1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 10:59

  

FILM REPORTAGE     ICI

  • Une plaque est apposée sur le pont Saint-Michel en souvenir des disparus. A l'issue du Conseil de Paris du 23 septembre 2001, le texte voté par les élus est le suivant : "A la mémoire de tous les Algériens tués lors de la sanglante répression de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961."
Documents

Communiqué du préfet de police de Paris du 5 octobre 1961
" Dans le but de mettre un terme sans délai aux agissements criminels des terroristes, des mesures nouvelles viennent d'être décidées par la préfecture de police. En vue d'en faciliter l'exécution, il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin. Ceux qui, par leur travail, seraient dans la nécessite de circuler pendant ces heures, pourront demander au secteur d'assistance technique de leur quartier ou de leur circonscription une attestation qui leur sera accordée après justification de leur requête. D'autre part, il a été constaté que les attentats sont la plupart du temps le fait de groupes de trois ou quatre hommes. En conséquence, il est très vivement recommandé aux Français musulmans de circuler isolément, les petits groupes risquant de paraître suspects aux rondes et patrouilles de police. Enfin, le préfet de police a décidé que les débits de boissons tenus et fréquentés par les Français musulmans d'Algérie doivent fermer chaque jour à 19 heures. "

Le quotidien Libération, 18 octobre 1961
"A l'Etoile : des policiers, l'arme ou la matraque au point, poussent sans arrêt de nouveaux Algériens vers les parcs. Il en vient de partout. Dans toutes les rues et les avenues autour de l'Etoile, les Algériens isolés ou en petits groupes marchent sur les trottoirs. Les policiers n'arrivent pas à les canaliser, encore moins à les arrêter, tant ils sont nombreux. Les coups pleuvent. Avenue de la Grande Armée, on entend des détonations. "

Le quotidien Le Figaro, 23 octobre 1961
" Tous les nombreux témoins des manifestations de ces derniers jours ont pu constater que, sauf de très rares exceptions, les manifestants se laissaient appréhender sans la moindre résistance. La police ne fait d'ailleurs état d'aucune arme saisie. Or, il résulte de diverses indications précises et concordantes, portées à notre connaissance que le nombre de blessés musulmans serait très élevé. Il convient d'en déduire que nombre de victimes auraient été frappées après leur arrestation, au cours de scènes de "violence à froid que nous avons déjà dénoncé samedi". Denis Perier-Davile


Le 17 octobre 2001, inauguration de la plaque sur le pont Saint-Michel
David Henry, © 2002, tous droits réservés

 

Fatima Bedar, 15 ans

La collégienne martyre du 17 octobre 1961

 

On a beau noyer l’histoire de l’immigration algérienne dans les profondeurs de la Seine, elle finira bien un jour par remonter à la surface tel le corps de Fatima Bedar, jeune collégienne retrouvée quinze jours après son décès dans le canal de Saint-Denis.

 

