’est par cette légalisation « forcée » que se clôture le texte. A rabe populaire.

15- Le pêcheur et le palais, par Allalou et Dahmoune. Adaptation d’un conte des Mille et Une Nuits.

Kheir Eddine aime profondément la fille du roi enlevée par Echitane (Satan). Il décide, avec l’aide de deux amis, d’aller à sa recherche et de la retrouver. Après maintes aventures, il finit par la retrouver. Il découvre également qu’il est prince, ce qui lui permet ainsi d’épouser la fille du roi. Arabe populaire.

1929

16- Zeghirrebane, comédie en trois actes de Rachid Ksentini.

Zeghirrebane et Cherrouito, deux personnages qui ne peuvent se passer de kif (drogue) rendent la vie impossible à leur entourage qui s’oppose vainement aux aventures fantasques de ces deux lascars. Arabe populaire.

17- Baba Kaddour Ettamaa (Mon cousin d’Istamboul). Comédie en trois actes de Rachid Ksentini.

Un pamphlet contre l’avarice et l’affairisme. La pièce décrit les mésaventures de Kaddour, une sorte d’Harpagon à la sauce algérienne, qui veut profiter de toutes les situations pour s’enrichir et gruger tout le monde. Arabe populaire.

1930

18- Loundja al Andaloussia (Loundja l’Andalouse), par Rachid Ksentini

C’est en quelque sorte une histoire de Grenade conforme aux souvenirs que la mémoire populaire a conservés. Le récit se déroule en Espagne. Les personnages sont espagnols ou maghrébins. Ce texte met en scène un personnage quelque peu atypique, usant du rire pour se sortir de situations peu ordinaires. Arabe populaire.

19- Antar Lehchaichi, par Allalou.

Comédie en trois actes et cinq tableaux. C’est l’histoire d’un simple barbier, fumeur invétéré de haschich. Antar, héros légendaire et grand poète arabe devient, par la grâce du jeu satirique, un grand fumeur de kif, souvent égaré dans les méandres d’un univers fantasque et imaginaire. Regard parodique porté sur l’Histoire. Arabe populaire.

1931

20- Touqba fi el ardh (Un trou dans le parterre), par Rachid Ksentini.

Comédie en trois actes qui raconte, avec un humour féroce, les mésaventures de personnages quelque peu illuminés et un peu fous sur les bords dans un lieu marqué par le danger et la peur. Arabe populaire.

21- El Khelifa wa Esseyed (Le calife et le pêcheur), par Allalou. Comédie lyrique en cinq actes, une adaptation des Mille et Une Nuits.

C’est l’histoire d’un pêcheur qui réussit à retrouver la bien aimée de Haroun Errachid, Qoût et Kouloub, jetée à la mer par sa rivale, la reine Zoubeida qui voulait ainsi s’en débarrasser pour prendre sa place. La pièce se clôture par l’habituel happy end et la sanction du fautif. Arabe populaire.

22-Hallaq Gharnata (Le barbier de Grenade), par Allalou

Comédie en trois actes et quatre tableaux, cette pièce tirée des Mille et Une Nuits et également inspirée du Barbier de Séville, raconte les multiples aventures amoureuses d’un barbier andalou. Arabe populaire.

1932

23- Tcherrectche (Ments encore), comédie en trois actes de Rachid Ksentini.

C’est l’histoire d’un personnage, mythomane invétéré, vivant dans un monde imaginaire dominé par le mensonge qui devient dans cette pièce l’espace privilégié de production de situations loufoques et satiriques. Arabe populaire.

24- Aicha ou Bandou, comédie en trois actes de Rachid Ksentini.

Mésaventures de Aïcha et Bandou, un couple traversé par la ruse, les scènes de ménage et une naïveté toute paysanne. C’est un esppace où le rire est produit par les paradoxes d’un couple peu commun et apparemment peu compatible. Arabe populaire.

25- Djeha et l’usurier, comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi et Mohamed Hamel.

Djeha se met sous la fenêtre d’un usurier, avare de surcroît et demande à Dieu de lui envoyer mille écus, pas un de moins. Cette prière, plusieurs fois répétées, intrigue l’usurier qui veut se moquer de Djeha en lui expédiant une bourse contenant 999 écus, pensant que Djeha n’accepterait pas cette somme. C’est le récit de l’arroseur arrosé, piégé par son propre jeu. Finalement, Djeha, tout content de cette aubaine, prend l’argent. L’usurier décide d’aller voir le cadi (le juge). Mais au tribunal, Djeha réussit à s’en sortir, en gardant l’argent et en faisant passer l’usurier pour un fou. C’est le succès de Djeha de Allalou qui a poussé Bachetarzi à utiliser ce personnage de légende. Kateb Yacine a repris ce conte dans ses pièces satiriques (La Poudre d’intelligence, Mohamed prends ta valise, Le Roi de l’Ouest…). Arabe populaire.

1934

26- Hammaz (Le blagueur), comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi et Mohamed Hamel.

Un mariage contracté dans le but de permettre à un comptable d’un riche négociant de toucher un courtage de cent mille francs, une somme énorme pour l’époque. La seule et unique condition : le mariage. Ce qui fut fait créant des situations conflictuelles extraordinaires et engendrant de succulents quiproquos. Jeux de situations, quiproquos, ruse…Arabe populaire.

27- El Bouzarii fil askariya (Un paysan au régiment), vaudeville en trois actes de Mahieddine Bachetarzi et de Louis Chaprot.

Le récit se déroule dans une caserne. Il est question de démêlés entre un sergent et de nouveaux soldats. Le bouzarii (habitant d’un quartier d’Alger, Bouzaréah) découvre un monde nouveau, la caserne, ce qui le désarçonne et le désarticule, provoquant un comique décapant. Arabe populaire.

28- Phaqo (ça ne mord plus ou Ils ont compris), comédie en trois actes de M.Bachetarzi et de L.Chaprot.

Pièce à plusieurs intrigues mettant en scène un certain nombre de personnages qui profitent de la crédulité des citoyens. Un homme d’affaires syrien véreux gruge son monde en entreprenant de douteuses opérations financières. Un français s’enrichit en vendant du vin frelaté. Au milieu de ce monde louche et foncièrement malhonnête, Kouider, un paysan illettré, naïf, veut poursuivre en justice un marabout indélicat. Arabe populaire.

29- Alennif (Pour l’honneur), comédie en trois actes de M.Bachetarzi et L.Chaprot.

Une jeune française tombe follement amoureuse d’un jeune chanteur algérien qui ne s’y attendait pas. Il l’accompagne à Paris. Les choses se gâtent vite. Il décide de rentrer au pays. La jeune femme le rejoint. Le dénouement est heureux : le père de l’épouse arrange les choses et tout rentre dans l’ordre. Cette pièce traite de la « barrière des races » pour reprendre les propos de M.Bachetarzi ou de la rencontre de deux univers. Beaucoup ont vu à l’époque dans cette pièce une œuvre assimilationniste et intégrationniste. Arabe « littéraire ».

1935

30- Chedd Emlih (Tiens bon), comédie en deux actes de Rachid Ksentini.

Un père, quelque peu désespéré, n’arrête pas de faire la morale à son fils, ivrogne de son état, et de tenter de le persuader d’arrêter de boire. Mais l’alcoolique, grâce à ses répliques désopilantes, réussit à faire passer son père pour un être misérable et idiot. Et c’est lui qui se met à donner des leçons de morale à son père. Arabe populaire.

31- Akibatou Essoukr (Les conséquences de la débauche), drame en trois actes de Mohamed Mansali.

Cette pièce traite de l’alcoolisme et de ses conséquences sur la vie familiale et personnelle. Arabe « littéraire ».

32- Les Beni Oui Oui, comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Une critique acerbe et mordante de certains élus musulmans et des « profiteurs » qui s’enrichissent en se jouant du petit peuple, à l’image de Si Belkacem, un marchand d’oranges ou Ali Loumi, un élu. Une sévère critique des notables musulmans. C’est un portrait de certaines situations sociales de la période coloniale. Arabe populaire.

1936

33-Houb Ennissa (L’amour des femmes), comédie en quatre actes de Mahieddine Bachetarzi.

La pièce est une sorte de traité didactique plaidant en faveur de l’instruction des femmes, souvent considérées dans les sociétés musulmanes comme inférieures aux hommes. C’est une mise en espace de situations tirées du quotidien. La question féminine, même si le propos n’était pas trop avancé, intéressait les hommes de théâtre. Débuts de la comédienne, Keltoum. Arabe populaire.

34- Mariage par téléphone, comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

C’est une pièce mettant en scène des mariages arrangés par le père, la mère ou la tante qui ne se soucient nullement du bonheur de la fille, condamnée au silence. Critique de certaines traditions poussant les femmes à une absolue soumission à l’autorité masculine. Une jeune étudiante est mariée par surprise, elle tente de résister à cette situation. Arabe populaire.

1937

35-El Kheddaine (Les traîtres), comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Le texte traite encore une fois des élus musulmans malhonnêtes qui ne servent pas les intérêts de leur communauté et qui préfèrent se sucrer aux dépens du petit peuple, en employant divers stratagèmes. Un ancien commerçant élève le fils de son associé, Djaafar, en même temps que son enfant, Zoubir. Le temps passe, Zoubir se met à faire de la politique et Djaafar, après avoir courtisé Leila, la femme de Zoubir, tente de ternir la réputation du mari en propageant de fausses rumeurs. Mais il finit par être découvert et chassé. Dans ces textes, il n’est pas question de la contestation de la colonisation, mais d’attaques contre des élus corrompus. Arabe populaire.

36- Le Samson algérien, texte en français de Mohamed Ould Cheikh, traduit en arabe par Mahieddine Bachetarzi.

Cette comédie dramatique en trois actes est un plaidoyer pour l’assimilation et l’union des races. Khaled aime passionnément la belle Dalila. Mais les dures réalités politiques vont le pousser à sacrifier son amour pour se consacrer à son peuple. Arabe populaire.

1938

37- Zid Ayett (Crie encore), comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

C’est l’histoire de pêcheurs algériens vivant des conditions de vie très précaires. L’auteur expose, en usant de situations loufoques, les difficiles conditions du métier de pêcheur. Arabe populaire.

38- Ach Qalou (Qu’ont-ils dit ?), Comédie en trois actes de Rachid Ksentini.

C’est l’histoire d’une famille, trop naïve et trop marquée par certaines traditions, qui se laisse piéger par un « sorcier » qui profite sans vergogne de la situation. Arabe populaire.

1939

39- Ma yenfaa ghir Essah (Seule la vérité compte), comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Allel, menteur invétéré, réussit à se procurer un excellent travail et à épouser la fille d’un grand bourgeois algérois, en se faisant passer comme le fils d’un célèbre savant sorti de l’université égyptienne, El Azhar. Son père se trouve, certes, en Egypte, mais comme simple travailleur. Ce qui provoque de nombreux quiproquos et des jeux de mots et de langues engendrant ainsi un comique de situations extraordinaires. La vérité est, comme dans toutes les pièces de Bachetarzi, découverte à la fin de la pièce. Arabe populaire.

40- Boutchenchana (La cocaïne), comédie satirique en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Boutchenchana, un talentueux détective, rusé et brillant, est à la recherche de trafiquants de drogue. La situation est difficile, mais ce policier réussit à découvrir les responsables de ce trafic : un gang d’italiens sans loi ni foi. La bande finit par être arrêtée par Boutchenchana. Influence du cinéma. Arabe populaire.

41- Souada bil hob (Heureux par amour), mélodrame en trois actes de Zerrouk Mohamed Ouadah, un ancien étudiant de la médersa d’Alger.

Idylle amoureuse qui finit par un mariage. C’est l’histoire de deux jeunes gens qui voient leurs projets d’alliance souvent différés. Arabe « littéraire ». Présence de Feydeau.

1940

42- El Mech’hah (L’Avare), d’après L’Avare de Molière. Une adaptation de Mahieddine Bachetarzi. Pièce en trois actes et vingt tableaux (avac un prologue et un épilogue en vers chantés par les comédiens).

C’est l’histoire de H’sayen (l’homologue d’Harpagon) qui ne supporte personne aux abords du jardin, espace où il cache son argent. Son serviteur M’bara et son fils lui jouent un tour. H’sayen et son fils désirent épouser la même fille : Aïda. Grâce à un subterfuge, Madjid réussit à prendre pour femme Aïda, la femme convoitée par le père et le fils et à faire prendre conscience à son père du mal qu’est l’avarice. Arabe populaire.

43- Slimane Ellouk, d’après Molière. Comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Slimane, un malade imaginaire, se considère comme mourant alors qu’il n’est pas du tout malade. Il veut tout simplement marier sa fille à un médecin dans le but d’avoir à son chevet un médecin sans payer la consultation médicale. Arabe populaire.

 

44- Ech Rayek talef (Que t’arrive t-il ?), comédie burlesque de Mohamed Touri.

Ce texte narre les misères et les mésaventures d’un paysan naïf, très distrait accumulant malheurs, maladresses et gaffes. Le personnage du paysan quelque peu idiot revient dans de nombreuses pièces. Arabe populaire.

1941

45- Echchab Essekir (Le jeune alcoolique), comédie en trois actes de Abdelhamid Ababsa.

Cette pièce raconte les mésaventures et les tribulations d’un alcoolique, tout en insistant sur les méfaits de l’alcool. Ce thème a été traité par plusieurs auteurs. Arabe « littéraire ».

46- El Kilo, comédie de Mohamed Touri.

La pièce met en scène un alcoolique, d’ailleurs interprété par Mohamed Touri. Arabe populaire.

47- Les nouveaux riches du marché noir, une adaptation du texte de Molière, Le Bourgeois Gentilhomme, par Mahieddine Bachetarzi et Hattab.

La pièce traite du trafic de marchandises et de l’arrivisme. C’est une critique acerbe des nouveaux riches à travers des personnages archétypaux. Arabe populaire.

1945

48- Oued Ellil, comédie de Mahieddine Bachetarzi.

C’est l’histoire d’un paysan confronté aux dures réalités de la ville. Arabe populaire.

1946

49- Ach Sar fi lila (Le drame d’une nuit), pièce policière de Mustapha Badie.

La pièce met en scène un inspecteur de police enquêtant sur un meurtre. L’influence du cinéma policier de l’époque est manifeste. D’ailleurs, l’auteur se lancera dans l’expérience cinématographique après l’indépendance de l’Algérie. Arabe populaire.

1947

50- Amara est juste, comédie de Mahieddine Bachetarzi.

Amara, un kabyle, vieux retraité devenu un serviteur dévoué va être confronté à des situations burlesques mettant surtout en relief son accent kabyle. Le personnage du kabyle est souvent employé par Bachetarzi. Ce sont aussi les malheurs d’un paysan trop naïf et trop généreux débarquant dans le monde étrange de la ville qui servent de catalyseur à la dimension comique. Arabe populaire.

51- La genèse de l’exil de Mohamed Salah Ramdane.

Pièce religieuse racontant l’exil du prophète. Arabe « littéraire ».

52- Abou El Hassan Ettaimi, de Ahmed Rédha Houhou. Arabe « littéraire ».

1948

53- El Khansa de Mohamed Salah Ramdane.

Raconte l’histoire de la poétesse arabe, El Khansa. Arabe « littéraire »

54- El Moujrim (Le criminel), une adaptation de Molière de Tartuffe de Molière, par Bachetarzi.

Le texte raconte les pérégrinations d’un personnage douteux qui « roule » tout le monde, mais qui finit par être démasqué.

1949

55- Sellak ya Sellak, une adaptation de la pièce de Molière, Les Fourberies de Scapin.

Un personnage rusé et sans scrupules, jouant assez bien la comédie, arrive, grâce à son contact facile et à son verbe mielleux, à tromper son entourage.

56- Adhane el Fajr (Prière de l’aurore), pièce religieuse de Ahmed Amer. Arabe « littéraire ».

57- El Flous (L’argent), de Mohamed Touri.

La pièce traite de la misérable condition de l’écrivain confronté aux difficultés matérielles et morales. Arabe populaire.

58- A’dab Bessket (Souffrir en silence) de Nacer Eddine El Assimi. D’après Carmosine.

Un amour tragique qui finit par le sacrifice de l’intrépide amoureux, Seddik qui ne se retrouve pas dans cet univers angoissant. Arabe populaire.

1950

59- Ikache, une adaptation d’un texte de André Sarrouy. Farce en deux actes.

Une sévère critique des mariages où les femmes sont considérées comme de « vulgaires marchandises ». Ruse des femmes et bêtise des maris. Arabe populaire.

60-Iouaz Ezzokté, une adaptation des Fourberies de Scapin, par Hattab et M.Bachetarzi. Pièce en trois actes.

Profitant du départ de leurs parents, de riches commerçants, leurs fils Abdou et Said épousent deux orphelines. Iouaz, une sorte de Djeha, arrive à les tirer d’embarras. Comique de situations et quiproquos. Jeu de mots. Arabe populaire.

61- M’rid bla merd (Malade sans mal), une adaptation du Malade imaginaire de Molière. Par M.Gribi. Une production du C.R.A.D.

C’est l’histoire d’un jeune qui fait le malade. Arabe populaire.

62-Tarik Ibn Ziad, pièce en cinq actes de Séraj Amin. Troupe El Kewkeb Ettemthili d’Alger.

C’est l’épopée retraçant la vie de Tarik Ibn Ziad qui a conquis l’Andalousie. Arabe « littéraire ».

63- Montserrat de Emmanuel Roblès, par Mohamed Errazi. Pièce censurée par les autorités coloniales.

64- Iblis (Le démon) de Nacer Eddine Assimi.

Ce texte aborde l’inceste. Un frère et une sœur s’éprennent l’un de l’autre, jusqu’au jour où ils découvrent l’irréparable. C’est nouveau et original. Arabe populaire.

65- Radi Dib, pièce policière en trois actes de Ouerchi Ali.

Une enquête policière est conduite par un inspecteur de police qui réussit à attraper les coupables. Arabe populaire.

66- El Mawlid (La naissance), par Abderrahmane El Djillali.

C’est une pièce religieuse racontant l’histoire du prophète. Arabe littéraire.

1951

67- Fatma el Megrouna (Fatma la folle).

C’est le récit d’un amour d’enfance et d’un amour impossible. Arabe populaire.

68- Aloska de Mohamed Zerrouki. Pièce tirée des 1001 Nuits.

69- El Djen el Medjnoun (Le diable fou), comédie de Réda Falaki. Pièce en quatre actes. Troupe Mesrah el Ghad (Théâtre de l’avenir).

70- El Ouadjib (Le devoir) de Mahieddine Bachetarzi. Pièce censurée par les autorités coloniales.

C’est l’histoire d’un gros patron musulman employant des européens, vite ruiné par ses ouvriers. Arabe populaire.

1951

71- Es’hour (La Sorcellerie) de A.Nekli.

C’est le thème traditionnel des farces, la mésentente et les conflits entre une belle-mère et sa bru. C’est une satire de certaines mœurs algériennes. Arabe populaire.

72- Estarjaa ya ssi (Reviens à toi), de Ali Abdoun.

C’est l’histoire mouvementée des déboires d’un riche commerçant qui, ayant mal assuré l’éducation de son enfant, en subit tout simplement les tristes conséquences à tel point qu’il se transforme, à la fin de la pièce, en garçon de bureau chez le fils de son employé. Arabe populaire.

73- Ikache de André Sarrouy, traduite et mise en scène par Mahieddine Bachetarzi.

La cinquantaine, Ikache, malgré sa misogynie et sa méfiance exagérée des femmes, n’a pas l’intention de rester célibataire. Il décide de se marier. C’est la vieille Mina qui l’incite à prendre une telle décision. Elle lui choisit une jeune fille qui, comme dans tous les mélodrames, aime discrètement un jeune homme. Le ménage est impossible. Heurts, différends et divorce. Arabe populaire.

1952

74- Antigone de Sophocle, une adaptation de Mahieddine Bachetarzi. Le texte est sérieusement transformé.

Antigone perd dans cette adaptation la dimension tragique et se trouve en quelque sorte marquée du sceau du mélodrame. Arabe populaire.

75- Hamlet de Shakespeare. Adaptation. De nombreuses scènes ont été remaniées ou carrément supprimées. Algérianisation des personnages et des situations. Arabe populaire.

76-Agha Mezghich de Mohamed Touri et Ammari. Comédie en trois actes.

C’est l’histoire burlesque de Agha Mezghich, naïf et imbu de sa personne, qui se retrouve au centre de nombreuses mésaventures. Arabe populaire.

1953

77- Cyrano de Bergerac, une adaptation.
78- Qalb min hadid (Un coeur de fer), comédie en trois actes de Mahieddine Bachetarzi.

Un homme cynique et sans scrupule n’arrête pas de duper son entourage. Arabe populaire.

1957

79- L’Algérie et ses régions. Spectacle en neuf tableaux représentant l’Algérie avec sa culture, son histoire, ses coutumes et ses traditions. Première pièce de l’équipe qui allait constituer le noyau de la troupe du FLN en 1958.

1958

80- Les enfants de la Casbah de Abdelhalim Rais. Troupe du FLN.

L’histoire d’une famille qui s’engage dans la lutte armée. Arabe populaire.

81- Vers la lumière. Troupe du FLN.

La pièce décrit la guerre d’Algérie à travers l’itinéraire d’un jeune algérien arrêté par les autorités coloniales. Arabe populaire.

1959-1960

82- El Khalidoun (Les éternels). Troupe du FLN. Reprise par le TNA après l’indépendance.

1961-1962

83- Montserrat de Emmanuel Roblès, troupe du FLN. Reprise par le FLN après avoir été interdite par les autorités coloniales avant le déclenchement de la guerre de libération. Arabe populaire.

Remarque 

Nous avons choisi de présenter les pièces les plus connues, en fonction des informations que nous détenons. Nous avons volontairement omis d’évoquer les textes produits par des troupes dont l’histoire reste encore à écrire. Nous pouvons citer à titre d’exemple, les troupes suivantes : El Mezhar el Bouni, créée à Annaba par H’sen Derdour en 1937, El Mezhar el Kasentini (1947) dirigée par Rédha Houhou, la troupe El Wahabia (1946) de Sidi Bel Abbès, la troupe des amateurs du théâtre arabe de Mohamed Tahar Foudala, El Kewkeb Ettemthili (L’Univers théâtral, 1937) et Saout Ettemthil (La voix du théâtre) fondée en 1955 en France par Chebbah el Mekki.

PIECES JOUEES DANS LES THEATRES D’ETAT 1963-1987

1- THEATRE NATIONAL ALGERIEN (TNA)

1963

1- Les enfants de la Casbah de Abdelhalim Rais, mise en scène de Mustapha Kateb

L’action se déroule durant la guerre de libération nationale. C’est l’histoire d’une famille algéroise déchirée par la guerre, vivant les contradictions nées de cette situation et qui finit par prendre conscience de la nécessité de participer à la lutte armée. Trois frères désunis au départ finissent par rejoindre le FLN. L’auteur voulait faire de cette famille le microcosme de la société algérienne.

2- Afrique avant un de Ould Abderrahmane Kaki, mise en scène de Kaki.

Pièce-document retraçant la lutte des peuples africains contre le colonialisme. A l’aide de banderoles et d’écriteaux, l’auteur situe les moments importants de l’histoire de l’Afrique.

3- Hassan Terro de Rouiched, mise en scène de Mustapha Kateb (Prix du festival de Monastir, Tunis, 1964).

Hassan, un personnage simple, quelque peu naïf, devient « terroriste » malgré lui, après avoir aidé un ami, un militant du FLN à Alger. Rouiched, auteur et comédien principal de la pièce, joue le rôle de Hassan qui réussit, grâce à son humour, à ridiculiser les soldats de l’armée française, en usant de lapsus, de jeux de mots et de quiproquos incroyables. Un humour extraordinaire.

