23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 14:21

 

Ain el karma عين الكرمة Hragni el houmane حرقني الحمَان
Ain Souda العين السودة Khouya wahdi خويا وحدي
Aini Kouni Sbira عيي كوني صبيرة Rani dhrir راني ضرير
Ata ggin laras Srat aarka صرات عركة
    Slaoui سلاوي
bqaou beslama بقاو بالسلامة Sraoui صراوي
Djamila ma tebkich جميلة Wach itafi nari واش يطفَي ناري
El Mehfel المحفل Yahiaoui يحياوي
Enti rguiga نتي رقيقة Wachi Wachi
Ghim el achoua غيم العشوة Zarzoura زرزورة
Hna Chaouia حنا الشاوية    

 

inconnue 4 inconnue 6
inconnue 5 inconnue 7

 

le bras droit de Aissa el Djermouni Mohamed benzine tir

 

Biographie de Aissa el Djermouni (L'jarmouni) el Harkati

L'immortel Aissa El Djermouni El Harkati Chantre de la chanson chaouie, ce ténor des Aurès qui a fait vibrer l'Olympia à, Paris; en 1936, foulant du coup, le premier des Arabes et des Africains, les planches de cette scène tant convoitée jusqu'à nos jours par d'illustres artistes, n'est autre que feu Merzoug Aissa Ben Rabah Ben Mohamed et de Sakhria Bent Merzouk. De son vrai nom”Aissa Ben Rabah Merzougui  El Harkati” Il naquit en 1885 à Sidi Reghis (Mechta Ali Ouidir Oum El Baouaghi, distante de 26 km de la capitale des Harakta Ain-Beida). Il mourut le 16 décembre 1946 à Ain-Beida, où il est enterré, à l'âge de 61 ans à la suite d'une maladie. Dix jours avant sa mort, Aissa avait animé un mariage qui fut sa dernière apparition en public. D'ailleurs le but de ce reportage n'est autre l'élimination de tout amalgame et pour faire la lumière une fois pour toute sur l'authenticité de son parcours et de son histoire afin que cessent toutes les spéculations et autres intrusions infondées , falsifications délibérées ou récupération frauduleuses. Aissa, ce grand artiste connu et reconnu des anciens comme des moins anciens, ici comme ailleurs, n'a jamais été honoré par la moindre inscription de son nom sur le fronton d'une salle de spectacle ici chez lui à Ain-Beida ou même à Oum El Bouaghi où l'on célèbre son "festival" annuellement dans un but beaucoup plus commercial que culturel, commémoration oblige. Son nom est utilisé par des associations qui n'ont rien à voir avec la culture ou du moins la culture traditionnelle dans son vraie sens "subvention oblige". Selon plusieurs versions Aissa Djermouni serait né et décédé ailleurs, par on ne sait quelle maladie etc. La vérité veut que ce récit qui vient tout droit de son neveu Merzoug Allaoua soit étalé au grand jour pour tout le monde et à priori aux historiens qui s'intéresse à ce grand artiste. A peine agé de 6 ans, il quitte avec ses parents, sa mechta, pour aller s'installer à Bir Smail dans la commune de M'toussa toujours dans sa tribu des Ouled Amara. Son frère ainé Rabah né juste après le décès de leur père, dont il a repris le prénom fredonnait déjas la chanson Chaouie en gardant leur troupeau, ce qui inspira le jeune Aissa et l'engagea à en faire autant pour surpasser son frère surtout avec sa voie juvénile mais très juste. Ils passaient ainsi leurs temps jusqu'à la tombée de la nuit. Les ans s'écoulèrent. Notre ténor atteignit ses 16 ans et était déjas connu de tous les campagnards de la région dont l'un de ses cousins qui devint son flûtiste de toujours et qui n'est autre que Hadj Mohamed Ben Zine Tir, un virtuose. Tous deux n'ont jamais fréquenté l'école, à part quelques sourates apprises à l'école coranique de la mechta.