C’était le 17 octobre 1961. Les Français musulmans algériens (FMA) avaient occupé Paris le temps de dire au préfet de police, Maurice Papon, qu’ils étaient des Algériens ; que comme leurs frères, pères, sœurs et mères de la colonie en guerre, ils étaient avec le Front de libération nationale et pour la libération de leur pays du joug du colonialisme français. Pour eux aussi, l’indépendance de l’Algérie n’avait pas de prix. Les ouvriers algériens étaient sortis manifester pacifiquement contre le couvre-feu raciste imposé par Papon aux seuls Algériens à l’exclusion de toutes les autres populations vivant à Paris et sa banlieue. Plus qu’une commémoration, ce 45e anniversaire de la chasse au faciès, ordonnée par les plus hautes autorités de Paris, est celui d’un retour, celui du transfert de la France vers l’Algérie, des restes post-mortem de la jeune chahida Fatima Bedar. Née le 5 août 1946 à Béjaïa, elle n’a que cinq ans quand elle rejoint, avec sa mère et sa sœur, son père à Sarcelles. Fatima était l’aînée de quatre sœurs et deux frères auxquels s’ajouteront ultérieurement deux autres sœurs. Fatima ne les verra pas, car entre elle et eux des mains criminelles se sont interposées pour mettre fin à sa vie. Comme tous les Algériens qui vivaient dans la banlieue parisienne, son père Hocine, employé à Gaz de France, domicilié à Stains en Seine-St-Denis, avait tenu à répondre présent à l’appel de la Fédération de France du FLN. Mon propos n’est pas de faire ou refaire l’historique du 17 octobre 1961. D’autres en ont fait leur objet de recherche. Nous voulons tout simplement contribuer au devoir de mémoire en faisant revivre le temps d’un souvenir, qui se voudrait ineffaçable, la figure angélique de Fatima. La sortir de l’oubli, la restituer à son pays, à l’histoire de l’Algérie pour laquelle elle a fait don de sa vie. Tel est l’objet de ce modeste papier. Cette chahida, de 15 ans passés de 2 mois et 12 jours, ne constitue qu’une pièce d’un puzzle éclaté en mille morceaux dont la reconstitution exige des moyens appropriés et des sacrifices humains à la mesure des objectifs que s’assigne tout chercheur. C’est dans cet esprit que nous avons organisé, entre autres, deux tables rondes. L’une le 17 juin 2002 en hommage à la moudjahida Baya Hocine décédée le 1er mai 2000, l’autre le 16 octobre de la même année en hommage précisément à Fatima Bedar. Mais qui est Fatima Bedar ? Réponse courte à une question courte : une élève du collège commercial et industriel féminin sis rue des Boucheries, à Saint-Denis. Comment devient-on chahida quand on n’a que 15 ans et qu’on réside en France ? Y a-t-il d’abord un âge à cela ? Il faut inverser la question et se demander comment cette adolescente au regard doux, à la coiffure soignée, au sourire angélique, au visage serein, malgré des sourcils prononcés et une tenue vestimentaire simple mais de bon goût, a pu se retrouver le soir du 17 octobre 1961 au fond des eaux mortelles de la Seine ? Elle n’avait pourtant pas l’air d’une enfant revêche, elle n’était pas rebelle à l’autorité paternelle. Elle ne portait pas non plus en elle les signes d’une enfant travaillée par le militantisme et l’engagement jusqu’au sacrifice suprême. Pour répondre à ces questions et à d’autres qui se poseront par la suite, tout un travail d’enquête s’impose. On ne vient pas au militantisme comme on va faire ses emplettes un couffin à la main. Les dures conditions de vie et de travail imposées de fait à l’émigration maghrébine en France, particulièrement ceux vivant dans la banlieue parisienne, renvoyaient les ouvriers algériens de Renault-Billancourt, de Peugeot, du bâtiment, des mines… à un passé qu’ils avaient laissé loin derrière eux en Algérie. Saint-Denis n’était pas le ghetto de Nanterre, mais la misère humaine de ces ouvriers des colonies qui était partout la même. C’est dans ces foyers, parmi les ouvriers maghrébins qu’est née l’Etoile nord-africaine. Le nom, les idées du père du nationalisme algérien, Hadj Messali, faisaient partie des rudiments de la culture militante de chaque ouvrier. La photo du zaïm constituait un élément du mobilier familial, aussi modeste était-il. L’histoire mouvementée de l’ENA, du PPA et du PPA-MTLD, les incarcérations répétées du zaïm, les interdits en tous genres qui le frappaient et son exil faisaient partie de la culture historique diffuse des ouvriers perquisitionnés de nuit dans les meublés, dans les foyers nord-africains, dans les bidonvilles et autres espaces de regroupement de l’immigration algérienne. Vint le 1er novembre 1954, les premières cellules FLN en France, les attaques contre les harkis, l’incendie dans la nuit du 24 au 25 août 1958 par les commandos de la Fédération de France du FLN des raffineries de Mourepiane près de Marseille. La guerre d’Algérie avait franchi les portes de Paris et de la métropole. Le sigle FLN éclipse, non sans peine, le MNA qui livre une autre guerre à son rival. Les autorités françaises multiplient les contrôles d’identité, les rafles, les séquestrations, la torture des Algériens. Les disparitions par noyade, les pendaisons sauvages au Bois de Boulogne qui avaient commencé bien avant le 17 octobre, suscitaient l’inquiétude de certains journaux comme Le Monde ou Témoignage chrétien. Fatima a baigné dans ce climat d’angoisse, de terreur et de lendemains incertains, celui de ne pas voir revenir son père la nuit tombée. Fatima avait 8 ans en novembre 1954, 15 en 1961, un âge où la curiosité est la mère des écoles. Mais Fatima était connue pour son sens des responsabilités. Elle secondait sa mère dans les travaux ménagers en même temps qu’elle assurait le suivi scolaire de sa jeune sœur Louisa qui voyait en elle une seconde maman et accompagnait le petit Djoudi à l’école maternelle. Bref, c’était jusque-là une fille modèle avec en plus des responsabilités d’une jeune fille moderne. L’annonce du 17 octobre brouillera toutes les cartes. Tout change brusquement. En décryptant à partir de l’une de ses dernières photos les traits de cette collégienne tout à fait comme les autres, on découvre une autre Fatima. Elle paraît grave et surtout déterminée. Les Bedar gardent en mémoire deux 17 octobre. Celui d’une discussion animée entre Djida, la mère et sa fille et celui de la disparition de Fatima. Les parents ne voulaient pas que leur fille prenne part à la manifestation prévue le soir-même. Sa mère l’avait chargée de garder ses frères et sœurs. La détermination de Fatima était telle, qu’elle sortira en courant du domicile familial qu’elle quitta à jamais. Dans sa course vers l’inconnu et malgré la tension entre elle et sa mère, Fatima n’avait pas oublié de prendre avec elle son cartable. C’était mardi et elle avait classe. Le 18 octobre, son père signale sa disparition au commissariat de Saint-Denis Banlieue. Un procès-verbal daté du même jour en fait foi. Hocine et son épouse que suivait le petit Djoudi, la chercheront en vain jour après jour dans les rues de Stains. Les recherches prendront fin le 31 octobre avec la découverte par les pompiers, à la 7e écluse du canal de Saint-Denis de la dépouille d’une jeune fille qu’ils venaient de repêcher. Le corps était dans un état de décomposition avancé. Il était méconnaissable. Les Bedar ne l’identifièrent que grâce aux longues et épaisses nattes châtain foncé de leur fille disparue la nuit du 17 au 18. Quant au cartable, il sera remis le 1er novembre au père par le commissariat de police de Saint-Denis. Une porte venait de se fermer sur les Bedar et une autre allait s’ouvrir, celle du silence et le refus de dire. Djida rendra l’âme le 3 avril 2003 dans la douleur de la perte cruelle de sa fille aînée. Hocine Bedar, aujourd’hui malade, sa sœur Louisa et son frère Djoudi se souviennent des derniers moments qui opposèrent Fatima à sa mère. Ils gardent en mémoire le cartable restitué par la police, les recherches sans succès dans les rues de Stains dans l’espoir de trouver Fatima. Ils se souviennent du corps tuméfié découvert quatorze jours après sa sortie du domicile. Ils se souviennent de l’inhumation le 4 novembre 1961 de la chahida Fatima Bedar au cimetière communal de Stains. Ils se souviennent de tant et tant de choses. « Mais qui a tué Fatima Bedar ? », s’est interrogé Jean-Luc Einaudi. On ne le saura jamais. Mais ce que l’on sait, c’est qu’au commissariat de Saint-Denis et au poste de police de Stains, dépendant de Saint-Denis, des policiers avaient, depuis des semaines, pris l’habitude de jeter des gens dans le canal et dans la Seine. Sans commentaire. L’auteur est :Maître de conférence - Département d’histoire Bouzaréah, Alger

