9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 17:44
De son vrai nom Besnassi, Mohamed Touri est né le 9 novembre 1914 à Blida, au sein d’une famille conservatrice qui ne s’empêchera pas de lui apprendre la langue du Coran. Il suivra, à Constantine, des études dans les écoles de l’Association des oulémas musulmans. Il se produira sur scène pour la première fois à Blida, à l’âge de 14 ans, qui le conduira à croire encore plus en sa passion vouée à l’art. Il écrira sa première pièce El Djhouala medaâne el ilm (les faux savants) en arabe classique et d’autres encore et rejoindra en 1942 la capitale pour faire partie, sur recommandation de son ami Rachid Ksentini, de la troupe de comédiens à la radio sous la conduite de Bachetarzi, avant d’interpréter des rôles pour le cinéma. Touri voulait faire pleurer ses contemporains, nul mieux que lui ne les fit présumait d’une belle carrière dans l’art dramatique. Formé par Moussa Khadaoui, il entreprit plusieurs tournées en sa compagnie, tournées au cours desquelles il n’interpréta que des rôles dramatiques en arabe littéraire. D’un naturel triste hors de la scène, Touri ne sourit jamais sur les planches. Très peu loquace, il alliait une sobriété de gestes à un flegme tout britannique qui le fit surnommer, en 1955, par un journal algérois le buster keaton algérien. C’est qu’il s’était tourné depuis quelques années vers le comique. Aux côtés de Fatma Rochdi et Mohamed El Kamel, il s’était aperçu de ses qualités de comique. Dès ses débuts, il fit crouler de rire toute une salle sans jamais lui-même esquisser l’ombre d’un sourire. Encouragé par son succès, il organisa les tournées. Touri l’auteur était redouté. La satire de l’auteur tranchait dans le vif les anomalies d’une société embourgeoisée ou les tares d’une époque à la recherche d’elle-même. Après le débarquement, l’artiste reprend son premier métier : maçon. Délaissant la truelle, il entreprend, en 1946, une tournée au Maroc avec Keltoum, où il tourne un fim Maârouf, Savetier du Caire, et plusieurs pièces dont Si El Houari, El Hamel, Le Champion. Emprisonné avant le déclenchement de la guerre de Libération et torturé après que les hommes de théâtre eurent rejoint le mouvement nationaliste. Gravement malade, il meurt le 29 vril 1959 et ses obsèques eurent lieu le 30 avril à Blida.

Partager cet article

Published by Bob_Algiers_ - dans Salon de Musique
commenter cet article
 

commentaires

Roll Over Beethoven