7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 00:49

Ne le 17 Juin 1927 a Alger, 1 ere Impasse du Palmier, Bir-Djebbah a la Casbah, au sein d`une famille pauvre et nombreuse. Mohamed Boudjemaa est originaire du village Ait Arhouna, commune de Tigzirt-sur-Mer. Son pere etait coursier et magasinier chez le parfumeur Lorenzy.Le jeune Mohamed, inscrit a l`ecole Brahim Fatah, obtient son certificat d`etudes primaires en 1939 a l`age de onze ans et commence a travailler chez son oncle Hassaine Boudjemaa, proprietaire d`une cremerie, avant de rejoindre Sid Ahmed Serri, un autre melomane au greffe de la cour d`Alger. De 1939 a 1945, Mohamed Boudjemaa qui reve deja de devenir El Ankis - El Anka etait d`ailleurs originaire d`un village voisin de celui du jeune chanteur - s`essaie a la mandoline puis a la guitare, tout en ecoutant et en enregistrant les grands maНtres. Mais il a fallu attendre 1957 pour qu`il s`initie a l`arabe aidИ par un oncle paternel. Grace aux lecons de Chouiter et de Mohamed Kebaili, dont la troupe travaillait sous l`egide du PPA a la fin des annees 30, il fera la connaissance d`artistes tels que cheikh Said El Meddah, aussi prestigieux a l`epoque que Mustapha Nador. En 1942, l`apprenti qu`il etait executera, pour la premiere fois en public, a l`occasion d`un mariage, Ala Rssoul El Hadi Salli Ya Achiq. Dans une troupe creee en 1945, Boudjemaa evolue entre El Anka et Mrizek, les deux monstres sacres de l`epoque. Il debute avec un repertoire de mdih comprenant essentiellement les qacidate Chouf li Ouyoubek ya Rassi, Ya Ighafel, Ya Khalek lachia, Zaoubna fi H`mak et El Baz, des poetes Ben Mssayeb, Ben Sahla, Bentriki, Benkhlouf, Kaddour El Allaoui et Driss El Amir. Toutefois, une part importante du repertoire d`El Ankis lui fut transmise au debut de la Seconde Guerre mondiale par Cheikh Said El Meddah, son voisin a notre Dame d`Afrique. Grise par le succes, il se met a faire un travail personnel d`arrangement musical et, au milieu des annИes 50, il se lance dans la chansonnette. Tal al Djaffa, El Kawi, Goulou lichahlat ayyani sont les principaux titres de cette experience qui tourna court du fait que la maison Philips dont le directeur artistique etait Boualem Titiche, lui refuse ses ouvres. Decourage, il decide de ne plus chanter, casse son mandole et s`engage comme gardien d`un HLM a la cite Climat de France. C`est aussi la guerre de liberation qui commence. Il ne fut pas epargne parce qu`il sera arrete et torture, a deux reprises par les services specialises de l`armee coloniale, en 1957 et en 1960. Sa sortie de prison coincide avec une reprise avec Part mais plus celui de la chansonnette. Djana El Intissar dont il est l`auteur des paroles et de la musique evoquant les manifestations du 11 decembre 1961 est un hymne a l`independance. La jeunesse algerienne explose apres tant d`annees de servitude et recherche le rythme. Pour la cibler, BoudjemaБ El Ankis fait appel a Mahboub Bati et des 1963, la "guerre" eclate: au lieu et place du chaabi dur et pur, lourd et difficile a comprendre, le duo ressuscite la chansonnette. Le marche et les ondes sont bombardes d`une soixantaine de tubes a succes dans la veine des Tchaourou `Alia, Rah El Ghali Rah, Ah ya Intiyya. Le secret de la reussite; des mots simples, du rythme et des themes qui traitent des preoccupations des jeunes. Le creneau sera exploite par des chanteurs plus jeunes tels que Amar Ezzahi, Guerouabi, Hassen Said et El Achab, mais le genre - la chansonnette- connaitra son summum en 1970 et amorca son declin a partir des annees 80. Grece a l`instruction, aux progres de l`arabisation, le chaabi classique reprend le dessus et El Ankis abandonne la chansonnette et renoue avec la qaca`id . Son repertoire compte plus de trois cents chansons allant du medh et du Tajwid au djed en passant par la chansonnette.

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Published by Bob_Algiers - dans Salon de Musique
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