4- La vie est un songe de Calderon, adaptation de Kasdarli, mise en scène de Mustapha Kateb.

Une fable sur le pouvoir. La tentation de l’absolutisme est très forte pour séduire le souverain. Le peuple nourrit des rêves de justice. Une fois, éclairé par la grâce de ses rêves, le souverain décide de se consacrer entièrement à la communauté. C’est le bien qui triomphe. Quête d’ordre moral.

5- Les fusils de la mère Carrar de Bertolt Brecht. Mise en scène de Abbès Feraoun.

Térésa Carrar, en pleine guerre civile en Espagne, refuse de prendre position. Elle rejette toute solution par la force. Il a fallu que son fils auquel elle a interdit de prendre les armes soit tué (il a été mitraillé par des avions franquistes alors qu’il pêchait), pour qu’elle se décide à sortir les fusils de leur abri et à se battre dans les rangs républicains.

Cette pièce, montée une année après l’indépendance de l’Algérie, est une sorte d’hommage aux femmes algériennes qui ont participé à la lutte de libération nationale, c’est du moins ainsi qu’elle a été interprétée par les journaux de l’époque.

6- L’exception et la règle de Brecht, traduction de Hachemi Nourredine, mise en scène de J.M.Boeglin.

Texte mettant en situation les relations conflictuelles caractérisant l’itinéraire d’un maître et son coolie. Le maître tue son coolie en justifiant son acte par une sorte de « légitime défense » alors que le porteur voulait simplement lui donner à boire. Brecht met à nu les contradictions de classes et les pratiques de la justice dans une société de classes.

7- Don Juan de Molière, adaptation de Belhafaoui, mise en scène de Mustapha Kateb.

Une algérianisation de la pièce de Molière. Don Juan, transporté dans les rues d’Alger, séduit les femmes en usant de mensonges, d’hypocrisie et de ruses. Il se comporte en faux dévot pour mieux attirer ses « victimes » auxquelles il promet souvent le mariage. Le masque religieux fournit un surplus de crédit à son discours.

8- Le serment de Abdelhalim Rais, mise en scène de A.Rais.

Les événements de la pièce se passent dans la campagne. Les combattants de la lutte de libération, entretenant un rapport extrêmement affectif avec la terre, se battent pour la récupérer. Tous les moyens sont bons pour acquérir l’indépendance. Les maquisards sont même obligés de sacrifier un enfant pour qu’il ne révèle pas les informations en sa possession.

 

9- Le comédien malgré lui de Abdelkader Safiri, mise en scène de Hadj Omar.

Une adaptation du Médecin malgré lui de Molière. Une femme arriviste et sans personnalité veut à tout prix faire passer son mari, un homme simple et timide, pour un grand comédien. Il joue le jeu malgré lui, d’où le nombre incalculable de méprises, de malentendus et de quiproquos.

10- 132 ans de Ould Abderrahmane Kaki, mise en scène de Kaki.

Ce texte retrace la lutte du peuple algérien contre le colonialisme, mettant en relief les différents événements qui ont marqué 132 ans de présence coloniale française : répression, internements, résistance de 1871, 1945, 1954, 1962. Le thème est traité avec humour. Théâtre-document.

1964

11-Rouge rose pour moi de Sean O’Casey, adaptation de Mustapha Kateb, mise en scène de Allel El Mouhib.

C’est l’histoire d’un jeune ouvrier qui dirige une grève des travailleurs dans le but de revendiquer une augmentation salariale (un seul shilling). Il est arrêté par la police puis assassiné. L’auteur met en évidence la lutte des travailleurs contre l’oppression et l’exploitation. Le récit se déroule en Irlande, mais les allusions à la situation des travailleurs en Algérie sont évidentes.

12- Les vieux de Kaki, mise en scène de Kaki (Premier prix du festival de Monastir-1966).

Pièce en onze tableaux mettant en situation deux vieux et un derwiche (marabout) représentant en quelque sorte les lieux de la continuité historique. C’est une caustique dénonciation de certaines traditions jugées dépassées et anachroniques. Le texte est ponctué par des chants. Les comédiens utilisent des masques pour incarner certains personnages. On peut parler de théâtre dans le théâtre.

13- El Ghoula de Rouiched, mise en scène de Abdelkader Alloula.

C’est une pièce mettant en scène les difficultés rencontrées dans l’application de l’autogestion agricole. A travers le jeu maladroit de responsables politiques, opportunistes notoires et brandissant sans cesse des slogans « révolutionnaires », l’auteur dénonce férocement l’hypocrisie et les complots organisés par des dirigeants contre les travailleurs agricoles constamment exploités par certains nouveaux maîtres de l’Algérie indépendante. Cette satire sociale, inspirée de lettres parues dans la presse de l’époque, raconte l’itinéraire d’un responsable corrompu.

14- La mégère apprivoisée de Shakespeare, adaptation de M.Kasdarli, mise en scène de Allel El Mouhib.

Une algérianisation de la pièce de Shakespeare. Les personnages, les costumes et la langue sont « algérianisés ». A travers une famille-type, l’auteur tente de poser le problème du mariage et de l’autorité paternelle, excessivement envahissante. Un père veut marier ses deux filles en même temps, malgré les nombreux demandes en mariage adressées à une des deux sœurs. Il craint que l’autre fille reste célibataire.

15- Sellak El Wa hline, d’après Les fourberies de Scapin de Molière, adaptation de Mohamed Touri, mise en scène de Allel El Mouhib.

C’est l’histoire de deux jeunes qui emploient maints subterfuges pour changer le comportement de leurs pères, trop tyranniques. La pièce traite du conflit des générations et des relations conflictuelles caractérisant la cellule familiale, suite aux changements sociaux.

1965

16- Ma Yenfaa ghir essah (Seule la vérité compte), de Mahieddine Bachetarzi, mise en scène de Habib Réda.

Allel, menteur invétéré et détestable arriviste, réussit à obtenir, en usant de mensonges, un travail intéressant et la main d’une fille de la bourgeoisie algéroise. Il raconte à tout le monde que son père est un grand savant qui entreprend des recherches en astronomie dans une prestigieuse université égyptienne alors qu’il n’est qu’un simple travailleur. A la fin, la vérité éclate. Une reprise.

17- Essoultane El Hayer (Le roi inquiet) de Tewfik el Hakim, mise en scène de Abdelkader Alloula.

L’auteur traite de la question du pouvoir. Le sultan est sérieusement embarrassé : faut-il, pour gouverner, avoir recours à la répression ou à la force de la loi ? Une interrogation qui traverse l’esprit de tous les personnages de la pièce. Ce dilemme est résolu à la fin du récit. Le souverain est convaincu de la nécessité du respect de la loi. Cette situation ambiguë reflète la réalité politique des pouvoirs dans les pays arabes, encore prisonniers d’un dilemme qui leur semble insoluble, même si la tentation de la manière forte est trop séduisante, à leurs yeux, face à la précarité de l’individu désarmé, sans possibilité d’expression.

18- Deux pièces cuisine de Abdelkader Safiri, mise en scène de Ould Abderrahmane Kaki (1965) et de Rouiched (1967).

C’est l’histoire d’un infirmier qui abandonne travail et foyer dans son village pour se retrouver dans une grande ville qui finit par le broyer. Il découvre la corruption, l’arrivisme, l’opportunisme, des maux considérés par l’auteur comme des caractéristiques essentielles de la ville. Piégé, le personnage regrette le fait d’avoir quitté son village, la ville n’étant qu’un simple miroir aux alouettes. La pièce traite de l’exode rural et du problème des biens vacants. Opposition ville/campagne.

19-Diwan El Garagouz, d’après Carlo Gozzi, adaptation de Kaki, mise en scène de Kaki.

20- Montserrat d’Emmanuel Roblès, adaptation de Mahboub Stambouli, mise en scène collective (supervision : Habib Réda).

Une pièce de Roblès sur la conquête espagnole de l’Amérique latine. Ce texte a été monté à plusieurs reprises. Interdit une première fois par les autorités coloniales, repris par la troupe du FLN avant l’indépendance puis par le TNA en 1965.

1966

21- Anbaça, d’après Ruy Blas de Victor Hugo, mise en scène de Hadj Omar (premier prix du festival de Hammamet, Tunis, 1968).

Anbaça, le serviteur du Palais Royal, ne supporte plus la cruauté et la faiblesse du pouvoir en place. Une fois installé au trône, il tente de redresser les choses en restant fidèle à ses principes. L’histoire se déroule en Andalousie.

22- El Guerrab wa Essalhine de Kaki, mise en scène de Kaki (premier prix du festival maghrébin du théâtre, 1968).

Pièce en trois actes tirée d’une légende populaire algérienne de La Bonne Ame de Sè-Tchouan de Bertolt Brecht. Trois marabouts cherchent asile chez les habitants d’un village menacé par la famine. Tout le monde refuse de les accueillir. Seule une femme, H’lima l’aveugle, daigne les recevoir et sacrifie ainsi son unique chèvre et tout ce qui lui reste à manger. Une fois les marabouts partis, l’aveugle retrouve la vue.

23- El Khalidoun de A.Rais, mise en scène de Mustapha Kateb.

Le récit d’un commando de maquisards en mission. Les combattants de l’armée de libération nationale ont pour objectif le passage de la ligne électrifiée dite ligne Morice à la frontière algéro-tunisienne. Héroïsme guerrier. Cette pièce a été déjà montée par la troupe du FLN.

24- Si Kaddour el Mech’hah, d’après L’Avare de Molière, adaptation de Mohamed Touri, mise en scène de Allel el Mouhib.

Le récit se déroule à Alger vers les années 1900. Kaddour, l’homologue de Harpagon, se méfie de tout le monde. Si Kaddour et son fils désirent, sans le savoir, épouser la même fille. L’enfant vole l’argent de son père, le faisant chante, et tout rentre dans l’ordre. C’est une reprise déjà jouée avant l ‘indépendance par Mohamed Touri.

1967

25- Koul wahed ou Houkmou (A chacun sa justice) de Kaki, mise en scène de Kaki.

Un commerçant décide d’épouser une quatrième femme, jeune et belle. Celle-ci refuse le mariage et préfère un jeune homme sans ressources. Ses parents, pauvres, l’obligent à se marier avec le vieux polygame. Elle finit par se donner la mort.

26- Le Foehn, de Mouloud Mammeri, mise en scène de Jean Marie Boeglin.

C’est le récit d’une confrontation entre les algériens représentés par une famille constituée de Tarik, un combattant du FLN, sa mère, Aini, les colons incarnés par un riche propriétaire et maire de surcroît, sa fille, son fils, un tortionnaire d’origine italienne et la maîtresse du maire. L’action se passe durant la bataille d’Alger. Arrêté, Tarik n’avoue rien, se contentant de narguer et de ridiculiser ses tortionnaires, ce qui va lui valoir une condamnation à mort. L’absurdité de la guerre.

27- Monnaies d’or de Chu Su Chen, adaptation et mise en scène de Abdelkader Alloula.

Une pièce chinoise. Deux visions de la justice s’affrontent, s’entrechoquent. Cette opposition est représentée par la présence de deux juges, tout à fait différents. Le premier est corrompu et expéditif, le second est correct et attaché à l’exemplarité de la justice. Lors du procès d’un jeune homme, accusé de « vol d’un contrat », le juge corrompu le condamne à mort sans preuves, le secoànd défend l’innocence de l’accusé.

1968

28- Le cadavre encerclé de Kateb Yacine, traduction de Souleymane El Aissa, mise en scène de Mustapha Kateb.

Lakhdar, un personnage tragique, n’arrive plus à fuir sa destinée ; il est en quelque sorte prisonnier d’un cercle qui refuse de s’ouvrir. Evénements de mai 1945, chantier, prison…, autant d’espaces qui caractérisent ce texte tragique extrêmement riche.

1969

29 Slimane Ellouk, d’après Molière, adaptation de Mahieddine Bachetarzi, mise en scène de Mustapha Kasdarli.

Slimane, se croyant malade, se « nourrit » de médicaments. Son vœu le plus cher est à la fois simple et peu facile : il voudrait que sa fille épouse un médécin pouvant ainsi suivre quotidiennement son état de santé, sans payer le prix de la consultation. Son égoïsme le pousse à imposer à sa fille un mari qu’elle ne désire pas.

30- Rouge l’aube de Assia Djebar et Walid Carn, mise en scène de Mustapha Kateb.

A travers l’histoire ordinaire d’un village, les auteurs racontent des péripéties de la guerre de libération. La lutte des femmes est mise en évidence, à travers surtout le personnage de la jeune fille. Le nombre assez élevé de personnages et les fréquents changements d’espaces rendent extrêmement difficile la mise en scène de ce texte.

31- Le cercle de craie caucasien de Brecht, traduction de Mahboub Stambouli, mise en scène de Hadj Omar.

Tout commence par un conflit entre deux kolkhozes qui se disputent la propriété d’une vallée : l’un la réclamant au nom de ses « droits naturels », l’autre la revendiquant au nom de l’effort et de la sueur investis. La légende chinoise illustre ce débat. Ainsi, un enfant est abandonné par ses parents après un coup d’Etat. Groucha adopte l’orphelin. Le grand Duc, ayant reconquis le pouvoir, veut récupérer son « fils », mais Grouche refuse, au nom de « a maternité sociale » de le lui donner. Le juge Azdak établira, à la fin, la maternité de Groucha.

1970

32- Bliss Laouer Kayen Mennou (Le diable aveugle existe bel et bien), d’après Ivan Ivanovitch a t-il existé ?, de Nazim Hikmet, adaptation de Allel El Mouhib et M’hamed Benguettaf, mise en scène de Allel El Mouhib.

Le personnage central, courageux et mû par les valeurs socialistes, se donnant entièrement à son travail et à ses idéaux, change de peau et devient en quelque sorte un espace négatif. Deux « moi » se disputent, s’affrontent : l’homme à la casquette jaune, incarné par Ivan Ivanovitch qui personnifie le mal et celui à la casquette feutrée représentant l’ouvrier et l’intellectuel révolutionnaire. A la fin, c’est ce dernier qui sort victorieux, favorisant ainsi la transformation du personnage principal en une entité positive.

33- El Bouaboune (Les concierges) de Rouiched, mise en scène de Mustapha Kateb.

L’histoire se passe dans un quartier populaire peuplé de gens représentant des intérêts et des catégories sociales différents. A travers l’évocation des concierges, l’auteur décrit le quotidien des couches défavorisées tout en dévoilant les trafiquants et les hypocrites (Rabia qui épouse par intérêt un patron d’une boite de nuit…). Cette pièce a été reprises plusieurs fois. Elle a bénéficié en 1992 d’un franc succès populaire.

1971

34- Enta li Ktelt El Wehch (C’est toi qui a tué le monstre) de Ali Salem, adaptation de Mustapha Kateb, mise en scène de Allel El Mouhib.

La pièce de l’égyptien Ali Salem, tirée du mythe d’Œdipe, qui utilise la légende comme espace d’illustration de l’actualité, aborde la situation des sociétés arabes après la défaite de juin 1967. Conflits socio-politiques, absence de vie démocratique, etc. constituent les thèmes-clé de cette pièce. L’Histoire éclaire en quelque sorte le présent. De nombreux dramaturges arabes, par crainte de la censure, recourent à des faits historiques pour évoquer le présent souvent décevant.

1972

35- Homk Selim, d’après Le journal d’un fou de Gogol, adaptation et mise en scène de Abdelkader Alloula, reprise en 1982.

C’est l’histoire de Selim, un fonctionnaire très ordinaire, sans prétention qui tombe amoureux de Raja, la fille du directeur, jusqu’au point où il devient fou. Amour impossible. Le rêve et le délire gagnent Selim qui s’imagine devenir le souverain d’une monarchie bureaucratique. Une critique acerbe de la bureaucratie. Une satire du pouvoir.

36- L’homme aux sandales de caoutchouc de Kateb Yacine, traduction de M.Benguettaf, mise en scène de Mustapha Kateb.

La pièce raconte l’histoire du peuple vietnamien, marquée entre autres faits, par l’insurrection des sœurs Trung, espace analogue à la lutte de la Kahina et de Khenchela, sa sœur. Le texte fonctionne par tableaux et fait énormément appel à la documentation. Espaces parodiques. On peut parler de théâtre-document dans la mesure où le texte place côte à côte événements et personnages réels et situations fictives et imaginaires.

1973

37- Ya Akh Rak Metsellel (Ô frère, vous êtes hors-jeu), d’ après Le Révizor de Nicolas Gogol, adaptation de Ouriachi et de Rabia, mise en scène de Abdellah Ouriachi.

 

Ce sont les mésaventures d’un fieffé bureaucrate, racontées avec un humour frisant le tragi-comique.

 

38- Bab el Foutouh de Mahmoud Diab, adaptation de M.Benguettaf, mise en scène de Slim Riad.

 

Mise en situation des crises politiques vécues dans le monde arabe et révélation de l’absence de vie démocratique, état provoqué par l’illégitimité des pouvoirs en place.

38- Bouhadba (Le bossu) de Mohamed Touri, mise en scène de Taha El Amiri et de M’hamed Benguettaf.

C’est l’histoire d’un personnage bossu, Bouhadba, en conflit larvé avec ses beaux-parents qui n’admettent pas que leur fille soit l’épouse d’un bossu.

39- Beni Kelboune de Ould Abderrahmane Kaki, mise en scène de Kaki.

Omar et Fettouma veulent vivre honnêtement dans le village de Béni Kelboune. Vite, Omar est expulsé du village. Il émigre ailleurs, étudie le droit et devient cadi (juge). Il est encore une fois condamné à quitter un autre village parce qu’il a osé inculper le fils du chef du village, accusé de meurtre.

40- El Agra (La femme stérile) DE Zahir Bouzerar, mise en scène de Hachemi Nourredine.

C’est l’histoire d’une stérilité non assumée par la société trop peu tolérante envers les femmes. Itinéraire d’une femme stérile, avec préjugés, rejets et difficultés.

1974

41- El Maqbara (Le cimetière) de Abdellah Bouzida, mise en scène de Ziani Chérif Ayad, Said Bensalma et Abdellah Ouriachi.

Pièce sur la révolution agraire. Elle traite du monde rural. Le TNA a trop peu abordé les questions de politique officielle mettant en scène les décisions du pouvoir, contrairement à ce qui s’écrit dans de nombreux travaux universitaires et journalistiques.

42- Dem el Ahrar (Le sang des libres) de Abdelhalim Rais, mise en scène de A.Rais.

Une histoire sur la guerre de libération nationale.

1975

43- Hiya Qalet wana Qolt (Elle, elle a parlé, moi, j’ai dit) d’après Les rustres de Carlo Goldoni, adaptation collective (Ziani Chérif Ayad, A. Ouriachi, B.Filali, El H achemi Nourredine), mise en scène de Hadj Omar.

Cette pièce traite de la disharmonie conjugale. Une femme ose rencontrer à l’insu des « rustres » l’homme qu’ils lui ont choisi. Grande colère qui finit par avoir raison de la femme, encore et toujours soumise.

44- La Bonne âme de Sé-Tchouan de B.Brecht, adaptation collective (H.Nourredine, B.Filali, A.Ouriachi, A.Ziani Chérif), mise en scène de Hachemi Nourredine.

Chen-Té, une prostituée de Sé-Tchouan, reçoit les dieux qui la récompensent en lui offrant mille dollars avec lesquels elle a acheté un débit de tabac. Une condition : être bonne dans un monde où les dieux n’ont pas rencontré des gens menant une existence humaine. Elle se fabrique son double, Choui-Ta, son cousin, homme d’affaires impitoyable. Dédoublement. Lutte entre le Mal incarné par Choui-Ta et le Bien représenté par Chen-Té.

1977

45- El Mawlid de Abderrahmane El Djillali, mise en scène de A.Ouriachi et de M.Chougrani.

C’est un récit racontant la naissance du prophète. Une reprise d’une pièce déjà jouée avant l’indépendance. Arabe « littéraire ».

45- Z’it, M’it ou Neggaz El Hit de Mohamed Touri, mise en scène de Hachemi Nourredine.

Pièce comique qui raconte les aventures burlesques de trois voleurs. Une reprise d’une pièce déjà montée avant l’indépendance.

46- Afrit Ou Hafouh (Ils ont eu le diable !) de Ali Salem, adaptation de M.Benguettaf, mise en scène de Hadj Omar.

C’est le premier texte qui fait appel au fantastique sur scène. C’est une reprise adaptée de la légende de Cendrillon.

1978

47- Tekhti Rassi (Qu’on ne se mêle pas de moi), d’après Les incendiaires de Max Frisch, adaptation de Hachemi Nourredine, mise en scène de Hachemi Nourredine.

48- Fersousa Wal Malik de M.Karaouzene et Fasla, mise en scène de M.Kasdarli.

C’est l’histoire d’un roi qui opprime son peuple. C’est une pièce conjoncturelle qui fonctionne par allusions au roi Hassan II du Maroc.

49- Ah Ya Hassan de Rouiched, mise en scène de Rouiched.

Hassan est un personnage naïf et sans prétention qui sort indemne de toutes ses mésaventures, d’ailleurs involontairement provoquées. C’est en quelque sorte une suite de Hassan Terro, après l’indépendance.

1979

 

50- Bounouar and Co, d’après Les bains de Maiakovski, adaptation de Slimane Laib, mise en scène de Ziani Chérif Ayad.

On réalise une machine qui permet de voyager dans le temps, mais les tracasseries administratives et bureaucratiques empêchent le fonctionnement de cet appareil. Le directeur des « coordinations », personnage négatif, Bounouar, ne fera pas partie du voyage vers le futur ou l’avenir, seuls les travailleurs réussiront à partir.

51- Stop de M.Benguettaf, mise en scène de Hadj Omar.

Cette pièce traite de la corruption et de l’usage abusif d’un poste de responsabilité à des fins personnelles.

52- Soumoud (Résistance), montage poétique de S ;el Wahdi et A.Ouriachi, mise en scène deAbdellah Ouriachi.

1980

53- Djeha wa Ennas (Djeha et les hommes) de M’hamed Benguettaf, mise en scène de M’hamed Benguettaf.

Un texte tiré d’une légende de Djeha, un personnage populaire qui investit la représentation dramatique depuis 1926.

1981

54- Mir Ou Rabi Kbir (Maire sans faute), d’après L’homme qui a vu la mort de Victor Iftimiou, adaptation de A.Rabia, mise en scène de A.Ouriachi.

C’est l’histoire de deux bourgeois, un pharmacien et un commerçant, qui emploient tous les moyens pour devenir président d’une assemblée populaire communale (maire), en sacrifiant même jusqu’à leurs enfants. Satire des mœurs politiques en Algérie. L’adaptation conserve les éléments essentiels du texte original (ressort dramatique, architecture, situation dramatique, le même nombre de personnages…).

1982

55- Ya Settar Erfaa Essitar (Au secours ! levons le rideau !) de M.Benguettaf, mise en scène de M.Benguettaf.

Ce texte met en scène le monde artistique, avec ses bonnes et surtout ses « mauvaises » choses : désarroi, absence de projet, conditions sociales misérables, bureaucratie, hostilité de l’environnement immédiat.

56- Fine Lount el Barah? ( Où étais-tu hier ?) de Mustapha Toumi, mise en scène de A.Ouriachi.

1983

57- Eddahaliz (Les bas-fonds), de Maxime Gorki, traduction de A.Bougaci, mise en scène de Abdelkader Alloula.