Références : 1- Jean-Luc Einaudi : La bataille de Paris. Seuil, Paris, 1991. 2- Idem. : Octobre 1961, un massacre à Paris. Fayard, Paris, 2001 ,385p. 3- Malika El Korso (sous la direction de) : Femmes au combat : hommage à Baya Hocine.Table ronde organisée par le laboratoire Encyclopédie des Figures historiques de la révolution algérienne (1954-1962) ; Centre national d’étude et de recherche sur le Mouvement national et la révolution du 1er Novembre 1954 ; 17 juin 2002. 4- Idem : Militants et militantes de la Fédération de France du FLN et le 17 octobre 1961 : hommage à Fatima Bedar ; idem ; 16 octobre 2002. 5- Fédération de France du FLN, section femmes : Les manifestations des femmes algériennes en France brochure octobre-novembre 1961, 63p. 6- Linda Amiri : La Bataille de France. La guerre d’Algérie en métropole. Laffont ; Paris 2004. 235p. Voir également : 1- Ali Haroun : La 7e Wilaya, la guerre du FLN en France 1954-1962, Seuil, Paris , 1986 ; Ed ; Rahma, Alger, 1992, 522p. 2- Olivier Le Cour Grandmaison (sous la direction) : Le 17 octobre 1961, un crime d’Etat à Paris. Ed. La Dispute, Paris, 2001, 282p.

