17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 18:04
C'était la diva du raï rural .

Cheikha Djenia, de son vrai nom Mebarki Fatna.
Mère de 5 enfants, cette figure incontestée de la chanson bédouine oranaise est née en 1954 à Marhoum, une commune de la wilaya de Sidi Bel Abbès. Fatna la Rebelle, qui a fui son domicile conjugal après un mariage forcé à l'âge de 17 ans, a fait ses débuts artistiques dans les années 1970, animant des mariages en accompagnant des flûtistes de renom tels que cheikh Sammouri, cheikh Atou, Mohamed Mir et Mohamed d'El Ksasbi, avant d'opter pour des instruments modernes en 1987. C'est ainsi qu'elle participa à un spectacle animé au Biarritz par le regretté cheb Hasni. Sans réussir pour autant dans le style raï moderne, cheikha Djenia, «el hakania bint Saïda», continua à enflammer les grandes soirées de l'Ouest algérien dans un style digne des grandes divas.

Après la mort de son époux, Zouaoui El Berrah, en 2003, elle a repris son ancien répertoire en consacrant toutes ses sorties en spectacle et a chanté la douleur de la disparition de son regretté Berrah et mari par des complaintes mémorables qui avaient valeur prémonitoire quant à sa mort. Djenia avait du mal à consommer la disparition tragique de son époux, disaient ceux qui l'ont côtoyé ces derniers mois. Blessée, chagrinée et profondément affectée, elle devait ainsi entamer un parcours douloureux, elle qui n'a pas fait totalement son deuil. Parmi les chansons qui ont marqué ses admirateurs, on peut citer Ha nounou, Dertou fina djournan, Kayen rabi et Trab el ghadar. Elle fera des émules dans le genre telles que cheikha Zalamit, Elhab Lahmer et Djenia Sghira qui a repris et son nom et son style pour perpétuer le mode «raï-trab». Une légende de la chanson bédouine algérienne vient de s'éteindre.

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Published by Bob_Algiers_ - dans Salon de Musique
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