La pièce décrit la vie de quelques déclassés dans un asile et met en situation des gens du peuple et quelques intellectuels déchus. Elle dévoile les rapports qu’entretiennent les personnages entre eux et avec le monde extérieur (la Russie du début du vingtième siècle). La mise en scène de ce texte obéit scrupuleusement aux indications scéniques contenues dans le texte de Gorki, ce qui ne permet pas une certaine « aération » dramatique. Trop de lourdeurs caractérisent le travail scénique.

58- Galou Laarab Galou (Les arabes ont dit), d’après El Mouharij (Le clown de Mohamed El Maghout, adaptation de Ziani Chérif Ayad et Azzedine Medjoubi, mise en scène de Ziani Chérif Ayad (Prix de la meilleure mise en scène, Carthage, 1983).

C’est le drame des pays arabes, condamnés à vivre des malheurs quotidiens et presque ordinaires et naturels. Critique acerbe des dirigeants arabes qui se réunissent souvent pour annoncer qu’ils se sont entendu sur le fait qu’ils ne s’entendraient jamais. Le discours est marqué par des relents « arabistes ». La pièce raconte en quelque sorte les désillusions des peuples arabes, trop piégés par leur passé « historique ».

59- Djeha Ba’hmarou (Les arabes ont dit), de Nabil Bedrane, adaptation de Mustapha Kateb, mise en scène de Mustapha Kateb.

Encore une fois, la représentation s’articule autour d’un récit de Djeha.

1984

60- A’ad el Djawher (Le pacte des perles) de M’hamed Benguettaf, mise en scène de Ziani Chérif Ayad.

Une pièce qui raconte l’histoire de la guerre de libération, en faisant appel à des événements vécus et à des faits historiques.

1985

61- Laalegue (Les sangsues) de Abdelkader Alloula, mise en scène de Abdelkader Alloula.

Une lecture satiriquie de la bureaucratie. Pièce en quatre tableaux mettant en scène des personnages, « opportunistes » et « arrivistes » dont l’unique objectif est l’appât du pouvoir. Il est aussi question du fonctionnement de l’administration, illustrée par les sous-titres introduisant les différents tableaux (point de départ de l’édification de l’Etat, le « fauteuil », l’humiliation et les relations…)

62- Hafila Tassir, d’après Le voleur d’autobus de Ihsan Abdelqadous, adaptation de Boubekeur Makhoukh, mise en scène de Ziani Chérif Ayad.

Chérif Zaouali, un personnage déchiré, qui veut à tout prix arriver à l’hôpital le plus rapidement possible. La vie de sa femme est en danger mais le conducteur du bus ne veut rien entendre. Et c’est Chérif qui prend le volant. Son épouse meurt. Il est arrêté et accusé du vol de l’autobus. Cris, dépositions, confessions et colères marquent le récit traversé par une extraordinaire dose d’humour.

1986

63- Adjadjbiya Wa Adjaieb, d’après Art de la comédie de E.Filippo, traduction de M.Aouadi, mise en scène de Ahmed Bénaissa.

Dans une petite ville d’Italie, une troupe théâtrale est subitement privée de son théâtre, détruit à la suite d’un incendie. Le directeur de la troupe sollicite l’aide du préfet pour reconstituer l’équipe en fusionnant avec un groupe d’une lointaine contrée. Lors de l’entrevue, le préfet congédie le directeur et lui remet par erreur une liste de six noms convoqués par le préfet. Les comédiens jouent le rôle de ces six personnages.

64-El Bedla Loun El Qamra Fi Leilet Essif, d’après Le merveilleux complet couleur glace à la noix de coco de Ray Bradburry, adaptation et mise en scène de Aziz Arbia.

Tout le drame s’articule autour d’un costume que porte le personnage principal de la pièce. Jeux de situations et quiproquos caractérisent le texte.

65- Ghabou Lefkar (Il n’y a plus d’idées), d’après Les émigrés du dramaturge polonais Slawomir Mrozek, adaptation de Boubekeur Makhoukh, mise en scène de Azzedine Medjoubi.

Deux émigrés, Rih et Mokhtar, un intellectuel et un ouvrier, cohabitent dans une cave. Le lieu sinistre de la rencontre de ces deux personnages, aux antipodes l’un de l’autre, provoque d’extraordinaires situations tragi-comiques. On a l’impression d’être en présence de deux vies qui se racontent et qui disent leurs conditions d’existence.

2- THEATRE REGIONAL DE ANNABA

1974

1- Ettmaa Ifessed Ettabaa (La gourmandise corrompt même l’hyène) de Hachemi Nourredine, mise en scène de Hachemi Nourredine.

Un riche commerçant agonise. Tout le monde complote pour s’approprier l’héritage. On le tue après lui avoir fait signer les papiers permettant à des « charognards » d’hériter de ses biens. Mais juste avant sa mort, il reconnaîtra les « hyènes » et les vrais amis. Cupidité des gens.

1975

2- Khotba dial Sidna (Les fiançailles de notre maître) de Mohamed Keraouzene, mise en scène de Sid Ahmed Agoumi.

C(est l’histoire d’un roi-celui du Maroc- qui organise réception après réception alors que son peuple crève de faim. Cette pièce a été montée durant la grave crise algéro-marocaine, survenue après l’affaire du Sahara Occidental.

1976

3- Fi Intidhar El Mehdi (En attendant El Mehdi), une adaptation de En attendant Godot de Samuel Beckett par S.A.Agoumi, mise en scène de Sid Ahmed Agoumi.

La pièce raconte l’histoire de Gogo et de Didou qui ne se retrouvent plus face à la « montée des périls », se laissant piéger par l’attente d’un « Mehdi » (une sorte de libérateur mythique, un Messie) qui ne viendra pas en fin de compte.

1977 

4- Youm El Djemaa Kharjou Leryem (Le vendredi sont sorties les gazelles) de Slimane Bénaissa, mise en scène de Slimane Bénaissa.

Trois personnages cohabitent dans un même espace, un vendredi jour férié. Chaque protagoniste exprime ses états d’âme, ses inquiétudes et ses désirs. Boualem, l’ouvrier, rêve à des lendemains qui chantent. Le fou s’empêtre dans son irréalité. L’ « américain » vit l’Amérique par procuration. Trois destins, trois itinéraires qui se heurtent et s’entrechoquent.

1978

5- El Mahgour, une adaptation de Makaionok, par Slimane Bénaissa, mise en scène de Malek Bouguermouh.

C’est l’histoire d’une famille de cinq personnes (grand-père conservateur, père affairiste, mère soumise, fils vif et intelligent et fille effacée) qui s’entredéchirent, s’affrontent dans des querelles interminables. Grâce au fils et à la complicité d’un speaker de la télévision, la solution-miracle est trouvée : la gestion socialiste de la famille.

1980

6- Ala Kerchou Yakhli Archou (Il peut faire pour satisfaire son ventre), d’après En pleine mer de Slawomir Mrozek, adaptation de Djamel Marir et A.Mohcène, mise en scène de Djamel Marir.

Trois personnages (le gros, le moyen et le petit), perdus dans le désert, s’affrontent, chacun avec ses moyens, pour survivre. Le « gros » n’a pour unique repère que le passé, le « moyen » réprime le « petit » qui propose aux deux autres l’union de toutes les forces, un combat commun.

1981

7- El Firane (Les rats) de Djamel Hamouda, mise en scène de Djamel Hamouda.

Traite de l’émigration et des conditions misérables des émigrés.

1982

8- Ettaouasol (La communication) de Mohamed Hilmi, mise en scène de Djamel Marir et Mohamed Laid Kabouche.

Une pièce sur la guerre de libération nationale. C’est une sorte de fresque historique mettant en situation un certain nombre d’événements marquants de la lutte de libération, mais parfois avec une grande légèreté.

1983

9- Elli Darha biyadih (Celui qui l’a fait de ses propres mains) de Mohamed Kamel Kerbouz, mise en scène de Tahar Hami.

Mélodrame racontant l’histoire d’une famille. La fille, Farida, est enceinte. C’est un véritable scandale. L’honneur de la famille est ainsi bafoué. Situations paradoxales.

10- Dahka Mesjouna (Le rire en cellule) de Mohamed Laid Kabouche, mise en scène de Mohamed Laid Kabouche.

Azzouz, un homme simple et sans prétention, se lance dans une quête originale : la recherche de la source de ses innombrables problèmes. Il la découvre que l’origine de toutes ses misères n’est autre que Merouane, un obscur personnage.

1984

11- Bouderbala de Allaoua Boudjadi, mise en scène de Ahmed Khoudi.

Aborde la lutte de libération nationale. C’est l’histoire d’un village vivant les affres de la colonisation.

12- Eznika (La ruelle) de Allaoua Boudjadi, mise en scène de Djamel Marir.

Dans un quartier, il n’y avait que des commerçants. El Hadj crée la surprise en ouvrant une librairie, ce qui va choquer tout le monde. Interminables conflits entre un vendeur de brochettes et le libraire.

13- El Ahd (La promesse) de Ahmed Khoudi, mise en scène de Ahmed Khoudi.

Montage poétique retraçant les différentes périodes qui ont marqué l’histoire de l’Algérie.

1985

14- Dhik el Khater (L’angoisse du danger) de Djamel Hamouda, mise en scène de Ahmed Khoudi.

Tayeb Ould Ammar, comptable de son état, fête son trentième anniversaire et commence à raconter des événements et des souvenirs de sa vie à sa femme qui finit par le quitter. Il sombre dans l’alcoolisme.

1986

15- Elli Yezraa Errih (Celui qui sème le vent) de Djamel Hamouda, mise en scène de Djamel Hamouda.

C’est un anniversaire. Des invités qui font faux-bond. Les deux personnages, Tayeb et Ouarda, se regardent comme deux chiens de faïence. Tayeb se cherche et veut se fabriquer une autre personnalité, devenir un autre être. Etre et paraître se bousculent. Ouarda n’en peut plus et elle le fait savoir en usant d’un ton mi-ironique, mi-agressif.

16- Moughamarat Gattous (Les aventures de Gattous) de Mounira Haddad, mise en scène de Djamel Hamouda.

Une pièce pour enfants qui raconte un drôle de conflit entre un chat et une souris.

17- Ettarous (Le chien de chasse) de Hamid Gouri, mise en scène de Djamel Hamouda.

Pris au piège d’un cruel et brutal quotidien, Ettarous ne se retrouve plus dans une ville marquée par la promiscuité et l’hypocrisie. L’arrivisme déconcerte le héros qui, graduellement, prendra conscience des réalités de la ville. Il finira en prison.

1987

18- Kahwa Ouala tay (Café ou thé) de Djamel Hamouda, mise en scène de Djamel Hamouda.

C’est l’histoire de deux voisins, Hachemi et Torki, représentant deux univers parallèles et inconciliables. C’est grâce à deux objets d’une importance capitale dans la fiction, une vieille radio et un téléviseur à peine audible, qu’ils arrivent à communiquer en se racontant.

1988

19- Ertila (L’araignée), une adaptation de Nacer Ouramdane d’un texte du cubain Eduardo Manet, mise en scène de Ahmed Bénaissa.

Liliane, une vieille aristocrate isolée vivant toujours dans son passé colonial voit subitement son intimité violée par deux personnages marginaux, Lakhdar et Boualem. Deux mondes incompatibles s’affrontent et se heurtent. Liliane, porteuse de l’idéologie coloniale, ne peut vivre le présent, trop piégé par ses tenaces préjugés coloniaux. Les deux algériens prennent progressivement conscience de leur propre histoire et s’opposent fermement à Liliane.

3- THEATRE REGIONAL DE CONSTANTINE

1976

1- Hada Ijib Hada (Chacun son tour), création collective, mise en scène de Amar Mohcène.

Traite de la question du logement, un problème qui reste toujours d’actualité en Algérie. Ecrite collectivement, cette pièce qui a connu un énorme succès populaire dénonce avec véhémence et humour le système bureaucratique algérien.

1978

2- Lifout Maymout (Ce qui passe ne mourra pas), mise en scène de Abdelhamid Habbati et Antar Hellal.

C’est le récit d’un dictateur, l’histoire d’un pouvoir vivant péniblement son isolement.

3- Badr el Boudour, mise en scène de Kaci Skander.

Un mélodrame mettant en situation une histoire d’amour ordinaire.

1979

4- El Qanoun wa Ennas (La loi et les gens), mise en scène de Abdelhamid Habbati.

1980

5- Rh Samsar (Le vent des mandataires), création collective, mise en scène de Ammar Mohcène.

Cette pièce aborde le problème de la commercialisation des fruits et légumes tout en dénonçant les « mandataires » considérés comme de fieffés « réactionnaires », saboteurs de la révolution agraire. Un thème porteur durant les années soixante-dix.

1981

6- Ness El Houma (Les gens du quartier), mise en scène de Hadj Smain.

C’est l’histoire d’un quartier populaire, microcosme de la société algérienne. Tour à tour, sont montrés les contradictions et les problèmes que connaît le pays : question du logement, pénuries répétées d’au…

1982

7- Errafd (Le refus), création collective, mise en scène de Hadj Smain.

Pièce racontant l’histoire de la lutte du peuple algérien contre l’occupant colonial.

1983

8- Lahal Idoum (Le temps passe), mise en scène de Abdelhamid Habbati.

Ce texte traite de la gestion socialiste des entreprises.

9- Essakhra (Le rocher), de Ammar Mohcène et Djamel Dekkar, mise en scène de Benzerari, Zermani et Hadj Smain.

Une reconstitution de l’Histoire de Constantine et une mise en valeur de la résistance, incarnée par Ahmed Bey au dix-neuvième siècle.

1984

10- Ghesselet Ennouader, mise en scène de Ammar Mohcène.

Une critique de la gestion municipale, avec des clins d’œil soutenus au marasme culturel caractérisant les cités algériennes.

11- El Kelma (La parole), mise en scène de Hadj Smain.

C’est l’histoire d’un village pendant la période coloniale racontée par Si Mokhtar, un paysan qui a vécu les pires exactions et qui se bat encore pour que les choses changent dans son village. Aller-retour passé-présent.

1986

12- Def El Goul Ouel Bendir (Les dires) de Mohamed Tayeb Dehimi, mise en scène de Mohamed Tayeb Dehimi.

C’est une parodie mettant en situation des personnages légendaires et littéraires (Othello et El Hallaj), exclus par les pouvoirs dominants et la culture officielle, se battant pour la conquête d’une liberté absolue.

1987

13- Hourouf el Ala (Les lettres du mal), d’après Ali Salem, mise en scène de Ahcène Boubrioua et Ammar Mohcène.

Pose le problème des intellectuels dans les sociétés arabes. Un regard critique sur les intellectuels et leur allégeance aux pouvoirs en place.

4- THEATRE REGIONAL D’ORAN

1972-1973

1- El Khobza (Le pain ou la subsistance) de Abdelkader Alloula, mise en scène de Abdelkader Alloula.

Si Ali, personnage autour duquel s’articule le récit, écrivain public de son état, témoin des malheurs de ses misérables clients ferme boutique pour se mettre à écrire un livre qu’il intitulera «  Khobza ». Dans ce livre, il parlera des malheurs, des espérances et des angoisses de ses clients désargentés.

2- Homk Selim, une adaptation par A.Alloula du Journal d’un fou de Gogol, mise en scène de Abdelkader Alloula.

Pièce déjà présentée (voir TNA).

3- El Meida, création collective.

La pièce raconte une journée de volontariat de la révolution agraire. Elle met en situation les relations qu’entretiennent étudiants et paysans et évoque l’hostilité des autorités. Création collective. Didactique et propagande.

1974

4- El Mentouj (Le rendement), création collective.

Pièce en vingt tableaux « expliquant » la nécessité d’appliquer la gestion socialiste des entreprises. Des ouvriers sont licenciés. Le syndicat en place ne réussit pas à les réintégrer. De nouveaux représentants sont élus. Ceux-ci parviennent à imposer la réintégration des travailleurs. Création collective. Didactique et propagande.

5- Errihane de Abbas.

Pièce pour enfants.

6- Lehseb Etlef (On ne se retrouve plus) de Hadjouti Boualem.

Ce texte aborde la situation des émigrés en France, leurs difficultés et leurs espoirs. On a l’impression que le discours officiel sur la question domine la représentation.

1975

7- Hammam Rabi de Abdelkader Alloula.

8- Hout Yakoul Hout (Les poissons se mangent entre eux) de Benmohamed et Alloula.

Si El Hadj, ancien paysan, raconte les aventures de Si Kaddour, un homme pauvre et sans ressource devenu puissant. A travers ce personnage rusé et cupide, défilent des images horribles des patrons de pêche. Une dénonciation de la mafia de la pêche.

1976

9- Ennahla (L’abeille), pièce pour enfants.

Importance du travail et nécessité d’une solidarité nationale, « clef de la solution de tous les problèmes de la société ».

10- Diwan Lemlah (Le Diwan des bons), de Ould Abderrahmane Kaki, mise en scène de Kaki.

Un texte sur la révolution permanente et le progrès social, avec la présence constante du meddah et de quelques éléments de la tradition orale.

11- El Guerrab Wa Essalhine (Le porteur d’eau et les trois marabouts) de Ould Abderrahmane Kaki.

Pièce déjà présentée (voir productions du TNA).

1978

12- Bir el Mesmoum (Le puits empoisonné) de Mohamed Adar.

13- Hab El Moulouk FI Tarik El Harb (Hab El Moulouk sur le chemin de la guerre) de Abdelkader Djemai.

Une fable sur le pouvoir mettant en scène un roi quelque peu spécial, Hab El Moulouk. Structure du conte.

1979

14- Mimoun Ezzaouali (Mimoun le pauvre) de Adar et Abbès.

C’est l’histoire d’un pauvre gueux qui ne se retrouve pas dans les entrelacs de la vie sociale et des difficultés quotidiennes.

1980

15- Legoual (Les dires) de Abdelkader Alloula, mise en scène de Abdelkader Alloula.

Un travail expérimental mettant en valeur l’importance des conteurs populaires dans la structure dramatique. Construite sous forme d’un conte populaire, la pièce aborde des questions d’actualité.

16- El Ikhtiar (Le choix) de Kasdi Brahim.

Elle traite de la gestion socialiste du travail et de la nécessité d’appliquer les lois. Critique acerbe contre certains responsables de l’Etat et du parti unique, le FLN, qui s’opposent à la volonté des travailleurs.

1981

17- Lebhira (Le jardin).

Pièce pour enfants.

1982

18- Homk Selim de Alloula. Déjà présentée.

19- Eddimar wal Iman (La démolition et la foi), création collective.

C’est une fresque historique. La pièce raconte l’histoire de l’Algérie de 1830 à 1962. Trois personnages représentant trois générations s’interrogent sur leur statut de colonisés et se racontent leur propre histoire liée à celle du pays.

1983

20- Maître Puntila et son valet Matti de Brecht.

Un texte de Bertolt Brecht. Puntila, féodal, sans scrupules, devient bon et humain quand il est saoul. Une fois l’ivresse tombée, il redevient lui-même, c’est à dire cruel et exploiteur. Matti, son valet, souffre-douleur, exploité ne se fait d’ailleurs pas d’illusions sur son maître. Un couple de personnages mettant continuellement en évidence leurs intérêts de classe.

1984

21- Elikla Ikhellas (Qui bouffe trinque)

22- Le flambeau

Une pièce sur la guerre de libération nationale.

1984

23- Youssef wal wahch (Youssef et le monstre) de Mansouri Bachir.

Pièce pour enfants.

1985

24- Avant-théâtre de Ould Abderrahmane Kaki.

C’est beaucoup plus un travail de recherche sur la représentation théâtrale et l’impuissance de l’individu. Les deux importants tableaux de la pièce s’inspirent du Nô japonais (Le filet) et des travaux d’Antonin Artaud.

1987

25- Ksam Bel Kessam

5- THEATRE REGIONAL DE SIDI BEL ABBES

1978-1980

1- Palestine trahie de Kateb Yacine

C’est l’histoire de la lutte du peuple palestinien pour sa survie, la quête de sa libération. La pièce construite en tableaux relativement autonomes met en évidence la trahison des pouvoirs arabes et leur complicité avec l’impérialisme. Chaque tableau expose un fait politique particulier.

2- La guerre de 2000 ans de Kateb Yacine.

Une lecture de l’histoire de l’Algérie liée aux événements politiques qui ont marqué le monde. Tout y passe : la résistance de la Kahena, El Mokrani, Abdelkader, Mai 1945, 1954… Théâtre-document.

3- Le pain amer de Kateb Yacine.

4- Le roi de l’Ouest de Kateb Yacine.

C’est une pièce qui raconte l’histoire du peuple sahraoui et met à nu les prétentions du roi du Maroc qui réprime son propre peuple.

5- La voix des femmes de Kateb Yacine.

Ce texte met en scène la lutte des femmes, à travers une légende de Tlemcen qui valorise le combat des femmes contre les mérinides au treizième siècle. Saout Ennissa est représentée par la mère de Yaghmorassen.

1980

6- Enti wana (Toi et moi) de Mohamed Bakhti.

Une pièce racontant les malheurs, les angoisses et les rêves d’un couple dans des situations quelque peu singulières.

1981

7- Les sentiers de Ait Mouloud Youssef.

1983

8- L’oiseau mécanique. Pièce pour enfants.

1984

9- El Batal Walla Battal (Le héros qui devient mendiant) de Labieb Mohamed.

C’est l’histoire d’un héros au passé glorieux qui se retrouve au chômage.

10- Ya Ben Ammi Ouine ? (Ô cousin, où va t-on ?) de Mohamed Bakhti et Ramdani.

L’angoisse du quotidien.

1985

11- El Beida Ezzerga (L’oeuf bleu) de Bensemicha. Pièce pour enfants.

12- Séance levée de Mohamed Bakhti.

C’est l’histoire d’un pays sous-développé. Deux personnages, El Kadim, un vieux, très attaché aux ancêtres et à sa mémoire, ne vit le présent que par référence exclusive à son passé, Essaghir, le petit, est à la recherche de points de repère.

1986

13- Allel danger, une adaptation de Telles par Malek Eddine Kateb.

A travers l’itinéraire de Allel, maçon de son état, une critique acerbe contre la société, le pouvoir et le système bureaucratique. Monologue.

1987

14- Dialogue amer de Lahbieb Mohamed.

Une pièce à deux personnages qui associe réel et rêve. C’est l’histoire d’une « nuit américaine » vécue à la manière des contes des Mille et Une Nuits.

15- Les clowns de Kada Bensemicha. Pièce pour enfants.

6- THEATRE REGIONAL DE BEJAIA

1986

1-Harf B’harf (A la lettre), mise en scène de Ahmed Khoudi.

Un facteur consciencieux est en panne en rase campagne. Il doit trouver un moyen lui permettant de distribuer son courrier, chose quasi-impossible dans ces conditions. Il ouvre quatre lettres qu’il considère comme les plus importantes. Quatre lettres, quatre destins différents qui racontent la vie d’un village.

1987

2- Hzam El Ghoula (La ceinture de l’ogresse), mise en scène de Malek Bouguermouh, une adaptation de La quadrature du cercle de Valentin Petrovitch.

De jeunes étudiants vivent dans une chambre obscure au bout d’un couloir sombre. Situations burlesques, quiproquos mettent en conflit des héros à la quête d’un hypothétique logement.

7- THEATRE REGIONAL DE BATNA

1987

1-Ennar Oua Ennour (Le feu et la lumière)

Pièce brossant, en quelques tableaux, la guerre de libération nationale.

1988

2- El Malik Houa El Malik (Le roi, c’est le roi), texte de Saadallah Wannous, un dramaturge syrien, mise en scène de Nourredine Amroune.