Malika El Korso ,El watan,16/10/2006

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Published by Bob_Algiers - dans Salon Algérie
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commentaires

Pauline Sulak 11/10/2008 15:47

Dans le cadre des événements du souvenir du 17 octobre 61 à Paris…
« Le Frabyle » propose son regard le 17 octobre 2008 à 21h30 à Paris
Après la manifestation prévue de 18h/20h sur le pont St Michel
Au « Paname » 14 rue de la Fontaine au Roi 75011 Paris
Réservation sms, nom et nombre de pers 06 33 26 31 32 ou mail restopaname@gmail.com


« Quand le meilleur naît du pire il est souvent meilleur pour le plus grand nombre »
Tayeb Belmihoub, auteur, comédien, a également participé au tournage
Du film d’Alain Tasma « Nuit noire » sur Canal +

« Etre Frabyle, c’est un France/Algérie quotidien ! »

Le Frabyle, c’est le spectacle de tous les mélanges, des mélanges réussis ou ratés, des traditions différentes avec leur lot de richesses, d’ouverture et de tolérance mais également de douleurs, de déséquilibres, de questions et de doutes…

Le Frabyle, c’est le spectacle de celles et ceux qui aiment la terre de leur naissance et celle de leurs ancêtres et qui les partagent sur une même terre…

Le Frabyle, c’est le spectacle de tous les français, de celles ceux qui ont envie de découvrir ou de partager, sans imposer mais sans oublier pour autant leurs convictions ni leurs traditions. C’est le langage de celles ceux qui n’ont pas peur de leurs différences…

Le Frabyle, c’est le spectacle de tous ces immigrés, dont les enfants, français, ne supportent plus d’être appelés des « beurs », rejettent la notion d’intégration, les amalgames cités/ délinquants, musulmans/terroristes et attendent qu’on leur parle « avenir » avec des mots comme possible, égalité, équilibre…



ROMAIN BOUTEILLE « Il faut avoir suivi Tayeb Belmihoub dans sa promenade sereine entre les vagues de la violence publique. J’allais dire sa promenade « digestive » à cause de la cocasserie mais, sous les cendres couve une lucidité plus chirurgicale qu’intestinale. La haine n’est pas quelque chose de familier sur les trottoirs où l’on parle en « frabyle », dans ce ramassis d’argots kabyle, chtimi, parisien on trouve une profondeur serbo-croate et cette clarté imparable des coups de pieds au cul mais aucune hargne. On trouve une espèce d’universalité soignante. Je ne sais pas par quel tour de magie chacun retrouve là ses petits, ses proches, son lait maternel. »

KARIM ZERIBI « Ce soir là, c’est aussi un homme qui m’a permis de partager avec d’autres, un moment délicieux car la paix et la cohésion humaine –et non sociale pour une fois- étaient au menu. Ce soir là enfin, c’est aussi un citoyen qui s’est exprimé avec sincérité, intelligence et authenticité sur des sujets de société ô combien sensibles puisque nous les traînons comme des boulets depuis plus de 20 ans. Le FRABYLE, je l’ai découvert un soir d’été au festival d’Avignon. Dès la fin du spectacle, je me suis promis, en tant qu’acteur de terrain, de transmettre le message comme on le faisait à d’autres époques, afin que le plus grand nombre de femmes et d’hommes, de jeunes et d’anciens, de riches et de pauvres puissent profiter de ce moment de bonheur auquel j’ai eu droit. Celles et ceux qui représentent la majorité –trop- silencieuse et qui aspirent à vivre ensemble dans le respect mutuel seront en parfaite osmose avec cet artiste- citoyen libre qui refuse le fatalisme ambiant et l’enfermement identitaire.»

LA PROVENCE « Tayeb propose des mots justes. Il nous emmène dans son voyage semé d’embûches et de joies. Pour lui « le monde est un livre (….) Il est temps que l’on donne aux individus la possibilité de lire leur livre sans distinction idéologique ou religieuse » Il se dégage un tel espoir des paroles de Tayeb, une lumière, un regard, un sourire qui vous font réfléchir. Il respire une sorte de plénitude, la leçon de vie de cet homme est à voir absolument. »


Si….

