9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 21:54

EXCLUSIF LE FIGARO Réfugié à Londres, l’ancien patron du groupe algérien Khalifa s’explique sur ses relations avec Alger et dénonce le procès de ses anciennes sociétés qui se tient à Blida.

 
LE FIGARO – L’empire que vous avez créé en quelques mois en 1997 s’est effondré comme un château de cartes en quelques jours en 2003. Pourquoi cette chute?
 
Rafic KHALIFA – À la sortie de l’insurrection islamiste, l’Algérie était prête pour la conquête de l’Ouest. Il n’y avait rien, tout était à faire. L’empire est né avec un investissement initial de 10 millions d’euros. Il s’est écroulé à la suite d’un complot politique orchestré par le président Bouteflika. Nos relations n’étaient pas bonnes lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1999, mais elles se sont arrangées. On est devenus amis par la force des choses pour le bien de l’Algérie.
 
Des personnalités sont intervenues pour sceller la paix. La difficulté est venue de l’impossibilité de travailler avec lui, car il change d’avis en permanence. Tous ses premiers ministres le savent. Chirac aussi a pu s’en rendre compte avec son projet de traité d’amitié qui lui a valu en fin de compte des insultes du président algérien.
 
Vous avez travaillé pour la présidence?
 
Les carences de l’Algérie étaient telles que le groupe devait se substituer à l’État. Nous étions obligés d’assumer des responsabilités qui en principe ne nous concernaient pas. On subventionnait un nombre invraisemblable d’institutions. On a même financé le ministère des Finances. Les demandes affluaient de partout. Abdelaziz Bouteflika m’a demandé de l’aide à propos de plusieurs dossiers, comme des contrats d’achat d’armes à l’étranger, d’achat de voitures blindées sur recommandation en Israël ou des questions d’image et de communication aux États-Unis. Le problème est qu’il ne tient pas sa parole. Il peut dire une chose et son contraire, au risque de se griller dans le monde des affaires, en particulier chez les Anglo-Saxons.
 
La chute de Khalifa serait le simple résultat d’une incompatibilité d’humeur?
 
Un conflit de personnes peut déboucher sur une guerre. Bouteflika voulait ma peau et a demandé à Chirac de l’aider. J’ai compris en septembre 2002 que le vent avait tourné avec la distribution à la presse française d’un rapport de la DGSE consacré à mon groupe. La divulgation délibérée de ce «document» a semé le trouble parmi mes partenaires commerciaux. Dans le même temps, mes difficultés ont commencé en Algérie. Ils essayaient de bloquer le groupe avec des méthodes mafieuses et barbouzardes. Puis, j’ai été «flingué» officiellement le 3 mars 2003, le jour de l’arrivée triomphale de Chirac en Algérie.
 
L’affaire a-t-elle une dimension politique?
 
Certainement. J’étais en désaccord avec Bouteflika sur le fonctionnement du pays. Et lui ne supportait pas ma puissance économique. Il pense que l’Algérie lui appartient. L’Algérie n’appartient à personne, mais personne n’a le courage de lui dire. C’est trop dangereux. Bouteflika était convaincu que je voulais sa place. Il s’était mis dans la tête que l’armée me présentait comme un recours et un gage de stabilité… Il reste que la justice algérienne vous juge pour escroquerie.
 
Ce procès est une production hollywoodienne avec Bouteflika dans le rôle du producteur et du réalisateur. Il signe même les cascades. On parle de faillite alors qu’il n’y a pas eu de faillite; on explique que j’ai monté une banque avec une hypothèque truquée de maison familiale; on affirme que la banque prenait les intérêts des boîtes publiques pour les virer sur les comptes des PDG. La banque avait 7.000 employés. Elle représentait American Express, MasterCard, Western Union, et du jour au lendemain on affirme que tout était bidon. C’est une mascarade. Demain, ils vont m’accuser d’avoir volé la Joconde. Le procès n’a d’autre but que de marteler que je suis le plus grand escroc de la planète.
 
Pourquoi ne pas vous défendre en Algérie?
 
Vous rigolez! Ce pays est une dictature, une république bananière où le président concentre les pouvoirs.
 
Le dossier jugé en Algérie a-t-il été nettoyé de noms «sensibles»?
 
C’est une certitude. La chambre d’accusation a, par exemple, escamoté le dossier de l’agence de Koléa de ma banque pour une raison simple : l’actuel ministre de la Justice, Tayeb Belaïz, y détenait un compte avec un crédit bancaire. Il a été effacé car cela aurait fait mauvais genre. Je pense que le ministre de la justice a eu peur que son nom apparaisse.
 
Des listes de personnalités impliquées dans le scandale circulent. En les protégeant par votre silence, ne participez-vous pas à ce que vous appelez une «mascarade»?
 
Je n’ai pas de liste mais je connais les noms de quelques-uns de mes clients. Je n’ai aucun deal avec le pouvoir. Les autorités ne ménagent pas leurs efforts pour m’avoir: ils ont proposé aux Britanniques des champs pétroliers en échange de mon extradition, mais ça ne marche pas, car les dossiers sont fabriqués.
 
Aviez-vous beaucoup d’amis dans les cercles influents d’Alger?
 
Je connaissais tout le monde. J’ai connu le général Larbi Belkheir dans le cadre de mon travail. Il était le chef de cabinet du président. On parlait de l’Algérie et de la m… dans laquelle était l’Algérie.
 

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Published by Bob_Algiers_ - dans Salon Algérie
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commentaires

mimi 14/09/2008 13:26

Oh mais vous êtes tous cons ou quoi??
Cette affaire n'est pas aussi simple que vous ne le pensez(faut utiliser son cerveau)! Vous vsou comportez comme des moutons qui croient tout ce que l'idiot boutef dit!Khalifa na rien volé il n'est qu'une victime dans cette affaire.boutef a prétendu q'il avait fuit avec l'argent seulement parce qu'il a compris que khalifa pouvait faire de grandes choses en algérie, c'est de la jalousie!L'algérie ne s'est jamais aussi bien porté quand Khalifa était là. Khalifa n'aurait pas du donner son avis politique.Comme quoi il est très dangereux de faire de la politique en algérie...quel pays totalitaire bon sang y'a pas de quoi être fière.. Soi disant: "République démocratique" mon oeil. Pour les élections en Algérie vous trouvez qu'il est normal que le vieux Boutef se représente une 3ème fois? J'étais mort de rire quand j'ai appris! quelle supercherie bon sang !

sadek 01/07/2008 00:27

Comme ICAR, trop vite et trop loin pour te bruler tes ailes....Dans l'histoire economique, on n'a jamais connu un tel succes dans les affaires, a part la periode maffieuses d'Al Kapone au USA. Vous etes dans la même lignee mais avec moins d'envergure

acier 15/09/2007 23:15

un vrai con.... comme tout ceux qui nous gouverne

fawzichaoui 31/08/2007 10:20

apres tout c est un voyou un voleur moi il m a pique mon fric

Roll Over Beethoven