Un roi, angoissé et déprimé, décide de changer d’air. Il se rend en ville, traverse les ruelles les plus malfamées de la cité et discute avec ses sujets. Il rencontre, au gré de ses pérégrinations, un homme extrêmement ambitieux. Son rêve est de devenir roi. Le rêve se réalise et le voilà à la tête d’un pays…

1989

3- Mohand Afahloul, texte de Slim Souhali, mise en scène de Hocine Bellaghmas.

Afahloul, un citoyen-modèle, ni rusé ni naïf, perdu dans une masse de slogans et de discours creux, se bat pour changer les choses à sa manière. Une sorte de Don Quichotte.

III- THEATRE AMATEUR

Il est impossible de présenter toutes les pièces des troupes du théâtre d’amateurs. Le caractère aléatoire de la situation des troupes qui naissent et disparaissent souvent au gré des circonstances, ne nous permet nullement d’inventorier ni le nombre exact des formations ni leur durée de vie.

Nous essaierons ici de présenter vingt troupes qui nous paraissent représentatives du théâtre d’amateurs. Le choix des troupes a été dicté par leur longévité, la qualité de leurs prestations et leur impact sur le mouvement artistique algérien.

Comme les ensembles se créent et disparaissent très rapidement, faute de moyens et d’équipes stables (l’instabilité est une des caractéristiques fondamentales de ce type de théâtre), il nous est difficile, sinon impossible, de les connaître toutes. Des troupes sont nées tout simplement à l’occasion de commémorations de certaines dates officielles ; une fois la journée-anniversaire finie, les éléments de l’équipe se dispersent. Il existe également des formations qui ont vécu durant une période plus ou moins longue (deux à trois ans). Mais il y a aussi et surtout des troupes qui ont pu s’imposer et monter des pièces pendant plus de trois ans. C’est cette dernière catégorie qui nous intéresse.

Plus de 500 troupes ont vu le jour depuis l’indépendance. Ce qui rend extrêmement impossible toute tentative de les cerner ou de les présenter, d’autant plus qu’aucun travail documentaire n’a été fait jusqu’à présent. Le seul espace d’exposition du travail des troupes d’amateurs reste le festival national de Mostaganem qui, depuis 1967, permet annuellement à une vingtaine de ces groupes de présenter leurs travaux. La presse, quoique les comptes-rendus demeurent superficiels, permet également au chercheur de suivre l’itinéraire des troupes.

1-Théâtre et Culture

Créée en 1968 par une équipe jeune et dynamique, aidée par des intellectuels installés à Alger comme Mohamed Khadda, Omari Wahid, Jean Sénac, Jean Déjeux, Kateb Yacine et de nombreux universitaires. TC commença par jouer ses pièces en langue française (Les Perses d’Eschyle et L’exception et la règle de Bertolt Brecht notamment), puis elle s’est orientée vers l’arabe dialectal. L’apport de Slimane Benaissa a été primordial dans le choix linguistique.

Diagnostiquant la réalité des algériens avec ses contradictions, ses ambiguïtés et ses luttes, Théâtre et Culture mettait en scène, avec une grande réussite technique, les problèmes et les situations-souvent burlesques- auxquels étaient confrontés les Algériens. TC forçait le spectateur à prendre position. Puisant sa thématique dans les problèmes que connaissent les femmes, les ouvriers, etc. , TC réalisait des pièces-bombes, comme La situation de la femme en Algérie qui choqua à l’époque énormément de monde. La pièce fut d’ailleurs vite interdite. Texte créé collectivement, La femme, en cinq tableaux, mettait en scène la condition féminine en Algérie (avec comme élément paroxystique, le viol légal de la nuit de noces). 

TC qui fut tout au long de sa courte histoire (1968-1971) un appareil fugace de la circulation des idées et un moyen de réfléchir sur l’art, réalisa Les Perses d’Eschyle et L’exception et la règle de B.Brecht en 1968, Echaab Echaab (Le peuple ! le peuple !) et La poudre d’intelligence en 1969, La situation de la femme en Algérie (reprise par le groupe d’action théâtrale d’Alger, GAT, en 1977) et La situation économique de l’Algérie qui devait sortir en 1971, mais qui n’a jamais vu le jour. Ses éléments les plus en vue étaient R.Kriss, S.Bentouil, S.Benaissa, S.Benacer, A.Bouzid, A.Guenaneche, A.Degga et A.Medjoubi).

2- Théâtre de la mer

Née en 1969, sous la direction d’un animateur connu à Alger, aujourd’hui installé en Europe, Kaddour Naimi, Théâtre de la mer qui privilégiait la création collective, abordait souvent des questions politiques dans ses pièces. La fourmi et l’éléphant, montée en 1969, traitait du travail en profondeur devant être réalisé pour changer les choses et mettait en situation la lutte des couches défavorisées de la société. Kateb Yacine, de retour en Algérie, fut sérieusement séduit par cette troupe. Il en fera d’ailleurs partie dès 1969 où il proposera une pièce sur l’émigration. Ce sera Mohamed prends ta valise qui connut à l’époque un extraordinaire succès populaire. En 1972, la troupe qui comptait dix-sept personnes fit un séjour triomphal en France et présenta Mohamed prends ta valise en milieu émigré. La troupe se produisait tous les jours, sauf le lundi (parfois deux représentations par jour) dans différents lieux : théâtres, MJC, lieux de travail. Plus de 70 000 personnes assistèrent à la pièce. La tournée organisée, grâce à l’active collaboration du Théâtre des Amandiers, permit aux émigrés de découvrir l’art scénique algérien et de retrouver posés sur scène leurs propres problèmes, à travers l’itinéraire de Mohamed et des facéties de Djeha réactualisées par Kateb Yacine, lui-même séduit par la portée magique de l’usage de l’arabe populaire. Plus de 120 représentations.

La troupe était subventionnée par le Ministère algérien du Travail et des Affaires Sociales. Quelque temps après, une troupe du même nom était née à Marseille avec un encadrement français et des comédiens émigrés ( des travailleurs). Cette troupe disparut en 1972.

3- L’Action Culturelle des Travailleurs (ACT)

Troupe subventionnée par le Ministère du Travail et des Affaires Sociales, animée par Kateb Yacine. Née en 1972 après la disparition du Théâtre de la mer qui s’est transformé en Action Culturelle des Travailleurs. Ce changement de nom s’explique , selon Kateb Yacine, par le fait que la troupe s’adresse aux travailleurs. Installé dans un local peu fonctionnel dans un quartier populaire d’Alger, Bab El Oued, le groupe constitué de jeunes travailleurs et de chômeurs, monta notamment Mohamed prends ta valise, La guerre de 2000 ans, un texte sur l’Histoire de l’Algérie, Palestine trahie, une pièce sur la lutte du peuple palestinien et Le roi de l’Ouest, une présentation du problème sahraoui et de la répression au Maroc. Cette dernière pièce, jouée au Sahara Occidental en 1975, attira plus de 40 000 sahraouis en neuf représentations. Kateb Yacine, l’auteur de toutes ces pièces, parle ainsi de son expérience à l’ACT : « C’est un théâtre politique. Les grands axes du monde sont portés directement sur scène. Notre décor est simple : un porte-manteaux ; c’est tout à fait différent du théâtre bourgeois. Avec peu d’accessoires et de comédiens, nous essayons de montrer ce qui se passe en Algérie et dans le monde. Toucher un point, c’est toucher le tout ».

Les textes de Kateb Yacine, écrits souvent avec la collaboration des membres de l’équipe, ne sont jamais clos, ils sont constamment réaménagés et réactualisés, faisant de la représentation dramatique un acte jamais réellement achevé, ce qui d’ailleurs constituait la force de l’ACT.

La troupe se produisait souvent dans des espaces ouverts : usines, universités, domaines de la Révolution Agraire, etc. Elle a même joué dans un village non électrifié. La représentation n’a eu lieu que grâce à l’éclairage des phares des gendarmes.

Une fois le ministre des Affaires Sociales, M.Mohand Said Mazouzi parti du gouvernement, la troupe qui était subventionnée par son ministère, s’est retrouvée à la rue en 1977. En 1978, Kateb Yacine fut nommé directeur du Théâtre Régional de Sidi Bel Abbès. La troupe y trouva refuge.

4- Centre Régional d’Animation Culturelle (CRAC) de Constantine

Créé en 1969, le CRAC de Constantine est considéré comme l’une des meilleures troupes d’Algérie. Constituée essentiellement d’étudiants, comprenant garçons et filles, la troupe, extrêmement ouverte, se spécialisait surtout dans l’animation de la ville. Elle était aidée par des universitaires et des intellectuels de la ville de Constantine. Elle a participé au premier festival national du théâtre d’Alger en 1971 après avoir sérieusement séduit les spectateurs à la quatrième édition du festival de Mostaganem, en proposant une mise en scène de La poudre d’intelligence de Kateb Yacine, considérée comme la meilleure la meilleure réalisation scénique de cette pièce depuis l’indépendance. La troupe disparut deux années après.

5- Groupe d’Action Culturelle (GAC) de Constantine

Né des cendres de la troupe Echabab el Fenni el Qasentini (La jeunesse artistique de Constantine) en 1969, le GAC, animé par Abdellah Hamlaoui, est le groupe d’amateurs qui a réussi à durer le plus longtemps. Il existe jusqu’à présent. La composante humaine change constamment, mais la troupe reste toujours active. C’est en quelque sorte une école de formation dramatique. Elle a participé à plus d’une quinzaine d’éditions du festival de Mostaganem et a permis à de nouvelles troupes de voir le jour à Constantine. Son répertoire est extrêmement riche. En 1970, l’équipe réalise Infijar (Explosion). En 1971, elle adapte, après avoir réalisé un montage poétique, Brise les chaînes, un texte de Pierre Halet sur l’émigration, La double émigration de Bob Cardoso qui devient Le figuier et l’Ane-Chèvre. Le GAC, régulier et constant, monte une pièce par an : Engrenage (1972), un texte sur les problèmes de la jeunesse, La bonne marche, une pièce sur la révolution agraire et la vie des paysans algériens, Il n’ y a pas que cela (1974) sur la bureaucratie, Galou F’hamna (Nous avons compris, disent-ils, 1975),sur l’émancipation féminine, El Moudja (La vague, 1976), une fresque retraçant l’histoire du mouvement ouvrier, La rose au poing (1977) sur l’exploitation et les luttes ouvrières, Arrache la bride, sur la question de la dépendance économique, El Kelma (1979), un montage poétique, en 1980, Enzel Nerkeb (Descends que je monte), une satire du pouvoir.

D’autres pièces ont été également réalisées par cette troupe qui rencontre constamment et depuis sa création les mêmes difficultés : absence d’un local, instabilité, problème de diffusion, surtout ces dernières années. Le GAC travaille également en direction des enfants. Des textes pour enfants ont été mis en scène par l’équipe.

C’est l’une des rares troupes d’amateurs qui maîtrise relativement les questions techniques. Les pièces sont écrites et montées collectivement. Son animateur, Abdellah Hamlaoui, a participé à plusieurs stages de recyclage et de formation.

6- Le Prolet Kult de Saida

La troupe de Saida est considérée comme l’une des troupes-phares du théâtre d’amateurs des années soixante-dix. Déjà, le nom de la troupe nous donne une certaine idée sur les options idéologiques et esthétiques du groupe qui revendique, en quelque sorte, la défense du socialisme. C’est un théâtre d’agitation et de propagande qui reprend les idées-clé du Prolet-Kult russe des années vingt. Le discours politique de la troupe est explicite : expliquer ce qu’ils appellent les « tâches d’édification nationale » (Révolution Agraire, Gestion Socialiste des Entreprises, médecine gratuite). D’ailleurs, les thèmes des pièces produites par le Prolet-Kult reprennent en charge les actions politiques officielles. C’est un théâtre de prise de position et de parti.

Née en 1969, la troupe animée par un fonctionnaire départemental, M.Mokhtar Athmani, a réalisé plusieurs pièces :

1969 : Men Tar Yenzel (Qui s’envole redescend) sur les problèmes de la terre.

1971 : Khaliha Tcouli (Laisse-la couler).

1972 : El Guelta (La mare).

1973 : El Maqsoud (L’objectif) sur le mouvement ouvrier.

1974 : Les corbeaux.

1975 : Ediouba (Les chacals) sur l’opportunisme des uns et la lutte des opprimés.

1975 : Le sacrifice d’un peuple.

1976 : Rab Es’heb (Le seigneur de la steppe).

Cette pièce traite de la révolution agraire. Elle met en scène des éleveurs et les conflits opposant les petits paysans et les bergers aux gros éleveurs. Finalement, la révolution agraire vient mettre un terme à l’exploitation.

1977 : Ras Essensla (Tête de file).

Une adaptation d’un texte de Peter Weiss, Le chant du fantoche Lusitanien. L’adaptation de cette pièce par le Prolet-Kult, manquant de force par rapport au texte originel qui traite du colonialisme portugais en Afrique (théâtre-document). L’équipe de Saida a élargi le champ d’investigation en proposant une approche de l’impérialisme et sa présence dans le Tiers-Monde en usant souvent de clichés et de stéréotypes.

1978 : El Ougda (Le nœud).

Elle traite des luttes ouvrières et de la « gestion socialiste des entreprises ».

1979 : Rih Ettaqadoum (Le vent du progrès).

Cette pièce Aborde également la révolution agraire à travers un conflit opposant les paysans au responsable d’un domaine agricole, un « réactionnaire » lié aux notables du village qui saboteraient la « révolution agraire ».

1980 : Kebch el Babor (Le bélier du bateau).

Le Prolet-Kult qui a permis la naissance de quelques troupes à Saida finit par disparaître quelques années après.

7- L’Atelier du Théâtre d’Oran

Créé en 1969, composé essentiellement d’éducateurs, l’Atelier, avant de se lancer dans la production de pièces, organisait des stages de jeu dramatique et de mise en scène. Pendant quatre mois, l’équipe se familiarisait avec l’expression corporelle et vocale. En 1970, l’Atelier du Théâtre d’Oran, présenta Le rêve du marchand de fleurs, un texte écrit par son animateur, Bakhti et joué en français. Quelque temps après, le groupe réalisa une pièce sur l’émigration intitulée, L’Algérien en Europe. En 1971, L’Atelier monta sa pièce-phare, Erguettou Gaa (Vous vous êtes tous endormis) qui obtint le premier prix du festival de la jeunesse de 1971. Erguettou Gaa raconte l’histoire d’un groupe d’adolescents livrés à la rue. Une pièce sur le problème de la jeunesse. Cette troupe qui connut de sérieux problèmes internes se saborda par la suite.

8- Troupe Mohamed Touri de Blida

Née en 1968, la troupe Mohamed Touri (du nom d’un homme de théâtre algérien) a disparu ces dernières années (on n’entend plus parler de ce groupe), après avoir mis en scène une dizaine de pièces et permis de mieux faire connaître Mohamed Touri (une salle du nom de cet artiste existe toujours à Blida). Déjà, en 1969, elle séduisit énormément de monde, avec sa première production, L’éveil (El Yaqadha), troisième prix du festival du Ministère de la Jeunesse et des Sports. Elle obtint le premier prix du festival de Mostaganem avec El Gheddar el Meghdour (Le trompeur trompé) en 1970. En 1971, elle réalisa Kayani, ila mata (Mon identité, jusqu’à quand ?), une fresque sur les luttes de libération dans le Tiers-Monde.

Elle monta entre autres pièces, Diwan el Garagouz en 1979, une sorte de conte tiré des Mille et Une Nuits et en 1981, Benaatouche, pièce tirée des Maqamat (Séances) de Badi’ Ezzamane El Hamadhani, d’anecdotes d’El Jahiz et d’extraits des Mille et Une Nuits.

La troupe ne donne plus signe de vie depuis quelques années.

9- Les Compagnons d’Oran

Considérée comme l’une des meilleures troupes d’Oran, cette formation composée essentiellement d’étudiants, de lycéens et de travailleurs, a vu le jour en septembre 1969. Initialement pris en charge par le Foyer d’Animation de la Jeunesse (FAJ) d’Oran, ce groupe a surtout, durant ses débuts, cherché à monter des pièces algériennes. Sa première expérience en 1970, avec la réalisation d’un texte de Kaddour M’hamsadji, fut un retentissant échec, ce qui découragea quelque peu l’équipe. Après une rupture de quelques mois consécutive à cette malheureuse aventure, la troupe, après un sérieux travail collectif de documentation, a monté une pièce sur la délinquance juvénile, qui a remporté un succès d’estime au festival national du théâtre d’Alger et à Mostaganem en 1971. Qui ? Que ? Pourquoi ?, tel est le titre de la pièce, est une tentative d’explication du phénomène de la délinquance juvénile liée à l’émigration, au conflit des générations et à l’exode rural. En 1972, la troupe s’engage totalement dans le traitement de sujets tirés de la réalité politique de l’époque. Ouahd Ennou Sabbet (Il a plu) aborde la question agraire et la révolution agraire. En 1974, Oum ou Ass diagnostique le milieu ouvrier. En 1976, Ouach Galou traite également de la révolution agraire en orientant essentiellement son discours sur la réalité de la commercialisation des fruits et des légumes et ses multiples trafics.

10- Le Groupe d’Action Théâtrale (GAT)

Cette troupe se présente comme la continuatrice du travail de Théâtre et Culture. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elle a repris la pièce-scandale du TC (Théâtre et Culture), La situation de la femme en Algérie, en changeant le titre et en modifiant certaines actions, ce qui a fait perdre au texte initial sa puissance et sa force de contestation (le titre de la pièce en 1977 est devenu Esselaa, La marchandise).

Né juste après la disparition du TC, c’est à dire en 1971, grâce à de jeunes animateurs venus de Théâtre et Culture, le GAT qui réalisait collectivement ses pièces a choisi comme la plupart des autres troupes le traitement de sujets politiques. C’est ainsi qu’il a mis en scène en 1971 la première pièce sur la « nécessité » de la révolution agraire (La terre à ceux qui la travaillent), après avoir monté un texte sur les luttes du monde ouvrier (une adaptation d’Emballage de André Benedetto). Het Yadek (1974) aborde également la révolution agraire. En 1976, l’équipe a tenté d’analyser les problèmes que connaissent les jeunes (emploi, délinquance, films de violence…). En 1977, c’est Esselaa (La marchandise), une reprise d’un texte du TC, qui traite de la condition féminine à travers trois situations (femme pondeuse, femme prisonnière, femme-marchandise). Essafaya (La passoire), montée en 1979, est une pièce sur la gestion socialiste des entreprises (G.S.E).

11- Le Théâtre Groupe 70

Créée en mars 1970, cette troupe qui n’a pas vécu longtemps se caractérise surtout par la variété des thèmes et se distingue par une relative maîtrise technique. A Mostaganem, en 1970, elle séduit le public avec sa pièce, Le prix de la révolte au marché noir. Elle est classée deuxième meilleur groupe du festival et remporte également le premier prix d’interprétation féminine. Au premier festival touristique de Zeralda, elle laisse une très bonne impression. En 1971, la troupe adapte Jeux de massacre d’Eugène Ionesco qui devient El Mossiba (Le malheur). D’autres productions ont été réalisées par ce groupe : Cherche le titre (1971), Ce n’est pas un jeu. El Mossiba (Le malheur), écrite et réalisée collectivement, tente de montrer les contradictions de la vie citadine.

La troupe disparaît vers la première moitié des années soixante-dix.

12- Le Théâtre de l’Avant-Garde d’Oran

Créée en mars 1969, cette troupe qui a connu de nombreux problèmes matériels et de diffusion, appartenait au départ au Croissant Rouge Algérien (C.R.A). Composée essentiellement de membres de la JFLN (Jeunesse du Front de Libération Nationale, organisation des jeunes du parti unique, le FLN), elle a travaillé dans des conditions extrêmement difficiles. A un certain moment de son histoire, elle répétait dans un bloc opératoire. Elle remporte le deuxième prix au festival de Mostaganem en 1969. En 1970, elle réalise La peste de Bergman. Aidé par la JFLN et l’UGTA (Union Générale des Travailleurs Algériens, organisation syndicale dépendant du FLN)- qui lui obtint une salle de répétition-, le groupe survécut difficilement jusqu’au début des années soixante-dix.

En 1971, le Théâtre de l’Avant-Garde d’Oran a mis en scène une pièce intitulée La répétition du peuple présentée la même année au premier festival national du théâtre d’Alger. La pièce raconte l’histoire d’un peuple et de ses rapports avec ses nouveaux dirigeants, après l’indépendance. C’est la désillusion.

13- Troupe des Travailleurs du Théâtre (Les 3 T)

Equipe dynamique constituée de jeunes étudiants, de lycéens et de travailleurs, les 3T qui a vu le jour en septembre 1974 a connu des hauts et des bas. Son parcours dramatique est singulier. Après avoir traité de problèmes sociaux propres à une cité, sous forme de sketches, l’équipe a été, à l’instar du GAC, gagnée par le virus du « théâtre d’illustration politique » qui, souvent, se limite à l’explication d’actions politiques du pouvoir en place, ce qui réduit considérablement la portée esthétique de ce théâtre. Pratiquement, la troupe produit une pièce par an jusqu’à sa disparition en 1980.

1974 : SOS aux HLM et Si Dahmane fi la Siti (Si Dahmane à la cité).

Deux sketches qui racontent en utilisant le comique des situations, la vie dans les cités populaires (promiscuité, exode rural, hygiène…).

1975 : El Bir (Le puits).

Cette pièce aborde la situation des travailleurs dans les entreprises économiques, à la lumière de la « gestion socialiste des entreprises ».

1976 : Ami Sam El Haouès (Oncle Sam le voyageur).

C’est une pièce sur l’impérialisme américain.

1977 : Rahoum Faqou (Ils ont compris).

Encore une fois, le thème de l’impérialisme américain est abordé. On tente de décrire, comme dans un cours d’économie politique, la place et l’impact de l’impérialisme américain, en prenant comme exemple les pays du Maghreb.

1978 : Ouvre une page.

C’est un texte qui traite du phénomène de l’acculturation tout en insistant sur le rôle de l’enseignement colonial. Certaines formes populaires comme la touiza et Boughandja (jeux) sont réaménagées et réutilisées.

1979 : 2x2=5.

Cette pièce aborde encore une fois la question culturelle en ciblant cette fois-ci les appareils culturels nationaux (école, télévision, cinéma…).

14- El Ichara de Mostaganem

Créé en 1975 par un groupe d’amoureux du théâtre de la ville, avec l’aide active d’hommes de théâtre connus, comme Ould Abderrahmane Kaki et Benmohamed, le groupe mostaganémois a intelligemment évité de tomber dans le piège du théâtre d’explication politique ou de propagande. C’est surtout là que réside son originalité. El Ichara est surtout apprécié pour l’originalité de ses thèmes et la qualité technique de ses spectacles. Cette réalité s’expliquerait par la présence en son sein de véritables professionnels du spectacle : Djamel Bensaber, un des réalisateurs de la troupe est un réalisateur cinéma-TV, Benmohamed est un comédien du théâtre régional d’Oran.

La troupe ne se limite pas uniquement à la mise en scène de pièces, mais se consacre également à la formation (un théâtre pour enfants existe également).

1975 : 10/19.

Une pièce sur l’histoire de l’Algérie de la guerre de libération nationale et son rapport avec le présent.

1976 : Echikh mat (Le vieux est mort).

1977 : L’échelle et le sorcier.

1978 : Le dinosaure.

1979 : Démocratie, un texte sur la démocratie.

1980 : Télévéritas.

C’est un texte qui parle de la culture et de la télévision, en particulier (liberté d’expression, censure, production nationale…)

132 ans de Kaki est une fresque retraçant 132 ans de présence coloniale en Algérie.

1982 : Alif Ma Yenkoutchi (Alif ne prend pas de point).