Si tu peux déclamer sans être censuré
Si tu peux critiquer sans être menacé
Si tu peux t’opposer sans être emprisonné
Si tu peux dénoncer sans être exécuté
Si tu peux être femme sans être bafouée
Si tu peux sans trembler dire ta berbérité
Si tu peux être jeune sans être désespéré
Si tu peux dire « je t’aime » sans être décrié

Si tu peux t’incliner sans que ta barbe pousse
pour faire cesser enfin le sang qui éclabousse,
Si l’on accueille enfin comme un hôte de marque
celui qui, hier encor, subissait la matraque,
Si ta peau basanée et tes cheveux frisés
ne sont plus un prétexte à mieux te contrôler,

Si implorent pardon ceux qui ont torturé
Si la mémoire revient à ceux qui ont tué
Si le nom de ton père est enfin honoré
pour avoir, de son sang, servi la Liberté,

Si les pouvoirs abdiquent de leurs desseins obscurs
Si les peuples décident enfin de leurs futurs
Si les mères patries rapprochent leurs rivages
pour qu’enfin leurs enfants ne fassent plus naufrage,

Si, Si, Si…

Alors et alors seulement, en « Hommes Libres* » nous fêterons ensemble
« l’Année de l’Algérie en France »
Alors et alors seulement en « Hommes Libres » nous ferons exister ensemble
« l’Année de la France en Algérie » !

TAYEB BELMIHOUB - LE LIVRE

"Le Frabyle -Entre Kabylie & France, le grand pardon ?"
paru aux Editions manuscrit.com

4ème de Couverture

"Certains actes de notre vie se plaisent à précéder notre pensée. Celui qui m'a conduit à offrir en partage ces quelques lignes s'est manifesté sans que j'ai eu le temps ni même l'envie de l'analyser. Je me nomme ou plus exactement, j'ai été nommé Belmihoub Mohamed Tayeb, fils de Belmihoub Mohamed Mouloud, kabyle jusqu'au bout des montagnes et de Allart Marguerite son épouse, plus ch'timi que le tréfonds d'une mine.
Malheureusement, la conjugaison de certains mots, surtout s'ils sont des noms propres, donne à vivre une grammaire quotidienne dont les règles souffrent de « déclinaisons » et « irrégularités » très singulières."

Tayeb Belmihoub, après son livre « Une balle pour la paix » paru en novembre 2005 et malgré de longues pérégrinations à travers la France pour donner des conférences « Football, vecteur de paix », a trouvé le temps et l'envie de nous faire partager ses points de vues sur la France d'aujourd'hui à travers le prisme et le regard de celles et ceux qui sont, comme l'on se plait à dire « issus d'une double culture »… Ces français à peu près comme les autres, à cela près que souvent, l'un de leur parent est « d'origine »…Et c'est là que tout commence et c'est là que parfois tout fini…

Après avoir parcouru la France avec son seul en scène – il est également comédien et auteur d'une pièce de théâtre : « le Frabyle », (français/kabyle), il a pendant 5 ans, à travers les débats qui suivent chacune des représentations, rencontré des milliers de personnes, jeunes, plus âgées, homme, femmes, croyants ou athées, « d'origine » ou « issus de », ou « Frabyle » comme lui. Il les a écoutés, entendus, ils ont échangé et peu à peu s'est dessinée la carte de cette « France Frabyle » avec laquelle il faut maintenant compter et qui doit permettre à chacun de prendre la place qui lui revient dans une société que tous contribuent à faire progresser.

TABLE DES MATIERES
L'auteur – Tayeb Belmihoub
Préface de Romain bouteille
Préambule de Tayeb belmihoub

Chapitre 1
DELIT DE FACIES – DELIT DE NOM
Chapitre 2
LES ORIGINES
Chapitre 3
JUIFS & MUSULMANS
Chapitre 4
LA GUERRE D'ALGERIE
Chapitre 5
LA POLICE, LES POLITIQUES & L'ISLAM
Chapitre 6
LA DOUBLE CULTURE :
Double identité – double nationalité
Chapitre 7
RACISME OU XENOPHOBIE
Chapitre 8
KABYLE, ARABE ?
Chapitre 9
LES « BEURS» & LES « INDIGENES »
Chapitre 10
LES HARKIS – LE FLN – L'OAS
Chapitre 11
ALGERIE/FRANCE : SEXUALITE & ISLAM
Chapitre 12
LES BANLIEUES DU MONDE

Roll Over Beethoven