En 1901 ou 1902 ils habitèrent avec leur familles à Ain-Beida à la cité Murienne l'actuelle cité Chékaoui, rue A.Ben Badis à proximité des docks silos, c'est ainsi que ce duo commença à se produire dans des mariages, puis sur les terasses de cafés au grand enchantement du public. Les invitations vers d'autres horizons commencèrent à pleuvoir et leur périple débuta par des soirées à Annaba, Sétif, Guelma, Biskra… La première chanson "ya Hadda Khouiti ma t'gouliche ikhaf" qu'il enregistra d'ailleurs en Tunisie en 78 tours aux édition Ben Baroud en 1930, fait l'apologie d'un certain Ben Zelmat rebelle notoire retranché dans les montagnes de l'Aurès pour faire le justicier" rejetant toutes les lois du colonisateur surtout l'impôt et le service militaire ". Une autre chanson dans le même contexte est celle de " El Fouchi Nou Mesmar " puis une autre " Akred Anouguir " "Bougeons" ou encore " wach talaou fel aguba ". Il dénonce intelligemment, déjà, l'esclavage de son peuple, sous le joug colonial. En 1936 un certain Haroun juif de confession se constitua "Impresario" pour proposer à Aissa d'aller se produire en France. Sitôt dit, sitôt fait, nos deux artistes se retrouvent quelques temps plus tard à Paris pour passer à l'Olympia au cours de la même année. Ils obtinrent un grand succès auprès d'un public nombreux composé en majorité d'Algériens émigrés, de magrébins et même de quelques européens. Après quoi, le duo, avec toujours le parrainage de Haroun, entreprit l'enregistrement de plusieurs chansons aux éditions Warda-Phone, en disques de 78 et 45 tours. Selon toujours son neveu direct Hadj Allaoua qui nous a été d'un merveilleux secours, Ammi Aissa est de retour en Algérie. Plus connu, il organisait de temps à autre un gala populaire au café Ben Gourri à la place d'armes d'Annaba où on l'appréciait déjà beaucoup. Pour rassembler du public les organisateurs d'alors chargeaient les hérauts crieurs publics d'annoncer les galas à travers les différents quartiers de la ville. Pour rafraichir la mémoire à la petite fille de Ammi Aissa, Yasmine Merzoug, nous donnerons quelques précisions sur la situation familiale du maitre de la chanson Chaouie.

 

En effet, Ammi Aissa d'abord s'est marié à sa cousine Fatima (1900-1926) à Ain-Beida. Elle lui donna deux filles avant de mourir très jeune (26 ans). Ces deux filles sont Rebaia née en 1914 à Ain-Beida toujours vivante avec ses arrières petits enfants au domicile de feu son père et Aicha Baya née en 1916 décédée récemment à Ain-Beida. Il épousa par la suite Louisa Ferrari fille d'un européen converti à l'Islam et baptisé Chérif, mécanicien de profession. Louisa était la cadette de ses deux frères Lalouani Messaoud. De cette deuxième union naquirent trois autres filles dont l'ainée s'appelait Fatima du même prénom que la première épouse défunte que Ammi Aissa n'arrivait pas à oublier, puis Bellara et enfin Dalila (toutes décédées) et enterrées à coté de leurs parents, laissant elles aussi enfants et petits enfants dont la majorité sont mariés. Les djeramnia sont une fraction de la tribu des Ouled Amara qui constituent une grande partie de la grande tribu des Harakta. Hawzi Haroun avait certes, un coté sympathique mais ses intérêts personnels passaient avant toute chose. Ammi Aissa le savait très bien. Il savait que la gloire et la transmission du message étaient plus précieuses que l'argent, c'est pourquoi il disait souvent :" je m'en fou ". Pour terminer notre parcours il serait quand même bon de parler également de son entourage de l'époque et de la bravoure de ses compagnons tels que : Ferrah Hannafi, Lakhdar Adoum, Abdalaoui Med Boukelkoul, Baaziz Abdallah, Remache Laid, Tahar Messaoud Khebouche, Titi El Hamel, Berrah Hamid, Kabouche Ahmed Ben Moussa, Khammar Allaoua et Chaffai Hamri Ahmed, Mekhnèche Tayeb " l'affaire ", Gacemi Segueni, cavalier émérites de fantasia dont certains arrivent à utiliser douze fusils à la fois sans descendre de la selle. On raconte que Ammi Aissa tout analphabète qu'il était trouvait seul les paroles qui composaient ses chansons; les airs musicaux aussi qu'il fredonnait et que Ammi Med Ben Zine reprenait aussitôt à l'aide de sa " gasba " (flute genre nai). Leur génie était dû à une bénédiction de Cheikh Zouaoui homme sain tque tout le monde respectait pour sa dévotion à Dieu et ses bienfaits à l'égard des démunis et des malades, disait-on. Nous ne pouvons quand même pas oublier que ses héritiers ont été honorés pour l'œuvre de leur père par les plus hautes instances du pays mais localement pas une plaque commémorative. Au nom de Aissa El Djermouni.

Le jour de la mort de Ammi Aissa El Djermouni, tous les commerçants de la ville ont baissé leurs rideaux et Hadj Mohamed Ben Zine a brisé sa flute et a juré de ne plus jouer. Un an plus tard, il partit à la Mecque pour ratifier sa promesse avant de rejoindre son ami quelques années plus tard.

 

Journal : le Midi libre, écrit par : Mohamed Tahar

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