Une fresque sur l’Histoire de l’Afrique, son combat pour l’indépendance et un aperçu amer sur les durs lendemains des indépendances.

15- La Troupe des Travailleurs d’Alger (TTA)

Née en 1975, cette troupe constituée d’étudiants, de lycéens et de travailleurs, s’apparente, en quelque sorte, à l’expérience de l’Agit-Prop (Agitation et Propagande) et de Piscator. Ses animateurs revendiquent explicitement cette proximité. C’est un théâtre d’agitation et de propagande. Les pièces produites illustrent les thèmes politiques dominants (Révolution agraire, gestion socialiste des entreprises, médecine gratuite) des années soixante-dix. C4est la mise en forme scénique de mesures politiques prises par le pouvoir de Boumédiène.

1975 : Il était une fois (adaptation d’un conte des frères Grimm, Les musiciens de Brême).

1976 : On ne vit qu’une fois (adaptation d’une pièce de B.Brecht, La décision).

Une pièce sur la lutte des travailleurs dans le cadre de la charte de la « gestion socialiste des entreprises ».

1977 : Hakda Yemchi Ettarikh (Ainsi va l’Histoire).

Un texte mettant en scène le parcours historique du mouvement ouvrier.

1979 : Essem fedsem (Le sang dans la graisse).

C’est une pièce qui met en scène des paysans et des ouvriers luttant dans leurs lieux de production respectifs (coopérative de la révolution agraire et unités industrielles) contre des responsables cherchant à mettre un terme aux expériences de la révolution agraire et de la gestion socialiste des entreprises.

La troupe a disparu au début des années quatre-vingt.

16- La troupe des jeunes et Les Quatre Saisons de Sidi Bel Abbès.

La ville de Sidi Bel Abbès a toujours hébergé de nombreuses troupes du théâtre d’amateurs. Il faut attendre les années 80 pour que les groupes d’art dramatique disparaissent de la cité. Les troupes les plus connues ont pour noms : Théâtre des jeunes et Les 4 saisons.

Le théâtre des jeunes, composé essentiellement de collégiens et de lycéens, a produit une dizaine de pièces avant de disparaître. Créée en 1972 par un animateur culturel, Abdelkader Boussaha, la troupe assure l’animation de la ville en présentant des pièces traitant le plus souvent de thèmes sociaux, contrairement aux autres groupes d’amateurs séduits par le théâtre de propagande.

En 1972, l’équipe réalise Le vomissement, une fresque sur l’histoire de la colonisation en Algérie. En 1974 et en 1976, deux pièces sur la délinquance juvénile sont mises en scène (L’os pourri, 1974 et Le crachat, 1976). En 1979, l’équipe monte Les clous, une pièce sur la corruption.

Les Quatre Saisons est considérée comme l’une des troupes-maîtresses de la ville de Sidi Bel Abbès. Née vers la mi-70, elle a produit plusieurs pièces avant de se désintégrer vers le début des années 80, en produisant en 1981, une très belle pièce intitulée Er Rekab (mode d’expression propre aux populations rurales).

17- Le Mouvement Théâtral Ménaili

Le MTM est la troupe la plus connue de la ville de Bordj Menaiel (en Kabylie). Créée en 1976, la troupe animée par Omar Fetmouche qui a écrit de nombreuses pièces pour le théâtre dit professionnel, a surtout abordé des sujets à caractère social : délinquance juvénile, émigration, crise du logement. Ses pièces les plus connues sont : Tahmouna (Ils nous ont accusé, 1976) qui traite de la délinquance et qui dénonce les autorités de la ville et Ala Zigou mergou (Ils ont compris, 1980) à travers le personnage populaire, Djeha, met à nu l’opportunisme et l’arrivisme des responsables. C’est aussi un espace de prise de conscience.

Cette troupe, à l’origine, constituée de jeunes scouts, a permis la naissance d’autres groupes de théâtre d’amateurs dans la ville. On peut citer notamment L’écho de la Révolution et le BTM.

Toutes ces troupes ont disparu vers les années 80.

18- Féminolutte

La seule troupe constituée exclusivement de femmes à Sidi Bel Abbès. Il faut signaler que la ville de Béchar possédait son groupe féminin, Le 8 Mars, créé et disparu en 1978.

Féminolutte est un groupe composé essentiellement d’employés du complexe électronique SONELEC de Bel Abbès. En 1981, la troupe présenta son unique pièce, Entre hier et aujourd’hui, qui tentait de montrer que les choses ont changé et que les femmes refusent le statut d’objets. Cette pièce est en quelque sorte un cri du cœur des travailleuses de la SONELEC, victimes d’attaques incessantes de la part de certains groupes de notables qui acceptent mal la présence de femmes travailleuses.

19- Ithrene

Troupe kabyle créée à la Maison de la Culture de Tizi Ouzou en 1987-1988 et qui joue en kabyle. Elle a monté entre autres textes : La balance truquée (1988), chronique d’un quartier où cohabitent de faux-dévots, des gens véreux et des prolétaires et Les corbeaux blancs (1990), récit d’une fuite en voiture des quatre protagonistes de la pièce après avoir commis un délit.

20- La troupe Mustapha Kateb

La troupe a été créée au centre culturel de la Wilaya (département) d’Alger par Makhlouf Boukrouf, universitaire et actuel directeur général du TNA (Théâtre National Algérien). Cette équipe propose un travail intéressant en arabe littéraire. Elle a réalisé quatre pièces : Statues, Le roi c’est le roi, un texte du syrien Saadallah Wannous, Le pêcheur et le palais de Tahar Ouettar et Rijel Lahoum Rou’ous (Des hommes ayant des têtes) de l’égyptien Mahmoud Diab (1993).

IV- TROUPES PRIVEES

L’Algérie connaît depuis 1988-1989 des changements sérieux. L’Etat encourage l’initiative privée. Des entreprises de presse, d’édition, de cinéma et de théâtre ayant un statut « privé » voient le jour un peu partout, souvent avec l’aide des instances gouvernementales. Le ton est libre. Ces nouvelles structures de production et de diffusion culturelle dirigées par d’anciens employés des entreprises publiques, encore embryonnaires, réussissent tant bien que mal à mettre en lumière les insuffisances criardes et la médiocrité caractérisant les espaces culturels étatiques.

Malgré cette « ouverture », la presse privée, à l’exception de très rares titres, reste encore réfractaire aux questions culturelles. Les quotidiens « Liberté », Le Matin et Le Soir d’Algérie ne consacrent pas de pages culturelles régulières aux événements culturels (aucun journaliste n’est affecté à la rubrique « Culture »). L’hebdomadaire, L’hebdo libéré n’en parle pas du tout. Le même schéma se retrouve dans la presse en langue arabe, souvent occupée par des querelles d’ordre linguistique. Les organes d’information étatiques prennent souvent en charge le domaine culturel, méprisé par la presse dite indépendante (un sondage informel nous a permis de savoir que sur une dizaine de responsables interrogés par nos soins, seuls deux d’entre eux ont lu plus d’un livre depuis plus d’une année. Aucun d’entre eux n’est allé depuis plus d’une année au théâtre). Algérie-Actualité consacrait plus d’une dizaine de pages (sur 32) à l’actualité culturelle. Un espace régulier était réservé au théâtre.

Le cinéma et l’édition arrivent aléatoirement à produire des œuvres de qualité dans un environnement relativement hostile. C’est vrai que l’expérience privée dans ces deux secteurs avait commencé bien avant 1988.

Le théâtre, malgré quelques aventures de Hassan El Hassani et de Slimane Benaissa tentées bien avant 1988, n’a réellement découvert l’initiative privée qu’avec les expériences récentes de Masrah El Qalaa (Théâtre de la Citadelle), Lamalif de Bel Abbès, Nouveau théâtre de Annaba et les coopératives d’Oran et de Bordj Menail. Les animateurs de ces troupes sont considérés par la presse comme les meilleurs éléments du théâtre en Algérie.

Estimant que les théâtres d’Etat, médiocres et peu novateurs, sont condamnés à une mort lente, ces anciens comédiens et metteurs en scène des entreprises publiques, ont choisi de constituer leurs propres troupes.

A côté de ces troupes, travaillent également d’anciens comédiens comme Azzedine Medjoubi, un ancien comédien et metteur en scène de Théâtre et Culture et du TNA (Théâtre National Algérien) et Mohamed Tayeb Dehimi, ex-sociétaire du Théâtre Régional de Constantine (TRC), qui exercent leur métier de metteurs en scène en « indépendants ».

Nous présenterons, à titre informatif, neuf (9) troupes que nous considérons comme les plus représentatives du théâtre « privé ».

 

1-Troupe du Théâtre Populaire (TTP)

 

Dirigée par Hassan El Hassani, dramaturge, comédien et acteur de cinéma, connu sous le sobriquet de Boubagra. Créée en 1967, cette troupe qui a pu vivre plus d’une dizaine d’années (elle est dissoute juste après l’élection de son animateur à l’Assemblée Nationale), comprenait des comédiens extrêmement connus aujourd’hui en Algérie : Mustapha El Anka, Warda Amel, Mustapha Nedjar, Doudja, Mahboub Stambouli…la troupe a surtout monté des pièces comiques. Les plus connues sont sans doute : Tu goules ou tu goules pas (Tu parles ou tu ne parles pas) et une adaptation du Bourgeois gentilhomme de Molière.

 

2- Slimane Benaissa

 

Cet auteur-metteur en scène-comédien est cas à part. La troupe se constitue et se reconstitue en fonction des textes produits par lui. On ne peut pas parler de troupe, au sens conventionnel du terme, dans la mesure où le seul élément stable de la structure, c’est l’auteur lui-même qui fait appel à d’autres comédiens pour incarner les personnages de ses pièces. Cette « troupe » existe depuis le début des années 80. L’auteur parle ainsi de la situation de son équipe :

 

« Nous ne sommes pas une entreprise privée, dans la mesure où nous

n’avons ni statut, ni registre de commerce. Nous ne sommes pas une

association artistique régie par la loi 1901 ; nous sommes des

citoyens qui aimons le théâtre par dessus tout. Nous le pratiquons

avec les moyens dont nous disposons. Les structures d’Etat telles qu’

elles fonctionnent ne permettent pas une recherche dans les formes,

telles que nous le voulions au départ. C’est la raison essentielle qui

a fait que, petit à petit, nous nous sommes retrouvés, en dehors des

structures étatiques. »

 

La « troupe » de Slimane Benaissa a joué jusqu’en 1992 trois pièces : Boualem Zid El Goudem (Boualem, vas de l’avant), Babor Eghraq (Le bateau coule) et Anta Khouya wana Chkoun (Tu es mon frère et moi qui suis-je ?). Plus de 1000 représentations.

 

3- Masrah El Qalaa (Le Théâtre de la Citadelle)

 

Créé en 1989 par un groupe de comédiens et de metteurs en scène du Théâtre National Algérien (TNA), ce groupe a monté de 1989 à 1993 six pièces : El Ayta (Le cri), une satire sociale (1989), Fatma (1990), une sorte de chronique d’une femme ordinaire, Hafila Tassir (une adaptation du Voleur d’autobus de l’écrivain égyptien, Ihsan Abdelqoudous, 1990), Le dernier des prisonniers de M’hamed Benguettaf, qui raconte le quotidien d’un prisonnier « politique » condamné pour un délit bizarre : « sifflement contre-révolutionnaire », Baya (1992) de Aziz Chouaki, l’histoire d’une femme hantée par un passé qu’elle glorifie tout au long du récit et L’amour et après 1993) de Mohamed Farah dit Errazi, ou l’histoire d’un couple qui se déchire malgré l’amour que l’un porte pour l’autre.

Projet : la réalisation de la pièce de Mohamed Dib, Mille hourras pour une gueuse(1993). Plus de 300 représentations. Cette troupe traduit ses pièces en français, une opération extrêmement critiquée par de nombreux hommes de théâtre et d’intellectuels algériens qui considèrent que cette manière de faire réduit le langage théâtral à l’expression linguistique.

 

4- Le Nouveau Théâtre

 

Composé de deux comédiens du Théâtre Régional de Annaba (TRA) en 1988-89, ce groupe a monté trois pièces : TV Blof, une critique acerbe de la télévision, Clando-Bazar, un texte exposant la mal-vie de la jeunesse, Apollo couscous, une satire politique parodiant la situation politique en Algérie. Café-théâtre. La pièce Clando-Bazar a été jouée en français dans les centres culturels français (CCF) d’Algérie.

 

5- Lamalif

 

Créé en 1992 par deux comédiens du Théâtre Régional de Sidi Bel Abbès, Ahcène et Fadéla Assous, ce groupe a monté un monologue interprété par Fadéla Assous, El Besma El Mejrouha (Le sourire blessé, 1992), une pièce traitant surtout de la condition féminine.

 

6- Mohamed Fellag

 

Ancien comédien du Théâtre Régional de Annaba et du TNA, il choisit de travailleur seul. Il a joué des monologues qui ont séduit différents publics en Algérie et à l’étranger. Théâtre satirique utilisant le masque, la pantomime, le jeu de mots et le quiproquo, Babor Australia raconte la mal-vie des algériens avec un humour caustique, Cocktail Khorotov et Sinni, une pièce jouée en kabyle. La « troupe » ne porte pas de nom. Le nom de Fellag se suffit à lui-même.

 

7- Coopérative théâtrale de Bordj Menail

 

Animée par Omar Fetmouche, auteur dramatique et responsable de la troupe d’amateurs, Mouvement du Théâtre Ménaili. C’est cette dernière troupe qui s’est transformée en coopérative à caractère « privé ». La pièce la plus aboutie s’intitule D’mik Ya Ouled l’Afrique (Les enfants de l’Afrique), histoire d’un adultère dans un village paisible.

 

8- Coopérative du 1er Mai

 

Créée en 1990 à Oran par Abdelkader Alloula, pour servir en quelque sorte d’unité-pilote d’une opération d’ensemble, consistant à constituer dans les théâtres d’Etat des unités autonomes. Est constituée de comédiens du Théâtre Régional d’Oran (TRO). A monté Lejouad (Les généreux).

 

9- Compagnie théâtrale Clin d’Oeil

 

Créée en 1989 par un comédien du Théâtre Régional d’Oran, Said Benyoucef, cette troupe a mis en scène en 1990 Dinosaure de Mohamed Bakhti, en 1991-92 Le dernier train de Chien Van Hou Wening et Clair-Obscur en 1993.

V- PIECES EDITEES

Le nombre de pièces éditées est extrêmement limité. Le choix de l’Arabe populaire comme moyen d’expression de la représentation théâtrale a empêché l’éclosion d’un théâtre « écrit ». Trop peu de textes édités ont été mis en scène par les hommes de théâtre algériens. Cette situation s’expliquerait par la pauvreté dramaturgique de nombreuses pièces écrites en français et surtout en arabe « littéraire ».

La méconnaissance des techniques dramatiques et la confusion littérature/théâtre n’ont pas permis aux auteurs la confection de pièces pouvant être jouées sur scène. L’ « impossibilité » technique de mettre ces textes sur scène a fini par marginaliser leurs auteurs, trop attachés aux fantaisies linguistiques et à l’élégance verbale. Nous ne citerons ici que les textes publiés sous forme d’ouvrage.

PIECES EN ARABE « LITTERAIRE »

1-Mohamed El Id Al Khalifa, Bilal Ben Rabah, Imprimerie Arabe, Alger, 1947(?).

Texte poétique, sous forme dialogique, racontant l’histoire de Bilal, un compagnon du prophète. Ce type de théâtre, non « jouable », était surtout encouragé par l’Association des Oulama. Cette pièce ne fut montée que pendant un très courte période.

2- Tewfik El Madani, Hannibal, El Matba’a El Arabiya (Imprimerie Arabe), 1950.

C’est l’histoire de Hannibal, le héros de la résistance des Carhaginois contre Rome qui voulait occuper Carthage par la force, deux siècles avant J.C. Cette pièce a été jouée.

3- Rédha Houhou, Sahibat El Wah’y (La prophétesse), Imprimerie Algérienne), Constantine, 1954.

Khalil, un écrivain, ne réussit pas à subvenir à ses besoins en vendant ses écrits. Il fait publier une annonce dans la presse appelant les lecteurs à venir le voir pour apprendre dans un temps très court les secrets de l’écriture. C’est la grande ruée…

4- Abdelhamid Benhadouga, Kariyat as Safsaf (Le village du saule pleureur), publiée à la fin de son recueil Zilaloun Za’rouriya (Nouvelles, Beyrouth ( ?).

Chronique d’un village vivant de sales temps.

5- Tahar Ouettar, El Hareb (Le fugitif), SNED, Alger, 1969.

Texte écrit en 1961 à Tunis. Chaque tableau présente une situation précise. Un prisonnier, Ismail, refuse de sortir de prison, après avoir purgé une peine de vingt années. Tewfik milite pour ses idées socialistes. En fin de parcours, la révolution socialiste représentée par Tewfik triomphe. Nous avons affaire à un schématisme et à un manichéisme affligeants : les « bons » représentés par Tewfik et les « méchants » sont incarnés par les « porteurs » de la morale bourgeoise, le directeur de la prison et sa fille, son ami et Ismail.

6-Abderrahmane Madoui, Youghourta, SNED, Alger, 1971.

C’est l’histoire d’un personnage historique, Youghourta, qui a résisté durant une période relativement longue aux appétits de Rome avant de rendre ses armes. Ce personnage a emprunté le même itinéraire que Hannibal ou l’Emir Abdelkader. D’ailleurs, on constate la présence de nombreuses similitudes avec la pièce de Tewfik El Madani, Hannibal. Si l’aristocratie l’ avait trahi, le peuples, par contre, l’ avait sérieusement soutenu. La longueur de la pièce, la multiplicité des événements et l’absence d’une ligne directrice (fil d’Ariane) ont considérablement appauvri le texte sur le plan dramaturgique.

7- Abdellah Rekibi, La tragédie des tyrans, Tunis, 1959.

C’est le récit d’un amour particulier, symbolisant l’Algérie en révolution. Les personnages poursuivent une double quête : leur propre libération et celle de leur pays encore occupé.

8- Aboulaid Doudou, Ettourab (La terre), SNED, Alger, 1968.

Un jeune homme aime éperdument Fadila qui, malheureusement, préfère un autre homme. Said rejoint le maquis pour se venger contre celui qui lui a ravi sa bien-aimée, combattante de l’ALN. Ils meurent tous les deux en militants de la cause nationale. Les dialogues sont souvent artificiels, peu convaincants, trop « littéraires », ce qui provoque la présence de nombreux anachronismes.

9- Khalifa Djouneidi, Fi Intidhar Novembre Djedid (Dans l’attente d’un nouveau novembre), Dar El Baath, Constantine.

Le texte traite de nombreux problèmes sociaux et culturels qui traversent la société algérienne : bureaucratie, opportunisme de certains responsables, problèmes des intellectuels. Historiquement située et datée, cette pièce, en abordant de nombreux thèmes, altère la communication et disperse son propos.

10- Mohamed Ouadah, Bir El Kahina (Le puits de la Kahina), SNED, 1973.

Raconte la résistance d’une des héroïnes nationales algériennes, la Kahina.

11- Mohamed Ouadah, El Bab El Meftouf (La porte ouverte), SNED ? Alger, 1976.

C’est l’histoire de Hind qui nourrissait une terrible haine pour le prophète à tel point qu’elle avait fini par manger le foie de Hamza, l’oncle du Prophète. Une fois son acte accompli, elle vécut une crise extraordinaire qui la conduisit à l’adoption de l’Islam. 

12- Aboulaid Doudou, El Bachir, SNED, Alger, 1981.

Bachir, un jeune “lettré » de vingt ans se fait passer pour un malade mental, possédé par les Djins. On fait appel à un taleb (une sorte de « médecin » traditionnel) qui ne réussit pas à le délivrer de son « mal ». A la fin de la pièce, sa famille apprendra que son fils simule la folie.

12- Ahmed Boudchicha, L’ascension vers le toit, Dar El Baath, Constantine, 1984.

Un recueil de cinq pièces traitant de questions sociales.

13- Mohamed Mortadh, El Intihazia (L’opportunisme), SNED, Alger, 1986.

La pièce expose les causes qui ont permis à certains responsables d’utiliser leurs postes au niveau du pouvoir à des fins personnelles. L’issue : les responsables sont sanctionnés. Discours moralisateur. Emploi de dictons populaires.

14- Ahmed Sefta, Malini, ENAL, Alger, 1983.

Histoire tragique de la conversion à l’Islam de la princesse indienne, Malini au début du septième siècle.

15- Abderrahmane El Djillali, El Mawlid (La naissance), SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir tableau des pièces produites entre 1912 et 1962.

16- Mohamed Salah Ramdane, Ennachi’a el Mouhajira (La Genèse), SNED.

Pièce religieuse.

17- Mohamed Salah Ramdane, El Khansa, SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir tableau des pièces produites de 1912 à 1962.

18- TRC (Théâtre Régional de Constantine), Nass El Houma, création collective, SNED, Alger.

Pièce déjà présentée, voir production TRC.

Pièces pour enfants

  1. Ahmed Boudchicha, Décès du mort-vivant, SNED, Alger.

  2. Ahmed Boudchicha, Le cartable de Nadjib, SNED, Alger.

  3. Ahmed Boudchicha, Le planton (5 pièces courtes), SNED, Alger.

  4. Mohamed Lakhdar Essaihi, Le poète noir, SNED, Alger.

  5. Messaoud Mouasseh, Le cadeau de la terre, SNED, Alger.

  6. Djelloul Ahmed El Badawi, Les souliers, SNED, Alger.

PIECES EN FRANÇAIS

1957

1-Djelloul Ahmed, Al Kahena, Debresse, 1957, tragédie en quatre actes.

Le récit de la résistance de la Kahena. Ce personnage se retrouve dans plusieurs pièces algériennes.

1958

2- Henri Kréa, Le séisme, Paris, P.J.Oswald, 1958.

Une tragédie en trois tableaux donnant à voir la réalité historique de l’Algérie avant et pendant la colonisation. Le séisme, c’est le déclenchement de la lutte de libération nationale. L’éclatement du temps correspond au discours explicite de l’auteur : changer radicalement les choses en opérant une véritable révolution.

1959

3- Kaddour M’hamsadji, La dévoilée, Rodez, Subervie, 1959. Préface d’Emmanuel Roblès.

A travers le personnage central de la pièce, une femme ouverte et sans complexe, l’auteur traite de l’émancipation féminine en dénonçant certaines traditions.

4-Kateb Yacine, Le cercle des représailles, Paris, Le Seuil, 1959.

Deux tragédies (Le cadavre encerclé et Les ancêtres redoublent de férocité) et une comédie satirique ( La poudre d’intelligence).

Le cadavre encerclé : jouée au TNA (voir production du TNA).

Les ancêtres redoublent de férocité : c’est la suite du Cadavre encerclé. Mustapha et Lakhdar s’évadent de prison et rejoignent le Ravin de la Femme sauvage. Celle-ci n’est autre que Nedjma que Mustapha et Lakhdar pousuivent dans le désert. C’est un hymne à la révolution, souvent pris en charge par le chœur qui, en quelque sorte, actualise le récit en « convoquant » les événements historiques.

La poudre d’intelligence : Nuage de fumée, philosophe rusé, intelligent et érudit dans ses bons moments, tourne en dérision tous les pouvoirs. Kateb réactualise les contes de Djeha en leur insufflant un nouveau contenu.

1960

5- Hocine Bouzaher, Des voix dans la Casbah, Paris, Maspéro, Réédité par l’ENAL, Alger, 1986.

Deux pièces (On ne capture pas le soleil et Serkaji), une introduction et des poèmes composent cet ouvrage.

-On ne capture pas le soleil est l’histoire d’un massacre collectif dans un village, organisé par l’armée coloniale, suite à un attentat de l’Armée de Libération Nationale (ALN) contre les soldats français. Théâtre-document. Les faits présentés sont historiquement et « temporellement » situés. L’action se déroule en 1957. Les personnages représentent les différentes couches sociales : commerçant, chauffeur, employé des PTT…Approche manichéenne des choses.

-Serkaji (le nom d’une prison à Alger) raconte la vie dans cette prison durant l’époque coloniale. Exactions, exécutions sommaires, récits de prisonniers bravant la mort… constituent les éléments-clé du récit.

1962

7- Henri Kréa, Théâtre algérien, Tunis, SNED, P.J.Oswald, 1962.

Un ensemble de deux pièces : Le séisme (déjà présenté) et une farce (Au bord de la rivière). Préface de Michel Habart.

-Au bord de la rivière met en situation cinq personnages particuliers dont quatre sont des « marginaux ». Le vieux ne se sépare jamais de sa bouteille de vin, Conchita, une jeune gitane, rêve d’être une actrice, la « jeunesse » veut trouver un travail honnête, le Bachagha, expulsé du conseil municipal parce qu’il lit le journal à l’envers, soumis, sans dignité, vit mal sa déchéance. Le propriétaire tente de les exploiter. Point commun : la misère.

8- Mohamed Boudia, Naissances, Lausanne, La Cité, 1962.

Deux pièces composent cet ouvrage : Naissances et L’olivier.

  • Naissances raconte l’histoire d’une famille algérienne de la Casbah durant la guerre de libération. Tout se passe dans une maison.

  • L’olivier : quatre personnages (Aïssa, Si Kaddour, Zineb et le combattant) se retrouvent seuls dans un village complètement détruit par l’armée coloniale. Il ne reste qu’un olivier que Si Kaddour protège.

1966

9- Robert Belghanem, Charge creuse, La Cité, 1966 : Les autres, Le cri sourd.

1969

10- Assia Djebar et Walid Carn, Rouge l’Aube, Alger, SNED, 1969.

Pièce jouée par le TNA ( voir productions du TNA).

11- Robert Belghanem, Gilles de Rais, Basse, Yutz, J.Vodaine, 1969.

1970

12- Kateb Yacine, L’homme aux sandales de caoutchouc, Le Seuil, Paris, 1970.

Pièce présentée par le TNA( voir productions du TNA).

13- Nourredine Aba, Montjoie Palestine, Honfleur, P.J.Oswald, Paris, 1970.

Poème dramatique. Préface de Jacques Daumal, avec un témoignage de Jean Luc Combaluzier.

C’est l’histoire de la Palestine et des horreurs israéliennes racontées sous une forme poétique.

14- Robert Belghanem, Spartacus, Caractères, Paris, 1970.

1972

15- Boudjema Bouhada, La terre battue, Honfleur, P.J.Oswald, 1972. Création du Théâtre de la Tempête de Jean Marie Serreau.

1973

16- Mouloud Mammeri, Le Banquet, précédé d’un dossier, La mort absurde des Aztèques, Paris, Librairie académique Perrin, 1973.

Pièce en trois actes, Le banquet, raconte la tragédie aztèque après la conquête du Mexique par Cortez et l’anéantissement de la culture aztèque au sixième siècle. C’est l’histoire d’un génocide. Mammeri fait éclater les éléments spatio-temporels et recourt à des anachronismes historiques rendant la tragédie actuelle et universelle.

17- Laadi Flici, Les mercenaires, SNED, Alger, 1973.

C’est une sorte d’hymne à la révolution. Plusieurs événements historiques (mort de Lumumba, lutte du peuple vietnamien, assassinat de Martin Luther King, Apartheid, lutte de libération de l’Algérie…) marquent le discours. Tous ces faits sont imbriqués les uns dans les autres et adhèrent au propos directeur : nécessité de la lutte.

18- Djamal Amrani, Il n’y a pas de hasard, Alger, SNED, 1973.

Pièce sur la guerre de libération.

19- Mustapha Haciane, A quoi bon fixer le soleil, SNED, Alger, 1974.

Un riche industriel tente de sympathiser avec ses employés qu’il a continuellement exploités. Le dialogue est impossible. Tous les moyens d’approche sont teintés de suspicion.

20- Robert Belghanem, El Gabal ou la nuit de l’erreur, P.J.Oswald, Paris, 1974.

21- Ismail Benmesbah, Le trompeur trompé, La pensée universelle, Paris, 1974.

1976

22- Ahmed Azegagh, La république des ombres, Paris, Quatre vents, 1976.

Une critique acerbe du pouvoir. A travers le personnage du Vietnamien, un intellectuel « révolutionnaire », c’est l’appel à une prise de conscience des gens et une sévère dénonciation du pouvoir. Une fois arrêtés ou disparus (sa femme et lui), c’est un groupe de jeunes survoltés, séduits par la combativité du « Vietnamien » qui poursuit la lutte.

1978

23- Mustapha Haciane, Les orphelins de l’Empereur, SNED, Alger, 1978.

Cinq «pensionnaires » n’arrêtent pas de souffrir dans une prison, jusqu’au jour où ils réussiront à en finir avec l’Empereur, un véritable tyran qui maltraite tous ses opposants. Et c’est un des pensionnaires qui prend sa place à la tête du trône.

24- Laadi Flici, La cour des miracles, (à la suite des nouvelles dans La houle), SNED, Alger, 1978.

Une famille de truands et de laissés pour compte peuplent l’univers de cette pièce, en sept « trajectoires » (tableaux). Proxénètes, prostituées, joueurs de cartes…constituent les personnages essentiels du récit.

1979

25- Nourredine Aba, L’aube à Jérusalem, SNED, Alger, 1979.

Action dramatique en huit séquences, L’aube à Jérusalem, raconte sous une forme poétique la tragédie palestinienne tout en interrogeant l’histoire d’un peuple chassé de sa terre par l’occupant israélien.

1980

26- Mohamed Dib, Mille hourras pour une gueuse, Le Seuil, Paris, 1980.

Pièce jouée en 1977 au festival d’Avignon, au théâtre ouvert (mise en espace sans décor ni costumes), tirée du roman, La danse du roi, Mille hourras pour une gueuse raconte la vie misérable de jeunes protagonistes, jouant chaque soir une comédie particulière. Arfia qui fait penser aux conteurs maghrébins, mène le jeu en recréant des épisodes de la guerre de libération et en dénonçant les arrivistes et les opportunistes, aujourd’hui au pouvoir. Deux périodes semblent se confondre : avant et après l’indépendance. La structure de la pièce, rompant avec le schéma traditionnel, ressemble à la structure du montage alternatif au cinéma.

En toile de fond historique, la guerre de libération, Arfia est l’espace médiateur de deux temps et de deux espaces. Tous les personnages qui tournent autour d’elle recréent leur passé, inventent oniriquement leur avenir. On peut parler ici de « grotesque carnavalesque ». La couronne de pacotille de Wassem entre en contradiction avec son discours dérisoire.

27- Nourredine Aba, La recréation des clowns, Galilée, Paris, 1980.

Pièce en quatre tableaux, La recréation des clowns raconte la torture pendant la guerre de libération. Trois parachutistes montent un spectacle dans lequel ils interprètent le rôle de clowns. Un de leurs camarades leur apporte un algérien qu’il soupçonne d’avoir déposé une bombe dans un lieu public. Scènes de tortures. L’Algérien ne dit rien. Mais les costumes de clowns jouent de mauvais tours aux tortionnaires qui se remémorent les souvenirs d’enfance, atténuant ainsi leur cruauté. Dans cette pièce, les indications scéniques, très nombreuses, fournissent des informations précises sur les caractéristiques physiques, les déplacements et le jeu des personnages. L’auteur signale dès l’entrée que c’est un texte qui se joue sans décor. Les noms des personnages rappellent ceux de la pièce de Beckett, En attendant Godot. Comique et jeux de mots donnent à la pièce une dimension tragi-comique. De nombreux liens entre la torture en Algérie et les actes nazis sont mis en lumière. Le jeu sur les noms suggère l’absurdité du cynisme et des atrocités des tortionnaires. Quand le lieutenant nazi se transforme, pour les besoins du jeu en clown (Sosso), il devient inoffensif.

28- Nourredine Aba, Montjoie Palestine, texte bilingue français-anglais, L’Harmattan, Paris, 1980.

29- Mohamed Benblal, Djafar le barmécide, La Pensée Universelle, Paris, 1980.

 

981

30- Nourredine Aba, Tell El Zaatar s’est tu à la tombée du soir, L’Harmattan, Paris, 1981.

Encore une fois, Nourredine Aba raconte la tragédie palestinienne. Tout s’articule, ici, autour de quatre personnages centraux, le conteur, Fedoua, Marwan et Samira, qui font revivre des épisodes entiers de l’histoire de la Palestine. Un vieux conteur algérien, après le massacre de Tell El Zaatar, remémore, à travers Fedoua, un personnage mythique, les amours de Samira et de Marwan qui se confondent avec l’histoire tragique du peuple palestinien.

De très nombreux personnages peuplent le récit. Rêve et réalité s’entremêlent. Diverses formes sont employées : cinéma, radio, ballet, mime…On peut parler ici de « théâtre total ».

1982

31- Mouloud Mammeri, Le foehn ou la preuve par neuf, Publisud, Paris, 1982.

Pièce déjà jouée par le T.N.A (voir productions du TNA).

32- Nourredine Aba, Le dernier jour d’un nazi, Stock, Paris, 1982.

L’action se passe en Allemagne, un jour d’avril 1945. Le troisième Reich agonise. Herr Ohmendorff, un officier supérieur nazi ne veut pâs entendre les bruits de la chute de l’empire nazi. Toute sa famille sait que Hitler vit ses derniers jours. Sa femme, bonne chrétienne, n’approuve pas les horreurs nazies. Son fils, Hans, aide un prisonnier, résistant français, à prendre la fuite de la prison. A la fin de la pièce, Herr Ohmendorff n’admettant pas la défaite, se donne la mort.

1983

33- Nourredine Aba, L’annonce faite à Marco ou à l’aube sans couronne, L’Harmattan, Paris.

1984

34- Abdelkader Azza, Le pacte de sang, ENAL, Alger, 1984.

Reconstitution d’extraits de textes historiques. La guerre de libération.

35- Le théâtre beur, Préface de Chérif et Ahcène Zahraoui, Arcantère, Paris, 1984. Théâtre de l’Etang de beurre : Binet el Youm ; Théâtre des Flamands : Yaoulidi ; Théâtre de la ZUP de Valence : Les enfants de Aïcha.

36- Ahmed Boudchicha, Décès du mort-vivant, ENAL, Alger, 1984.

Pièce pour enfants.

1985

37- R.Belghanem, Le royaume du diable, Eyrein Garry, Compagnie du hasard, 1985.

1986

38- Boudjema Bouhada, Le fabuleux automne, Répliques et Asso Bouffonneries, Contrastes, 1986.

1988

39- Abdelkrim Boukhanoufa, Youghourta, La Pensée Universelle, Paris, 1988.

40- Hocine Bouzaher, L’honneur réconcilié, ENAL, Alger, 1988.

Ensemble de quatre pièces (L’honneur réconcilié ; La voix ; Le silence et le sang ; 7, Rue Hannibal ; De minuit à l’aube).

-L’honneur réconcilié raconte l’histoire d’une famille durant la guerre de libération. Tous ses membres pensaient qu’un de leurs procjhes, Said, collaborait avec l’armée française et souillait ainsi l’honneur de la famille. Il est tué par les siens alors qu’il travaillait pour l’armée de libération. Ce n’est qu’à la fin que ses parents apprendront qu’il avait gardé le secret sur son appartenance à l’ALN, pour ne pas mettre en échec une opération en préparation.

- La voix, le silence et le sang décrit le cauchemar d’un tortionnaire paradoxalement persécuté par ses victimes.

- 7, Rue Hannibal est le récit d’une famille qui apprend que son enfant milite dans les rangs de l’armée de libération. Inquiétude du père qui finit par épouser la cause de son fils, avant d’être assassiné par les soldats français.

- De minuit à l’aube est une comédie qui met en situation deux êtres qui ne réussissent jamais à communiquer sérieusement : le maître Bacha et son domestique Boubakeur. Celui-ci tourne son maître en bourrique, en dérision.

41- Ould Cheikh, Le Khalifa, in Poèmes et autres récits, OPU, Alger, 1988. Introduction de Ahmed Lanasri.

42- Fatima Gallaire, Ah ! Vous êtes venus…là où il y a quelques tombes, Quatre Vents, 1988.

1989

43- Mohamed Daif, Ulysse, ENAL, Alger, 1989.

44- Ahmed Kalouaz, Double soleil, Cyrama, Grenoble, 1989.

1990

45- Fatima Gallaire, Les co-épouses, Les Quatre Vents (Bondy, Impr. Abespress), 1990.

1991

46- Slimane Benaissa, Au delà du voile, traduction française de Anta Khouya Wana Chkoun (Si tu es mon frère, moi, qui suis-je ?), Carnières (Belgique), Ed.Lansman, 1991.

1992

47- Slimane Benaissa, Le conseil de discipline, Editions Lansman, 1992.

Ils sont six enseignants d’un lycée de l’Est algérien. Réunis autour du proviseur, un pied-noir, président de la fédération Algérie française, ils doivent décider des sanctions à prendre contre deux élèves, Jacomino et Atmourt. Ce dernier a été blessé lors d’une bagarre. L’histoire se passe en 1959.

48- Nourredine Aba, L’arbre qui cachait la mer, L’Harrmattan, 1992.

VI- DICTIONNAIRE DES AUTEURS, METTEURS EN SCENE

DECORATEURS

 

Nous tentons ici de présenter les auteurs, metteurs en scène, décorateurs et musiciens qui ont marqué le théâtre en Algérie. Nous avons décidé de sélectionner les auteurs qui ont produit plus d’une pièce. Notre démarche est certes arbitraire, mais l’absence d’informations et d’une documentation sérieuse, limite considérablement notre investigation.

Documents utilisés : Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Jean Déjeux (Karthala, Paris, 1984), Anthologie de la littérature algérienne de langue française, Christiane Achour (ENAP-Bordas, 1990), articles de presse et contacts avec les auteurs, Mémoires de Bachetarzi et de Allalou.

A

Aba Nourredine

Né en 1921 à Sétif. A connu de très près le cauchemar de la seconde guerre mondiale. Il couvrira, pour la presse, le procès de Nurenberg. Cet événement marquera sérieusement son itinéraire de poète, de dramaturge et de conteur. Nourredine Aba reste encore mal connu en Algérie, même si ses textes sont mis en scène à l’étranger. Militant de la cause palestinienne, il consacrera plusieurs textes à cette question qui lui tient profondément à cœur. Aucun de ses textes n’a été monté en Algérie.

Chez Aba, l’histoire est au cœur de toute son œuvre. Le fantastique, le réel et le rêve sont mêlés. La tragédie palestinienne et les horreurs nazies constituent les thèmes-noyaux de son œuvre. A créé en 1991 la Fondation Aba qui décerne des prix littéraires aux meilleurs écrivains de l’année.

Œuvres : Montjoie-Palestine ou l’An dernier à Jérusalem (poème dramatique, Oswald, Paris) ; L’aube à Jérusalem (SNED, Alger, 1979) ; La recréation des clowns (L’Harmattan, Paris, 1981) ; Tell El Zaatar s’est tu à la tombée du soir (L’Harmattan, Paris, 1981) ; Le dernier jour d’un nazi (Stock, Paris, 1982) ; L’annonce faite à Marco ou à l’aube sans couronne (L’Harmattan, Paris, 1983) ; L’arbre qui cachait la mer ( L’Harmattan, Paris, 1992) .

Adar Mohamed

Ancien comédien amateur. C’est en 1960 qu’il fait ses premiers pas dans le théâtre. En 1964, il est admis à l’école d’art dramatique de Sidi Fredj puis à l’école nationale d’art dramatique et chorégraphique de Bordj El Kiffan. Interprète de nombreux premiers rôles (Hout Yakoul Hout, L’homme aux sandales de caoutchouc, Toi qui as tué le monstre…). Ecrit et met en scène trois textes : Les cerveaux ; Le puits empoisonné (1978) ; Mimoun Ezzaouli (Mimoun le pauvre, 1979).

Agoumi Sid Ahmed

L’un des plus grands comédiens du théâtre en Algérie. A joué pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Commence à pratiquer le théâtre vers la fin des années 50 au lycée de Ben Aknoun. Primé pour les rôles interprétés dans les pièces suivantes : Ruy Blas de Victor Hugo ; Le mariage de Figaro de Beaumarchais et Intermezzo de Jean Giraudoux. Rôles principaux dans de nombreuses pièces : Rose rouge pour moi de Sean O’Casey ; Le cadavre encerclé de Kateb Yacine ; Les chiens de Tone Brulin ; La mégère apprivoisée de Shakespeare, Anbaça de Rédha Houhou ; Babor Eghraq (Le bateau coule) de Slimane Benaissa et L’amour et après de Mohamed Errazi. En 1969, il part au Maroc pour jouer Le journal d’un fou de Gogol, adapté et mis en scène par Tayeb Seddiki.

Il sera nommé en 1974 directeur du théâtre régional de Annaba et de Constantine (TRAC). Il met en scène deux pièces : Khotba dial Sidna (Les fiançailles de notre maître) et Fi Intidhar El Mehdi (une adaptation de En attendant Godot). Il sera nommé tour à tour directeur de la Maison de la Culture de Tizi Ouzou (1977-1987), du Centre de Culture et d’Information (CCI) d’Alger (1987-1989) et du TNA (1990-91) avant de démissionner de cette dernière entreprise pour intégrer la troupe privée, El Qalaa (La Citadelle).

ALLALOU

De son vrai nom Sellali Ali, connu surtout pour avoir réalisé la première pièce algérienne en langue populaire, Djeha en 1926, Allalou est né le 3 mars 1902 dans un quartier populaire d’Alger, La Casbah. Commence à s’intéresser au théâtre à l’âge de quinze ans. Produit des sketches traitant de sujets tirés de la vie quotidienne. Ces sujets sont repris dans ses pièces d’après 1926. S’inspire des Mille et Une Nuits et de la culture populaire. En 1921, crée un genre de comique troupier (le tirailleur algérien), chantant et disant des monologues.

Œuvres : Djeha (1926, avec Dahmoune) ; Le mariage de Akline (1926 (avec Dahmoune), N’cibi Ahmak (La fureur de mon beau-père, 1927) ; Le pêcheur et le génie (1928, avec Dahmoune) ; Antar Lehchaichi (Antar le fumeur de Haschich, 1930) ; El Khalifa oua Essayed ( Le calife et le pêcheur, 1931) ; Hallaq Gharnata (Le barbier de Grenade, avec Djelloul Bachdjerrah, 1931) ; El Mech’hah wa Khedimou ( L’avare et son domestique, 1927). Il publie ses mémoires en 1982 : L’aurore du théâtre algérien (1926-1932), CDSH ( Centre de Recherches en Sciences Humaines), Oran.

 

ALLOULA Abdelkader

Très jeune, il s’intéresse au théâtre. C’est juste après l’école primaire qu’il commence à jouer dans des troupes d’amateurs, c’est à dire avant 1962. Né en 1939 à Ghazaouet, Abdelkader Alloula intègre le TNA en 1963 et décroche un rôle secondaire dans l’une des premières pièces de l’Algérie indépendante : Les enfants de la Casbah de Abdelhalim Rais.

Alloula est un « génial » touche à tout : interprètation, écriture et mise ‘en scène. Ouvert à toutes les expériences, cet ami du grand peintre Mohamed Khadda et du poète Bachir Hadj Ali à réussi à retravailler les différentes formes populaires qu’il a intégrées dans son théâtre. Chacune de ses pièces constitue une nouvelle expérience. Reconnu comme l’un des plus grands hommes de théâtre du Monde arabe. Ancien directeur du TNA et membre du Conseil National de Culture (CNC).

Il a débuté dans la mise en scène en 1964 avec El Ghoula de Rouiched.

Œuvres :

- Mises en scènes : El Ghoula (L’ogresse) de Rouiched (1964) ; Essoultane el Hayer (Le roi inquiet) de Tewfik El Madani (1965) ; Monnaies d’or de Chu Su Sen (1967) ; Les bas-fonds de Gorki (1983).

-Ecriture et mise en scène : Homk Selim (d’après Le journal d’un fou de Gogol, 1972) ; El Khobza (Le pain, 1974) ; El Meida (La table basse) et El Mentouj (Le rendement) 1972-1974, avec comme animateur principal, Abdelkader Alloula ; Hammam Rabi (1975) Legoual (Les dires, 1980) ; Laalègue (Les sangsues, 1974, 1985) ; Lejouad (Les généreux) ; Ellitam (d’après Le nez de Gogol, 1988) ; Arlequin ou le valet de deux maîtres de Goldoni (1993).

AZZEGAGH Ahmed

Né le 3 juillet 1942 à Béjaia. Ancien journaliste à Révolution Africaine. Vit en France. Ecrit surtout des poèmes (Chacun son métier, SNED, 1966 ; Les récifs du silence, Paris, Les Quatre Vents, 1974 ; Duel à l’ombre du grand A, Les Quatre Vents, Paris, 1979). A publié en 1966 un roman (L’héritage, Rodez, Subervie, 1966).

S’intéresse de près à la représentation théâtrale. Plusieurs pièces non encore éditées. Seule sa pièce, La République des ombres (Les Quatre Vents, Paris, 1974, 1977) a paru. Son théâtre est un théâtre de dénonciation politique.

AIT EL HADJ Fouzia

Commence très tôt à faire du théâtre. Fait partie de la troupe d’amateurs d’Alger, le GAT ( Groupe d’Action Théâtrale). Part à Moscou, elle monte au TNA, La mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller en 1986. Enseigne à l’Institut National d’Art Dramatique de Bordj El Kiffan.

AIT EL HADJ Hamida

Première expérience théâtrale dans une troupe d’amateurs, le GAT. Formation de metteur en scène à Moscou. Met en scène Le chant de la forêt de Lessa Okrenka au TNA en 1986. Enseigne à l’Institut National d’Art Dramatique de Bordj El Kiffan (banlieue algéroise).

B

BACHETARZI Mahieddine

Avant de s’intéresser au théâtre, Bachetarzi faisait du chant. Né le 15 décembre 1899, il apprend très tôt le chant religieux et devient vite maître des lecteurs du Coran, à l’âge de vingt ans. Il commence à faire du théâtre en 1933. Adapte un conte de Djeha, Djeha et l’usurier. Depuis cette année, il écrit et réalise de nombreuses pièces. Les plus connues demeurent Ennissa (Les femmes), Les Beni Oui Oui, Phaqo et Ma Yenfaa Ghir Esssah (Seule la vérité compte). Adapte plusieurs textes de Molière. N’arrête pas de chante. Aformé de très nombreux comédiens algériens. Reprend les pièces de Rachid Ksentini. Il est le véritable organisateur du théâtre en Algérie.

M.Bachetarzi a eu le mérite d’introduire des types sociaux représentatifs d’entités et de groupes. On retrouve le mufti, le cadi, le grippe-sou, le bourgeois véreux.

Après l’indépendance, deux de ses pièces ont été montées par le TNA : Ma Yenfaa Ghir Essah (Seule la vérité compte, 1965) et Slimane Ellouk (d’après Molière,1969). Pour son répertoire, voir productions 1912- 1962. Décédé en 1986.

BACHEDJERRAH Djelloul

Né vers 1900, Djelloul Bachdjerrah collabora étroitement avec Mahieddine Bachetarzi, Rachid Ksentini et Allalou. Ecrit de nombreuses pièces. Les plus importantes restent Le barbier de Grenade (avec Allalou, 1931) ; L’héritage de Benkmaou (1949) ; Echib ouel aib (Vieillesse et honte, 1950) ; Othmane en Chine (1950) : Mouni Radjel (Mouni est un homme, 1950).

Ancien professeur du Conservatoire d’Alger.

BADIE Mustapha

Né en 1928 à Alger, il s’intéresse très tôt au théâtre. Il monte surtout des pièces policières. L’influence du cinéma est manifeste. Il réalise plusieurs pièces : Achchar fi Lila (Le mal d’une nuit, 1947), pièce policière en quatre actes ; Un inspecteur à la recherche d’un assassin (1948). Interprète de nombreux rôles dans des pièces de Ksentini et de Bachetarzi. Joue dans quelques films.

Formation cinématographique à l’ORTF et à la R.T.A (télévision algérienne après l’indépendance). Réalise plusieurs dramatiques et des adaptations (notamment deux adaptations de deux romans de M.Dib, La Grande Maison et L’incendie) après l’indépendance. Se consacre essentiellement au cinéma et à des responsabilités administratives.

BAKHTI Mohamed

C’est un auteur qui a énormément séduit Kateb Yacine. La quarantaine passée, Bakhti n’a réussi à se faire accepter dans le monde fermé des théâtres d’Etat que grâce à l’ouverture d’esprit de l’auteur du Cercle des représailles. Le TRO (Théâtre Régional d’Oran) a refusé une de ses pièces, Enti Wana que le TRSBA (Sidi Bel Abbès), dirigé à l’époque par Kateb Yacine, a monté. Ancien comédien amateur, cet auteur qui traite dans ses textes des problèmes sociaux, a enrichi le théâtre régional de Sidi Bel Abbès des productions suivantes : Enti Wana (Toi et moi, 1980) ; Ya Ben Ammi Ouine (Ô cousin, où va t-on ?, avec Ramdani, 1984) ; Séance levée (1985).

BEDDAR Abdelhakim

Né en 1962 à Alger. Etudes de scénographie à l’Institut National d’Art Dramatique et Chorégraphique de Bordj El Kiffan (1985-1990). A soutenu un mémoire sur l’espace chez Pirandello. En 1989, il prend en charge la scénographie et les décors d’une pièce de René de Obadia, Ded et Rosalie, au CCF (Centre Culturel Français) de Annaba. En 1990, il assure la mise en place des décors de Janoub (Sud) de Djamel Hamouda et en 1993, celui de Apollo couscous de Hamid Gouri au théâtre régional de Annaba. Importance accordée à la plasticité et à la suggestivité. Utilisation de praticables légers.

BELHAFAOUI Mohamed

Cet universitaire originaire d’Oran est un passionné de la littérature orale. Il connaît sur le bout des lettres les poèmes populaires comme Belkheir, Benguitoun, Ben M’saieb, Benbrahim et Benchérif. Soutient en 1969 une thèse de troisième cycle, sous la direction de Charles Pellat : Recherches sur une poésie d’expression orale dialectale populaire. En 1973, il édite chez Maspéro La poésie orale maghrébine d’expression populaire. Crée sa maison d’édition, Le Théâtre Universel. A adapté en arabe des pièces de Molière, de Brecht et de Hauptmann : L’école des femmes, Du millet pour la 8ème armée, L’exception et la règle et Les tisserands. Le TNA a mis en scène en 1963 une de ses traductions, Don Juan. A édité chez Publisud-SNED en 1983, un recueil de nouvelles et de récits dialogués, Victoire assurée. Meurt en 1993.

BENAISSA Ahmed

Acteur de cinéma et comédien. A joué dans de nombreux films et pièces de théâtre en Algérie et en France. A mis en scène Adjadjbiya wa Aadjaieb d’après Art de la comédie de E.Filippo) et Ertila (L’Araignée, une adaptation d’un texte de l’auteur cubain, Eduardo Manet par Ghania Samai-Ouramdane). Mises en scène construites à la manière du théâtre « classique ».

BENAISSA Slimane

Né le 11 décembre 1943 à Guelma ; Etudes universitaires à Alger à la faculté des Sciences. Intègre en 1969 Théâtre et Culture. Adapte La poudre d’intelligence de Kateb Yacine et écrit Echaab Echaab (Le peuple ! Le peuple !). Participe à la création collective des pièces du TC : La situation de la femme en Algérie en 1970 et La situation économique en 1971. S’intéresse au théâtre dans l’entreprise et monte à la SONELEC 5Société Nationale de l’Electronique) Boualem Zid El Goudem (Boualem, va de l’avant) en 1974. En 1977, il est directeur du théâtre régional de Annaba. Monte Youm El Djemaa Kharjou Leryem (Vendredi sortent les gazelles) et El Mahgour (d’après L’Apôtre houspillé de Makaionok) en 1977 et 1978.

Se lance quelque temps après dans l’aventure « privée ». Reprend Zid El Goudem et monte des pièces à succès : Babor Eghraq (Le bateau coule) et Anta Khouya wana Chkoune (Si tu es mon frère, qui suis-je ?). Plus de 1000 représentations. Benaissa accorde une grande importance à la parole et à la culture populaire. Pièces employant très peu de personnages. Décors légers, fonctionnels.

Œuvres éditées : Au delà du voile (Ed ; Lansman, 1991) ; Le conseil de discipline (Ed ; Lansman, 1992).

BENGUETTAF M’hamed

Comédien et auteur. C’est en 1970 qu’il se lance dans l’écriture avec une adaptation (avec la collaboration de Allel El Mouhib) d’un texte de Nazim Hikmet, Ivan Ivanovitch a t-il existé ? (Bliss Laouer Kayen Mennou). Travaille au TNA depuis ses débuts. Quitte le TNA en 1989 pour la troupe privée El Qalaa (La Citadelle). C’est l’auteur attitré de cette troupe. Il se consacre surtout à l’adaptation.

Œuvres : Bliss Laouer Kayen Mennou (Le diable aveugle existe bel et bien, TNA, 1970) ; traduction de L’homme aux sandales de caoutchouc (TNA, 1972) ; Bab el Foutouh (TNA, 1973) ; mise en scène avec Taha El Amiri de Bouhadba (Le bossu, 1973) de Mohamed Touri ; Afrit Ou Hafouh (Ils ont eu le diable, d’après Ali Salem, TNA, 1977) ; Stop (TNA, 1979) ; Djeha et les hommes (texte et mise en scène, TNA, 1980) ; Ya Settar Erfaa Essitar (Au secours ! levons le rideau, TNA, 1982) ; Ahd El Jawher ( Le pacte des perles, TNA, 1984) ; Djillali Zine El Haddate (TNA, 1986) : Les martyrs reviennent cette semaine (une adaptation d’une nouvelle de Tahar Ouettar, TNA, 1987-1988) ; El Ayta (Le cri, troupe El Qalaa, 1989) ; Fatma (Troupe El Qalaa, 1990) ; Baya (troupe El Qalaa, 1992) ; Le dernier des prisonniers (troupe El Qalaa, 1992) ; Mille hourras pour une gueuse de Dib (troupe El Qalaa, 1993).

BOUABDELLAH Nacéra

Dramaturge vivant en France. Auteur de la pièce Bnet el Youm (Les filles d’aujourd’hui), parue dans Le théâtre Beur, présentée par Ahsène Zahraoui et Chérif Chikh. A joué plusieurs pièces en français.

BOUBRIOUA Ahcène

Né en 1953 à Sidi Abdelaziz (Wilaya de Jijel, Est de l’Algérie), ce comédien a commencé ses premiers pas dans une troupe d’amateurs de Constantine, le Groupe d’Action Culturelle (GAC). Intègre le théâtre régional de Constantine(TRC) en 1979. Participe à la création collective des pièces : Rih Essamsar (Le vent des mandataires, 1980) ; Nass El Houma (Les gens du quartier, 1981) ; Errafd (Le refus, 1982) ; Lahal Idoum (Le temps passe, 1983). Interprète les premiers rôles dans plusieurs pièces. Met en scène Hourouf El Ila (Les lettres du mal, 1987, avec A.Mohcène) et La dernière chanson (une adaptation du Chant du cygne de Tchékhov, 1993).

BOUDIA Mohamed

Né le 24 février 1932. Il créé en 1955 une troupe à Paris. Connu essentiellement pour ses activités politiques et culturelles. De 1950 à 1952, il fait son service militaire à Dijon. Arrêté en 1959 0 Paris, incarcéré dans la même cellule qu’Etienne Bolo ; Réussit à s’évader quelque temps après de la prison de Fresnes. Ecrit deux pièces durant sa captivité : Naissances et L’olivier. Traduit et adapte quelques textes français dont quelques uns de Molière. Après l’indépendance, exerce plusieurs fonctions et crée deux journaux : Novembre et Alger ce soir. Administrateur du TNA, c’est lui qui rédige le premier manifeste du théâtre national après sa nationalisation. Après le coup d’Etat du 19 juin 1965, quitte l’Algérie pour la France. Travaille au théâtre de l’Ouest Parisien pendant quelques années avant d’être assassiné par le Mossad israélien en 1973.

BOUGUERMOUH Malek

Né en 1946 à Akbou (Petite Kabylie). Etudes secondaires à Sétif et à Alger. Fait ses études supérieures d’art dramatique en Russie. Réalise en russe l’Apôtre houspillé de Makaionok (pièce-diplôme) en 1973. Exerce comme animateur, à son retour de Moscou, au centre culturel de la Wilaya d’Alger. Réalise Il était une fois au CCWA (centre culturel de la wilaya d’Alger, 1975) et La décision de B.Brecht. En 1978, il monte au théâtre régional de Annaba El Mahgour de Slimane Benaissa. Quelques années après en 1987, il est nommé directeur du théâtre régional de Béjaia (TRB). Met en scène Hzam El Ghoula (La ceinture de l’ogresse, 1987) et R’jal Ya H’lalef (Ces cochons d’homme, 1989).

Avant de prendre la direction du TRB (Béjaia), il a remonté El Mahgour (Le méprisé) et réalisé L’invité, El Ghorba (L’exil) et Tarik Essaada (La route du bonheur). Meurt dans un accident de voiture en 1989. Il parle ainsi de la mise en scène : « Mettre en scène pour moi, part d’une intuition d’images qui s’impose et qu’on impose et qui, en fin de compte, propose une forme de lecture de la pièce. L’enjeu véritable est dans la distribution, dans sa justesse. Ensuite, c’est une question d’équilibre. Savoir organiser l’apport de chaque comédien, savoir intégrer tout élément de vie et harmoniser le tout en un univers théâtral précis. Là est la mise en scène et elle n’est possible que grâce aux multiples apports des uns et des autres ».

BOUHADA Boudjema

Né le 12 juillet 1941 à Médéa.

Œuvres : La terre battue (Honfleur, P.J.Oswald, 1972, création du Théâtre de la Tempête de Jean Marie Serreau) ; Le fabuleux automne (Paris, Répliques et Asso Bouffonneries, Contrastes, 1986).

BOUZAHER Hocine

Né le 5 janvier 1935 dans les environs de Biskra. Etudes supérieures à l’Université de Bordeaux jusqu’à la grève des cours du 19 mai 1956. Se consacre ensuite à la lutte clandestine. Après l’indépendance, exerce plusieurs responsabilités dans le secteur des hydrocarbures. Ecrit récits, nouvelles et pièces de théâtre.

Œuvres théâtrales : Des voix dans la Casbah (Maspéro, Paris, 1968) ; un recueil de pièces : On ne capture pas le soleil, Serkaji et L’honneur réconcilié (ENAL, Alger, 1988), ensemble de quatre pièces (L’honneur réconcilié ; La voix, Le silence et le sang ; 7 Rue Hannibal ; De minuit à l’aube).

BOUZERAR Zahir

Fait partie de la première promotion de l’Ecole Nationale d’Art Dramatique et Chorégraphique (1967-1971). Comédien, auteur, metteur en scène au Théâtre National Algérien (TNA). Ecrit en 1973 El Agra (La femme stérile), mise en scène de Nourredine El Hachemi et L’affrontement (écriture et mise en scène) en 1989.

C

CHEBBAH El Mekki

Né à Sidi Okba (Biskra) en 1894. Poursuit des études religieuses à Sidi Okba. Part à Alger en 1924. Syndicaliste, il participe à la fondation du premier parti nationaliste algérien, L’Etoile Nord-Africaine en 1926. Après un séjour en France, il rentre en Algérie en 1929. Transforme un café de son village natal en lieu où se donnent des représentations théâtrales. Crée à Alger en 1937 une association théâtrale (El Kewkeb).

 

A écrit dix-huit pièces : Tarak Ibn Ziad (1930) ; L’alcoolique ignorant (1939) ; Abou Jahl ; La vraie promesse (Wa ‘d el Haq) ; Les ruses des femmes (1952) ; Les voleurs voilés (1953) ; L’espoir ; Le héros du Sahara, Les misérables ; Hassan le choyé…sont des ses pièces les plus connues. Meurt en 1990.

CHERIFFA El Hadi

Etudes supérieures de chorégraphie à Moscou. Auteur de plusieurs chorégraphies. Enseignant à l’Institut d’Art Dramatique et Chorégraphique de Bodj El Kiffan. A travaillé comme chorégraphe pour des pièces de théâtre : Fatma (1990) ; Baya ; El Besma el Mejrouha (Le sourire blessé, 1993). A monté en 1986 au TNA un ballet-spectacle, texte de Nourredine Aba, Etre ou ne pas être.

D

DEHIMI Mohamed Tayeb

Né en 1956 à Constantine. Intègre en 1975 une troupe d’amateurs de Constantine, les 3T (Troupe des Travailleurs du Théâtre). Entre au théâtre régional de Constantine (TRC) en 1979. Participe à l’écriture de quelques pièces au TRC. Assistant-réalisateur dans Lahal Idoum (Le temps passe ou Rien ne dure) et El Kelma (La parole, 1984). Ecrit et met en scène : Def el Goul ouel Bendir (Les dires, 1987) et Louchem (Tatouage, 1989).

DOUDOU Aboulaid

Romancier, auteur dramatique et poète. Enseignant à l’université d’Alger. A écrit notamment : Ettourab (La terre, SNED, 1966) et El Bachir (SNED, 1981).

E

EL HASSANI Hassan

Connu surtout pour avoir souvent interprété le rôle d’un paysan naïf et crédule, Hassan el Hassani alias Boubagra (Bencheikh, son vrai nom est peu connu dans les milieux artistiques et médiatiques) commence à faire ses premiers pas dans l’art dramatique en 1943 à Berrouaghia. Monte quelques sketches. Bachetarzi le recrute en 1949 comme comédien professionnel. Rencontre à l’Opéra d’Alger Errazi, le représentant du MTLD, qui monte quelques pièces de Molière dont Le Bourgeois Gentilhomme que Hassan el Hassani va adapter juste après la constitution de la Troupe du Théâtre Populaire (TTP, 1967-1978). A claqué la porte du TNA(théâtre national algérien en 1968).

La pièce la plus accomplie de Hassan el Hassani demeure El Kaid Bouchoumoura, écrite en 1945 et reprise maintes fois sous des titres différents, Le complot et Ti goules ou ti goules pas. Le comique de situations, les jeux de mots et les quiproquos marquent son travail.

Acteur de cinéma (une trentaine de films), de télévision (il a joué, entre autres, dans deux films dans les années cinquante) et de théâtre. Meurt en 1987.

EL MOUHIB Allel

Comédien depuis les années quarante. A joué dans de nombreuses pièces : El Moujrim (Le criminel, 1947) de M. Ouadah ; Si Meziane (1948) de Mahieddine Bachetarzi. Mariage par téléphone (1948) ; Le chemin du voleur est le plus court (1949) ; Salah Eddine (1950), Docteur Nabil (1950) ; Radi Dib (1950)…

Après l’indépendance, il assure la mise en scène de nombreux textes au TNA : Rose rouge pour moi de Sean O’Casey (1964) ; La mégère apprivoisée de Shakespeare (TNA, 1964) ; Sellak el Wahline (D’après Les fourberies de Scapin, 1965) ; Si Kaddour el Mech’hah (d’après L’avare de Molière, 1966) ; Bliss Laouer kayen Mennou (Le diable aveugle a bel et bien existé, d’après Nazim Hikmet, 1970) ; Enta Liktelt el Wahch ( C’est toi qui as tué le monstre, 1971) ; La maison de Bernarda Alba (1989).

ERRAZI

De son vrai nom Mohamed Farrah, Errazi était surtout connu pour ses attaches politiques avec le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) et ses multiples adaptations de Molière. Nommé directeur de la section arabe de l’Opéra d’Alger pour la saison 1949-50. A permis la formation de nombreux comédiens algériens. A écrit plusieurs pièces dont les plus importantes sont les suivantes : Moul el baraka (1949) ; L’avare (1950) ; Sellak ya Sellak (1950) ; Bouzid et les djinns (1950) ; Montserrat (1950) ; Métamorphose (1950)  et L’amour et après (1993).

F

FARRAH Abdelkader

Né en mars 1926 à Ksar El Boukhari. Peintre et scénographe. Organise de nombreuses expositions de peinture. Intègre en 1952, après avoir longtemps séjourné en France, La Royal Shakespeare Company. Directeur des cours de décors et de costumes à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique de Strasbourg (1955-1961), scénographe du studio expérimental de la Royal Shakespeare Company (1963-1965), membre du jury de scénographie de grande Bretagne en 1964… A assuré des cours dans des écoles de théâtre au Canada et à Londres. De nombreux décors de pièces de Tchékhov, Brecht, Shakespeare, Bernard Shaw, Ionesco, Strindberg, O’Neil…A collaboré en 1992-1993 avec le théâtre El Qalaa (La Citadelle, Algérie) pour des productions comme Baya et L’amour et après.

FALAKI Réda

Né en 1920 à Alger. Auteur de contes, de nouvelles, de pièces de théâtre et d’un roman (Le milieu et la marge, Denoël, Paris, 1964). Anime la troupe Mesrah el Ghad (Le théâtre de demain) depuis la fin des années quarante (la troupe était composée d’une soixantaine de personnes). Emissions enfantines à la radio. Ses pièces les plus connues : Les endiablés du vingtième (1938) ; Erraqed (L’endormi, 1984) ; El Djin el Majnoun (Le diable fou, 1951)…

Il a également joué dans des pièces et des films. Vit en Europe.

FETMOUCHE Omar

Né en 1955 à Bordj Ménaiel. Fondateur et animateur de la troupe d’amateurs, le Mouvement Théâtral Ménaili (MTM) depuis 1976. Président de l’école populaire d’art dramatique de cette ville. Depuis 1990, il est responsable d’une coopérative théâtrale privée. Parmi ses pièces, on peut citer : Yakoul maâ Eddib, Yebki maâ Erra’i (Il mange avec le loup et pleure avec le berger) ; Setta ou dama (Six et Dame) ; Harf B’harf (A la lettre, TR.Béjaia, 1984) ; Hzam el Ghoula (La ceinture de l’ogresse, TRBéjaia, 1987) ; El Besma El Mejrouha (Le sourire blessé, théâtre Lamalif, 1982) ; Alem el Baouche (Le monde des insectes, TR.Batna, 1992).

FLICI Laadi

Né le 16 décembre 1937 à Alger. Etudes en médecine à Alger. Ancien responsable de l’UGEMA ( Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens). Poète, nouvelliste et auteur dramatique. Responsable d’une association culturelle à Alger. Membre du Conseil Consultatif National (une sorte de Parlement). Assassiné par un groupe terroriste en 1993.

Œuvres : Les mercenaires (SNED, 1973) ; La cour des miracles (in La houle, SNED, 1978).

FOUDALA Mohamed Tahar

Comédien et auteur dramatique. Anime depuis longtemps une émission à la radio intitulée : théâtre d’amateurs. A créé en 1947 la troupe des amateurs du théâtre arabe. Il a écrit notamlment le Sahara (une adaptation d’un texte de l’égyptien, Youssef Wahbi).

G

GALLAIRE Fatima

Née à El Harrouch en 1944. Etudes de lettres à l’université d’Alger et de cinéma à l’université de Paris VIII. Exerce depuis quatre années à la cinémathèque d’Alger. A reçu le prix Arletty pour l’ensemble de son œuvre en 1990.

Œuvres : Témoignage contre un homme stérile (in L’Avant-scène du 1 octobre 1987, N°815) ; Ah, vous êtes venue…là où il y a quelques tombes (Les Quatre Vents, Paris, 1988, créée sous le titre Princesses) ; Les co-épouses (Les Quatre Vents, Paris, 1990).

H

HABBATI Abdelhamid

Né en 1945 à Constantine, comédien et metteur en scène. Intègre le TNA (Théâtre National Algérien) en 1964, après avoir suivi des cours à l’Ecole d’ART Dramatique de Sidi Fedj. Part en 1966 à Constantine et devient animateur du CRAC (Centre Régional d’animation Culturelle). Ecrit et met en scène avec Allaoua Wahbi, Lumière et L’école des menteurs. Entre au théâtre régional de Constantine. Met en scène Lifout Maymout (Ce qui passe ne mourra pas, 1978) ; La loi et les hommes (1979), Lahal Idoum (Le temps passe ou Rien ne dure, 1983).

HACHEMI Liliane

Née en Allemagne. Etudes supérieures d’art dramatique (décors-costumes) en Allemagne. Enseignante à l’Institut National d’ART Dramatique et Chorégraphique de Bordj El Kiffan (Alger). Assure la mise en place des décors et la confection des costumes de plusieurs pièces : Ghabou Lefkar (d’après Les émigrés de Mrozek, TNA, 1986) ; Def el Goul Wel Bendir (Les dires, TRC, 1986) ; Hafila tassir (D’après Le voleur d’autobus de Ihsan AbdelQoudous, El Qalaa, 1990) ; Fatma (1990)…

HACHEMI Nourredine

Collabore avec le TNA depuis 1983. Part en Allemagne poursuivre ses études de mise en scène. Traduit et participe à l’écriture de quelques textes au TNA (L’exception et la règle, 1963) ; Hiya Qalet wana Qolt ( Elle a parlé, moi j’ai dit, 1975). Travaille actuellement à la télévision.

Mises en scène : El Agra (La femme stérile, TNA, 1973) ; La bonne âme de Sé-Tchouan (TNA, 1976) ; Etmaa Ifessed Etbaa (La gourmandise corrompt, TR. Annaba, 1974) ; Z’it M’it ou Neggaz el Hit (Les trois voleurs, TNA, 1977) ; Tekhti Rassi (d’après Les incendiaires de Max Frisch, TNA, 1978).

HACIANE Mustapha

Né en 1935 à Rouiba dans la banlieue algéroise. Obtient son baccalauréat en 1953. Fait jouer une de ses pièces en 1967 au théâtre de l’Atelier de Genève. Collabore avec l’hebdomadaire, Algérie-Actualité et anime une émission à la radio, Travelling, sur l’art et la culture. Vit en France.

Œuvres : A quoi bon fixer le soleil ? (SNED, Alger, 1974) ; Les orphelins de l’empereur (SNED, Alger, 1978).

HADJ SMAIN Mohamed Seghir

Né en 1932 à Constantine. Etudes primaires et secondaires dans cette ville. Participe à la création du TNA (Théâtre National Algérien) et de l’école nationale d’art dramatique. Après un passage à la radio où il anime une émission sur l’art théâtral, il est nommé directeur du théâtre régional de Constantine. Comédien et acteur de cinéma, il a assuré deux mises en scène : Errafd (Le refus, TRC, 1982) et El Kelma (La parole, TRC,1984).

HAMOUDA Djamel

Né en 1954 à Skikda. Etudes à l’Ecole Nationale d’Art Dramatique et Chorégraphique de Bordj El Kiffan (1970-1974). Animateur d’une troupe d’amateurs (L’Avant-garde) à Skikda. Monte Zid ya Bouzid. Ensuite, il intègre le T.R.A (Théâtre Régional de Annaba). Ecrit et/ou met en scène plusieurs pièces : El Firane (Les rats, TRA, 1981) ; Dhik El Khatar (L’angoisse du danger, TRA, 1985) ; Elli Yezraa Errih ( Celui qui sème le vent, TRA, 1986) ; Les aventures de Gattous (TRA, 1986) ; Ettarous (Le chien de chasse, TRA, 1986) ; Kahwa ouela Tay (Café ou thé , TRA, 1987) ; Janoub (Sud, TRA, 1990) ; Ded et Rosalie (CCF de Annaba, 1991).

HOUHOU Rédha

Né à Constantine. A publié des nouvelles, des romans et des pièces de théâtre. Proche de l’association des Oulama. A créé une troupe de théâtre à Constantine, El Mezhar el Qacentini en 1947. Ses pièces publiées sont souvent associées avec des nouvelles. On peut citer entre autres textes : Anbaça (une adaptation de Ruy Blas de Victor Hugo, jouée au TNA en 1966) ; Ba’iat el Ward (La vendeuse de roses) ; La sanction ; L’illusion ; Oudaba el Mad’ar (Les écrivains de l’apparence)… Tous ces textes ont été écrits en arabe « littéraire ». Il a également écrit des pièces en arabe « dialectal » : Ennaib El Mouhtaram (L’honorable substitut) ; Si Achour ; L’avare

K

KAKI

Né le 18 février 1934, Kaki, de son vrai nom Abdelkader Ould Abderrahmane, est l’in des plus grands hommes de théâtre algériens. Commence très jeune à faire du théâtre. A quinze ans, il est membre d’une troupe, El Saydia et à dix-sept ans, il fait partie de la formation, El Mesrah (Le théâtre). En tant qu’instructeur régional et national d’art dramatique (formé par le Service de l’Education Populaire dirigé par Henri Cordereau), il met en scène entre 1955 et 1958 La valise de Plaute, L’oiseau vert de Carlo Gozzi et La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco. En 1958, il crée à Lyon une troupe Mesrah el Garagouz (Le théâtre Garagouz) qui monte des textes de Brecht, Piscator et bien d’autres dramaturges et se familiarise avec les techniques et les méthodes de Gordon Craig, Brecht, Stanislavski, Meyerhold ainsi qu’avec le théâtre grec et le Nô japonais. C’est à partir de là qu’a commencé le vrai travail dramaturgique de l’auteur. Les expériences ultérieures intégreront dans une enveloppe esthétique « syncrétique » tous les éléments tirés de divers systèmes dramatiques assimilés grâce à un excellent travail expérimental.

Après l’indépendance, entre au TNA, écrit et met en scène ses propres textes. Médaille d’or du festival du théâtre arabo-africain de Tunis et de l’Institut International du Théâtre. A été directeur du TNA puis du TRO.

 

Œuvres : Tarikh Ezzahra (La légende de la rose, 1951). Mises en scène entre 1955 et 1958 de La valise de Plaute, L’oiseau vert de Carlo Gozzi et de La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco.

Avant-théâtre (La cabane, Le filet, Le voyage, Garagouz, 1958-60) ; Le peuple de la nuit (1962) ; 132 ans (1963) ; Afrique avant un (1963) ; Les vieux (1964) ; Diwan El Garagouz (1965) ; El Guerrab wa Essalhine (Le porteur d’eau et les trois marabouts, 1966) ; Koul wahed wa houkmou ( A chacun sa justice, 1967) ; Beni Kelboune (1972) ; Diwan Lemlah(1977).

Mise en scène de Deux pièces cuisine de Safiri en 1965. Pièces d’après l’indépendance jouées au TNA (Alger) sauf Diwan Lemlah au TRO (Théâtre Régional d’Oran).

KATEB Mustapha

Né en 1920 à Alger. C’est en grande partie grâce à lui que le théâtre en Algérie a réussi à s’organiser et à mettre en place des structures relativement stables. En 1939, Mahieddine Bachetarzi lui fait appel et l’intègre dans sa troupe. C’est le début de son aventure. Joue dans plusieurs pièces de Bachetarzi. Crée en 1946 La Troupe du Théâtre algérien qui ne disparaîtra qu’après qu’il eut rejoint en 1957 le FLN (Front de Libération Nationale). Directeur adjoint en 1947 de la section arabe de l’Opéra d’Alger. En 1958, il crée la troupe du FLN. Après l’indépendance, dirige le Théâtre National Algérien et ouvre l’école nationale d’art dramatique et chorégraphique. Après avoir été écarté de la direction du TNA par l’ancien ministre de la culture et de l’information, il est chargé par M.S.Benyahia, alors ministre de l’enseignement supérieur, d’animer des stages d’art dramatique à l’université. Reprend la direction du TNA en 1987-1988. Meurt en 1989. Comédien, metteur en scène, acteur de cinéma, auteur et réalisateur de dramatiques et de feuilletons TV.

 

Œuvres : A assuré la mise en scène de plusieurs textes au TNA : Les enfants de la Casbah (1963) ; Hassan Terro (1963) ; La vie est un songe (1963) ; Don Juan (1963) ; Anbaça (1966) ; El Khalidoun (Les éternels, 1966) ; Le cadavre encerclé (1968) ; Rouge l’aube (1969) ; El Bouaboune (Les concierges, 1970) ; Er’hil (Le voyage, 1970) ; L’homme aux sandales de caoutchouc (1972) ; Djeha ba’hmarou (Djeha et son âne, 1983).

KATEB Yacine

Né le 6 août 1929. Participe aux manifestations du 8 mai 1945 alors qu’il n’avait que seize ans. Ces événements vont marquer toute son œuvre. Donne à Paris une conférence sur l’Emir Abdelkader et assure des cours gratuits aux militants du PPA (Parti du Peuple Algérien). De 1948 à 1950, il est journaliste à Alger-Républicain. Publie Le cadavre encerclé dans la revue Esprit (N°12, décembre 1954 et N°1, janvier 1955). Jean Marie Serreau monte la pièce le 4 août 1958. Participe en février 1962 au congrès des écrivains afro-asiatiques. La femme sauvage est montée en 1962 à Paris par J.M.Serreau. Rentre définitivement en Algérie en 1970. Collabore avec le Théâtre de la Mer qui réalise la première pièce de l’auteur en arabe populaire, Mohamed prends ta valise. Juste après l’éclatement du Théâtre de la Mer en 1972, constitue l’Action Culturelle des Travailleurs (ACT), troupe prise en charge par le Ministère des Affaires Sociales. Longue tournée en France. Après le changement du ministre des affaires sociales, sa troupe se retrouve dans la rue. Finalement, il est nommé en 1977 directeur du théâtre régional de Sidi Bel Abbès. Prix National des Lettres décerné en 1977 par le ministre français de la culture. De nombreux metteurs en scène ont monté ses pièces. Meurt en octobre 1989. Poète, dramaturge, romancier et journaliste.

Œuvres : Le cercle des représailles (Le cadavre encerclé, Les ancêtres redoublent de férocité et La poudre d’intelligence, Paris, Le Seuil, 1959) ; L’homme aux sandales de caoutchouc (Le Seuil, Paris, 1972) ; Mohamed prends ta valise (1971) ; La voix des femmes (en français et en arabe) ; La guerre de deux mille ans (ACT, 1974) ; Palestine trahie (ACT, 1976), Le roi de l’Ouest (ACT, 1975-1976) ; Le pain amer (1980) ; Mandéla (1988, pièce non achevée) ; Le bourgeois sans culotte ou le spectre du parc Monceau (1989 , sur la révolution française).

KHOUDI Ahmed

Né en 1952 dans la région de Boumerdès. Etudes non achevées à l’école nationale d’art dramatique et chorégraphique (1972-1973). Intègre le théâtre régional d’Oran comme comédien en 1974. Parti en Belgique où il poursuit sa formation de metteur en scène à l’INSAS. Présente une adaptation de Moha le fou Moha le sage comme pièce-diplôme et une étude : Propositions pour un théâtre populaire algérien. Enseigne à l’INADC de 1982 à 1984. Rejoint le théâtre régional de Annaba (TRA) en 1984. Directeur du théâtre régional de Béjaia de 1989 à 1992.

Mises en scène : Bouderbala (1984) ; ELAhd (La promesse, 1985) ; Dhik El Khater (L’angoisse du danger, 1985) ; Harf b’harf (A la lettre, 1986).

KSENTINI Rachid

Né le 11 novembre 1887 à Alger, Ksentini, fils d’une famille d’artisans, exerce plusieurs métiers avant de se consacrer au théâtre. Sa première aventure théâtrale comme avec la pièce de Allalou, Le mariage de Bou Akline le 26 octobre 1926. Constitue une troupe avec Djelloul Bachdjerrah, El Hilal el Djezairi (Le croissant algérien). Sa première pièce El Ahd el Ouafi (Le serment fidèle), un drama en quatre actes, est un échec. En 1928, déçu par le manque de succès de sa première tentative, écrit et joue une comédie burlesque en trois actes, Le mariage de Bou Borma (Le mariage de l’homme à la marmite). Depuis cette pièce, fortement appréciée par le public, le nom de Ksentini domine la représentation théâtrale en Algérie. Après sa mort, Mahieddine Bachetarzi adapte ses textes. Le répertoire de l’auteur-comédien-chanteur, estimé à une cinquantaine de pièces et à six cents chansons, est de facture réaliste. Attaques virulentes contre les obscurantistes, les bourgeois et les cadis véreux. Le texte se transforme sur scène, en fonction des situations du moment et des capacités extraordinaires d’improvisation du comédien. Sa technique d’écriture, proche de la comedia dell’arte, privilégie le canevas, unique document écrit. Meurt en 1944.

Œuvres : El Ahd el Ouafi (Le serment fidèle, 19327) ; Le mariage de Bouborma (1928) ; Khoud ktabi (Prends mon livre, 1929) ; Loundja l’Andalouse (1930) ; Ched Rohek (Tiens bon, 1931) ; Tcheretche (Ments encore, 1932) ; Faqo (ça ne prend plus, 1932) ; Ya rassi Ya rasseha (Ou ma tête ou sa tête, 1932) ; Zid Aleh (Cherche encore, 1933) ; Allah Estourna (Que Dieu nous préserve, 1933) : Baba Echikh (Vieux père, 1933) ; Takhir Ezzamane (Fin d’époque, 1933) ; Ache kalou (Ce qu’ils disent, 1938)…

L

LEBKIRI Moussa

Né en Kabylie. Part très jeune en France. Crée la troupe Nedjma à Paris en 1976. Joue surtout des monologues. A écrit et monté Une étoile dans l’œil de mon frère au Théâtre Roseau en 1990 et Bouzelouf (Tête de mouton) au théâtre du Guichet-Montparnasse en 1991. Prix du meilleur texte à Evry (1987) et du jury à Strasbourg (1988).

LEHBIEB Mohamed

Membre de la troupe de Kateb Yacine, L’Action Culturelle des Travailleurs (ACT), puis du théâtre régional de Sidi Bel Abbès. A écrit et mis en scène El Batal ouala Bettal (Le héros qui devient mendiant, 1984) et Dialogue amer (1987).

M

MADANI Tewfik

Homme politique, ancien ministre, historien et auteur dramatique. A notamment écrit Hannibal (jouée par la troupe de M.Bachetarzi vers la fin des années quarante) et traduit des pièces comme Othello de Shakespeare par exemple. Décédé.

MAKHOUKH Boubekeur

Né en 1955 à Annaba. C’est en 1984 qu’il tente sa première expérience, une adaptation d’une nouvelle de l’écrivain égyptien, Ihsan Abdelqoudous, Le voleur d’autobus (Hafila Tassir). Le TNA met en scène cette pièce en 1985 (mise en scène de Ziani Chérif Ayad) et Ghabou Lefkar ( une adaptation du texte de Mrozek, Les émigrés) en 1986. S’occupe essentiellement du théâtre pour enfants.

MAMMERI Mouloud

Né le 28 décembre 1917 à Taourirt Mimoun (Grande Kabylie). Etudes supérieures à Rabat. Préparation à l’ENS de Paris. Etudes de lettres à l’université d’Alger. Enseigne en Algérie après son retour de France en 1947 ? 0 Médéa puis à Ben Aknoun. Après 1957, réside au Maroc. Rentre au pays au lendemain de l’indépendance. Directeur du Centre de Recherches Anthropologiques, Préhistoriques et Ethnographiques (CRAPE). Enseignant à l’université d’Alger. Décédé en 1989. Romancier, poète, traducteur de contes et de poèmes kabyles et auteur dramatique.

Théâtre : Le foehn ou la preuve par neuf (Publisud, Paris, 1982, jouée au TNA en 1967, mise en scène de J.M.Boeglin) ; Le banquet précédé de La mort absurde des Aztèques (Librairie académique Perrin, Paris, 1973) et La cité du soleil (sortie en trois tableaux, Laphomic, Alger, 1987).

MARIR Djamel

Formation de comédien à l’école nationale d’art dramatique et chorégraphique. Directeur du Théâtre Régional de Annaba (TRA) de 1979 à 1993. A mis en scène deux pièces : Ala Kerchou (A cause de sa gourmandise ; 1980) et Eznika (La ruelle, 1984).

MEDJOUBI Azzedine

Né en 1945 à Azzaba (à une trentaine de kilomètres de Skikda). Connu surtout comme comédien. Joue dans la plupart des pièces du TNA. Etudes au Conservatoire d’Alger. Travaille à la radio de 1963 à 1965. Intègre le TNA en 1965. Fait une expérience à Théâtre et Culture. Assistant-metteur en scène dans Galou Larab (Les arabes ont dit, 1983) ; Fersoussa wal malik (1978) Et Aqd el Jawher (Le contrat de perles, 1984). Met en scène Ghabou Lefkar (une adaptation du texte de Mrozek, Les émigrés,1986) et Alem el Baouche (Le monde des insectes, 1993).

MOHCENE Amar

Ancien amateur. Intègre le TRC dès la décentralisation. Monte Hada Ijib Hada (A chacun son tour, 1976) ; Rih Essamsar (Le vent des mandataires, 1980) ; Ghessalet Ennouader (1984) ; Hourouf el Alla (Les lettres du mal, avec Ahcène Boubrioua, 1987) ; Ars Eddib (L’arc en ciel, 1990).

O

Omar Hadj

Né en 1930 à Alger. Participe en 1944 à une tournée avec Mohamed Touri où il anime la partie musicale du spectacle. Chante El Casbah, Cireurs (1951), La ronde métiers…En 1948, rejoint la troupe El Farah (La joie) de Mustapha Kateb qui change de dénomination par la suite et devient El Mesrah el Djezairi (Le théâtre algérien).S’inscrit en 1952 au cours d’art dramatique Fernand Ledoux à la Sorbonne. Elève de Jean Vilar et du TNP. Participe en 1955 avec El Mesrah El Djezairi au festival mondial de la jeunesse de Varsovie. Arrêté en 1956. A sa sortie de prison, rencontre J.M.Serreau qui monte Le cadavre encerclé de Kateb Yacine. Intègre au lendemain de l’indépendance le TNA. Chanteur, comédien et metteur en scène. Meurt en 1982.

Œuvres : Le comédien malgré lui (1963) ; Les chiens (1965) ; Le cercle de craie caucasien (1969) ; Hiya Qalet wana Qolt (Elle, elle a parlé et moi, j’ai dit, 1975) ; Afrit ou Hafouh (Ils ont eu le diable, 1977) ; Stop(1979).

OULD CHEIKH Mohamed

Né le 23 février 1905 à Béchar. Etudes primaires à Béchar, secondaires à Oran. Romancier, poète et auteur dramatique. Participe en 1930 à une anthologie poétique « Poètes d’Oranie » à l’occasion de la célébration du centenaire. Publie en 1936 un roman, Myriem dans les palmes. Meurt le 30 janvier 1938 de tuberculose pulmonaire.

Œuvres dramatiques : Khaled ou le Samson algérien (traduite et jouée par Bachetarzi, interdite par les autorités coloniales, 1937) ; Le sorcier rouge (jouée en 1951).

OUYAHIA Mohand

Né en Kabylie. Pratique du théâtre d’amateurs. Ecrit des pièces en kabyle. Traduit des pièces de Brecht (L’exception et la règle, La décision…) et de Kateb Yacine. Sinni (une adaptation du texte de Mrozek, Les émigrés) est sa dernière production. Montée en 1991 par le théâtre régional de Béjaia (TRB).

R

RAIS Abdelhalim

Comédien, auteur dramatique et acteur de cinéma. Commence sa carrière dans le théâtre vers le milieu des années quarante. Joue dans plusieurs pièces : Nègre blanc , pièce en trois actes de Ouadah ; L’héritage de Benhamou de Bachetarzi (1949) ; El Flous (L’argent) de Touri (1950)…Rejoint la troupe du FLN. Ecrit Dem el Ahrar (Le sang des libres) ; Les enfants de la Casbah, El Khalidoun (Les éternels) et Le serment entre 1958 et 1962. Toutes ces pièces ont été produites par le TNA après l’indépendance. Décédé en plein tournage d’un film.

RAMDANE Mohamed Salah

A surtout écrit des pièces religieuses en arabe « littéraire ». Nous pouvons citer Ennachi’a el Mouhajira (Genèse de l’exil, jouée en 1947 à Tlemcen) et El Khansa (1949).

REDDAF Aissa

Né en 1948 à Ain Fekroun. Entre dans la troupe d’amateurs, El Mazhar El Qacentini en 1964. Quitte El Mazhar pour le CRAC 5Centre Régional d’Animation Culturelle) en 1967. C’est au CRAC qu’il construit ses premiers décors. Met en place les décors des pièces présentées par cette troupe de Constantine. Rejoint le Théâtre Régional de Constantine (TRC) en 1974. A réalisé les dispositifs scéniques de plusieurs pièces : Hasna ou Hassan ; Ala Kerchou (A cause de sa gourmandise) ; Hada Ijib Hada ; Lifout Maymout; Badr el Boudour ; Rih Essamsar (Le vent des mandataires) ; La dernière chanson (une adaptation de Tchekhov, 1993)…Construit la grande partie des décors des pièces produites par le théâtre régional de Constantine. Style réaliste et suggestif.

ROUICHED

Né en 1921 à la Casbah (Alger). Exerce plusieurs métiers avant de jouer pour la première fois dans une pièce de Mahboub Stambouli. Rejoint successivement les troupes de Amar Louaci (1946), de Mustapha Kateb (1947) et de Mahieddine Bachetarzi (1949). Rompt avec M.Bachetarzi et intègre la troupe d’Errazi, très proche du MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques). Présente avec Sid Ali Houat (Fernandel) et Touri des sketches à la radio. Arrêté et condamné à trois ans de prison. Libéré en 1960, reprend son activité théâtrale.

Intègre le TNA après l’indépendance. Ecrit quatre pièces : El Ghoula (L’ogresse, 1964) ; Hassan Terro (1963) ; El Bouaboune (Les concierges, 1970) ; Ah Ya Hassan (1978).

Joue pour la télévision et le cinéma. C’est le comédien le plus populaire d’Algérie. Considéré comme le continuateur de Rachid Ksentini.

S

SAFIRI Abdelkader

Né en 1924 à Sour El Ghozlane. Cet ancien cordonnier découvre le théâtre à l’âge de 24 ans. Intègre la troupe d’Errazi, très proche du MTLD. Joue son véritable premier rôle en 1950 dans Montserrat d’Emmanuel Roblès. Militant actif du MTLD, il est arrêté juste après le déclenchement de la lutte armée en 1954. Libéré en 1959. Ecrit Deux pièces cuisine qui va être mise en scène en 1965 par le TNA. Possède également une autre pièce montée en 1963, Le comédien malgré lui. Meurt en 1969.

STAMBOULI Mahboub

Animateur de plusieurs troupes théâtrales. Comédien et auteur dramatique. Sa pièce la plus connue s’intitule Hamaj (Brouhaha, 1941). Après l’indépendance, collabore avec le TNA. Adapte Montserrat de Roblès (1965) et Le cercle de craie caucasien (1969) pour le TNA.

T

TOURI Mohamed

Découvre très jeune le théâtre après avoir exercé de nombreux métiers manuels. Comédien comique extrêmement doué, selon les témoignages de ses anciens compagnons. Acteur de cinéma. Joue dans plusieurs films (Marouf notamment). Ecrit de nombreuses pièces : Lech Rayek Talef (Pourquoi es-tu aussi distrait ?, 1941) ; Docteur Allel (une adaptation du Médecin malgré lui, 1941) ; El Barah Wal youm (Hier et aujourd’hui, 1947) ; Bouh ala Hassan (1949) ; Les trois voleurs (1950) ; El Flous (L’argent, 1951) ; El Kilo (L’idiot).

Le TNA a mis en scène après l’indépendance quatre de ses pièces : Sellak el Wahline (d’après Les fourberies de Scapin, 1965) ; Si Kaddour el Mech’hah (d’après L’Avare, 1966) ; Bouhadba (Le bossu, 1973) ; Z’it M’it ou Neggaz El Hit (Les trois voleurs, 1977). Meurt vers la fin des années cinquante.

W

Wahid Omari

Musicien connu à Alger. Réalise les fonds musicaux de très nombreux films et pièces. Prix de la meilleure composition musicale lorsdu premier festival du théâtre professionnel (Alger) en 1985.

Z

ZEROUKI Boukhari

Ancien élève des Beaux Arts d’Alger et de l’école d’Art Dramatique de Sidi Fredj. Signe une trentaine de décors depuis 1968. SA première expérience commence avec Homk Selim (adaptation du Journal d’un fou de Gogol, par Alloula) en 1968. On peut citer quelques pièces dont les décors ont été réalisés par Zerouki : Hafila Tassir (Le voleur d’autobus) ; Elli Kla Ikhalass (Celui qui mange doit payer) ; Djeha oua Ness (Djeha et les hommes) ; Legoual (Les dires) ; Ledjouad (Les généreux) ; El Khobza (Le pain) ; Litham (d’après Le nez de Gogol)…

ZIANI CHERIF Ayad

Né en 1946 à Tlemcen. Formation à l’école nationale d’art dramatique et chorégraphique de Bordj el Kiffan. Intègre en 1971 le TNA. Interprète des rôles secondaires dans certaines pièces produites par le TNA. Sa première expérience de metteur en scène date de 1974 (El Maqbara d’Abdellah Bouzida, Le cimetière, avec la collaboration de S.Bensalma et de A.Ouriachi). Crée une troupe privée, après avoir quitté le TNA en 1989 : El Qalaa (La citadelle).

Mises en scène : El Maqbara (Le cimetière, avec S.Bensalma et A.Ouriachi, TNA, 1974). Bounouar and co (TNA, 1979); Galou Laarab Galou (Les arabes ont dit, d’après Le clown de M.Maghout, 1983, prix de la meilleure mise en scène au festival de Carthage) ; Aqd el Jawher (Le contrat des perles, TNA, 1984) ; Hafila Tassir (d’après Le voleur d’autobus, TNA, 1985) ; Les martyrs reviennent cette semaine (d’après Tahar Ouettar, TNA, 1988) ; El Ayta (Le cri, El Qalaa, 1989) ; Fatma (El Qalaa, 1990) ; Hafila Tassir (El Qalaa, 1990) ; Baya (El Qalaa, 1992) ; L’amour et après (El Qalaa, 1993) ;

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